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13 Hours

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 30 mars 2016
 
Réalisateur: Michael Bay
 
Acteur: John Krasinski, James Badge Dale, Max Martini, Pablo Schreiber...
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Bay nous emporte dans le feu de l'action en évitant les dérives patriotiques. Puissant.

C'est un peu faible...


Resituer avec plus de pertinence les enjeux et la nature des adversaires aurait été un solide plus...


Posté le 12 avril 2016 par

 
Chronique
 
 

13 affiche

S

’il est un domaine où la réputation de Michael Bay n’est plus à faire, c’est bien l’action. Qu’il s’agisse de jouets géants ou d’envahisseurs infréquentables, le monsieur excelle à créer le chaos. 13 Hours diffère cependant de ses précédentes expériences parce qu’il s’attache à des faits réels. Bay a déjà raconté des « histoires vraies », mais entre les longueurs épuisantes de son Pearl Harbor et l’acidité formidable de son sous-estimé No pain no gain, il trouve là un juste milieu. Pas de star en tête d’affiche d’un casting impeccable, ni même d’allégorie patriotique appuyée en dépit du thème. Bay se concentre sur son sujet, un épisode peu connu du 11 septembre 2012 : la double attaque en Lybie d’une base secrète de la CIA et d’une mission diplomatique américaine à Benghazi. Un carnage annoncé, évité par la présence de seulement 6 « opérateurs de sécurité » face à des centaines d’assaillants. De ces « terroristes », on en apprend peu, et un film entier n’y suffirait probablement pas. L’agresseur n’a pas de visage, car le sujet est dans les murs. Usant d’une mise en place très efficace et d’une restitution particulièrement convaincante des combats, Bay use de ce Fort Alamo désespéré pour mettre en avant deux aspects de l’évènement. D’abord les conditions de travail des services secrets en terrain hostile, en même temps que la volonté diplomatique d’agir, le tout parfois avec une sécurité des plus symboliques. Ce qui nous mène à l’autre thème de prédilection du réalisateur : un portrait de ces « soldats de fortune » à la réputation parfois sulfureuse, anciens membres des forces armées employés dans le privé et appelés en renfort pour sécuriser, surveiller, épauler. Pas toujours considérer par leurs propres employeurs, ils ont gardé des « chiens de guerre »  cette solidarité, qui se manifeste parfois de façon surprenante, et cette accoutumance à l’adrénaline qui les empêche trop souvent de retrouver une vie normale. Publicité ambulante pour les fabricants d’armes à feu, ils sont l’ultime réponse quand le chaos règne et emporte tout. La solution désagréable, mais inévitable. Bay parvient sans mal à mettre en avant leur humanité, leur lucidité tant sur leur rôle à jouer que leur condition. Et c’est sûrement ce qui donne sa valeur à 13 Hours. Ajoutant à la puissance redoutable de son film d’action, Bay propose un regard réaliste sur ces soldats en location qui sont aussi une solution de facilité pour certaines morales, certaines politiques. Un film d’action nerveux et prenant qui fait aussi réfléchir.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...