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47 Ronin

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 02 avril 2014
 
Réalisateur: Carl Erik Rinsch
 
Acteur: Keanu Reeves, Hiroyuki Sanada, Kô Shibasaki, Tadanobu Asano
 
Nationalité: Américaine
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Combat convaincant, adaptation sympathique : la vision du Japon médiéval séduit.

C'est un peu faible...


Une vision trop américaine et réductrice au regard d’un récit mythique


Posté le 4 avril 2014 par

 
Chronique
 
 

Le sacrifice des 47 ronin est un monument de la culture populaire japonaise. Le revisiter à la sauce hollywoodienne est forcément risqué. En dépit de ses limites, cette relecture est agréable à suivre, et son livre d’images finalement honnête.

L

e noble seigneur Asano est piégé par un voisin ambitieux et sa sorcière. Contraint au sacrifice du seppuku, il condamne ses samouraïs à devenir des ronin sans terre. Refusant ce sort, rejoint par un paria aux pouvoirs magiques, ils décident de venger leur seigneur… Pour donner la mesure de la légende des 47 ronin, refléter son impact et son ampleur symbolique sur la culture populaire japonaise, il faudrait bien plus qu’un film. Rappelons qu’un jour férié est consacré au sacrifice et à la loyauté des 47 fidèles samouraïs du seigneur Asano. Un fait historique qui a engendré tant de versions et d’adaptations qu’ils constituent un genre en soit, le Chûshingura. Que les puristes reprennent donc une tasse de thé et un peu de recul. Ce film profite de l’argument et des personnages du récit classique pour composer un livre d’image plutôt sympathique, s’inspirant de maitres illustrateurs tels que Kokusai, Hiroshige et Hayao Miyazaki pour composer un spectacle séduisant et donner corps à quelques monstres soignés, dont un Qilin fort réussi. Exotique et fougueuse, cette version présente scolairement des valeurs indissociables de la culture populaire nippone. Une digression de genre entièrement réalisé en Grande-Bretagne et à Budapest, adaptée au public américain, mais doté d’une évidente envie de bien faire. Même les chorégraphies de combat de Gary Powell (Skyfall) arrivent à convaincre. L’audace majeure est bien sur le personnage de Kaï, ce samouraï au sang mêlé sortit de l’imagination des scénaristes, et qui fait le lien entre le mythe nippon et le public occidental…

Confié à Keanu Reeves, en belle forme, le personnage ne manque pas de charme. Et trouve d’autant mieux sa place dans l’univers du film qu’il est presque exclusivement entouré d’un casting japonais de qualité. La présence de Hiroyuki Sanada dans le rôle de Oïshi, celle de l’excellent Tadanobu Asano en méchant Kira et la performance venimeuse de Rinko Kikuchi en sorcière font beaucoup pour notre plaisir. Un casting appétissant qui rend un peu plus absurde la volonté de les faire tous parler anglais. Un choix d’autant plus discutable que le réalisateur commençait rituellement par une première prise en japonais dans le texte… Un réalisateur inconnu, Carl Erik Rinsch, qui signe son premier long métrage avec une très grosse production (175 millions de dollars), et des conflits proportionnels au budget. Prévue pour fin 2012, la sortie a été repoussée deux fois, la production optant au passage pour une 3D acceptable. Tiraillé entre la vision de ses concepteurs et les exigences du studio, il est bien difficile d’estimer dans quelle mesure le résultat final correspond au concept originel, qui s’annonçait respectueux de la tradition japonaise du film de sabre. Le film en a payé le prix fort à sa sortie… Il convient donc de ne pas trop fouiller les références et d’abandonner toute filiation aux classiques nippons du Chambara. On peut alors se consacrer à un spectacle tout à fait plaisant.

Informations supplémentaires et l’avis Seppuku du Margouillat

47roninL’avis du Margouillat : On est loin du chef-d’œuvre, et mieux vaut ne pas comparer avec les monuments nippons. Mais ce film mêlant à bon rythme action et magie ne méritait pas des débuts en salle aussi calamiteux. Moins on s’y connait, plus on prend plaisir à cette aventure médiévale riche d’honneur et de sacrifices.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...