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9 mois ferme

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Albert Dupontel
 
Acteur: Sandrine Kiberlain, Albert Dupontel, Nicolas Marié
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.5


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.4
7.4/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Toujours inventif, toujours incorrect, toujours fou furieux, Dupontel apparaît cette fois un peu plus sage dans sa mise en image

C'est un peu faible...


Un humour un chouïa gore, comme d'hab... On adore !


Posté le 18 octobre 2013 par

 
Chronique
 
 

Égratignant le système judiciaire, mesuré dans son exercice du délire, Dupontel replace l’amour et la tendresse au cœur d’une comédie féroce dont il maîtrise mieux que jamais la mécanique. On se régale !

C

élibataire endurcie à la vie sans fantaisie, Ariane Felder est mariée à sa profession : juge d’instruction. Rigoureuse et distante, elle se consacre à sa vocation et espère bien voir ses mérites reconnus. Se mêlant rarement à l’animation du Palais de Justice de Paris, elle semble hors d’atteinte, et sa vie s’apparente à un long fleuve morne réglé comme du papier à musique. Ce qui change du tout au tout lorsque, souffrant d’étranges malaises, elle se voit contrainte de consulter un médecin. Ce qu’elle apprend dépasse l’entendement : elle est enceinte. La froide juriste commence à perdre de sa superbe et de son calme, et enquête pour comprendre comment pareil désastre a pu se produire. Le chaos qui s’empare de sa vie prend une dimension supplémentaire lorsque les résultats d’analyse lui parviennent : le père de l’enfant est bien connu des services de police et incarcéré depuis de longs mois. C’est Bob Nolan, le terrifiant cambrioleur qui, surpris en plein forfait, a dévoré les yeux de sa victime…

9 mois ferme apparaît avant tout comme une comédie sentimentale. Mais passée à la féroce moulinette de Dupontel

C’est un rendez-vous incontournable, l’une de ces respirations que le cinéma nous réserve ! Albert Dupontel, l’iconoclaste du cinoche, celui qui s’est inventé un genre à lui tout seul, revient sur les lieux de son crime. Après le chaplinesque Enfermé Dehors, le cynique Vilaine, Dupontel change à nouveau de rythme avec une inspiration renouvelée. Marqué par le documentaire de Raymond Depardon, 10eme Chambre, Instants d’audience, il imagine une autre rencontre intime entre une juge et un prévenu, avec sa vision bien personnelle pour en démonter les apparences et les conventions. Il retrouve la juge du documentaire de Depardon, promue conseillère technique pour l’écriture de son scénario, et qu’il intègre même à son casting. Investissant les lieux même du Palais de Justice de Paris, ce qui est tout de même assez rare, il s’attaque à l’institution écrasante de la justice pour mieux cerner le portrait d’une femme ambitieuse. Et comme toujours en dépit des horreurs qu’il se délecte à nous montrer, parler d’amour. Car comme chacun sait, Dupontel n’est pas un abominable, il est juste terriblement timide. De fait, si le thème général est l’exercice de la machine judiciaire, 9 mois ferme apparaît avant tout comme une comédie sentimentale. Mais passée à la féroce moulinette de Dupontel…

Maîtrisant comme personne le gag visuel pur et simple, ce qui apparaît aujourd’hui comme une véritable audace, il se montre cette fois plutôt sage dans sa réalisation. Le film y gagne en efficacité mais attention, Bernie n’est jamais loin. Il revient provoquer le spectateur en se plongeant avec un plaisir vandale dans le grand guignol lorsqu’il s’agit d’évoquer le faits divers… Mesuré dans sa réalisation, soignant un impeccable timing de comédie, il concentre toute son attention sur les personnages, soignant ce couple improbable unissant les deux extrêmes de la justice que les évènements les plus improbables précipitent l’un vers l’autre. En truand mal dégrossi mais sincère, Dupontel s’offre un costume de monstre pour mieux s’en déshabiller. Face à lui, posée et forcément hilarante quand vient le pétage de plomb, Sandrine Kiberlain trouve immédiatement sa place dans la famille Dupontel. Ils se complètent à merveille, soutenus au fil de leur aventure déglinguée par des personnage succulents, à l’image de Nicolas Marié, excellent en avocat aussi nul que bègue. La délicieuse brochette d’apparitions et de caméos, comprenant un Terry Gilliam épatant et un très éloquent interprète en langue des signes, illustre à quel point le discret Albert a de belles fréquentations. Hilarant de bout en bout, 9 mois ferme est un Dupontel du meilleur cru, qu’il serait inconcevable de louper.

Informations supplémentaires et l’avis Je suis copain avec une hyène du Margouillat

9moisfermeL’avis du Margouillat : Géniale en juge stoïque prise en flagrant délit d’enfantement, Sandrine Kiberlain fait une entrée remarquée dans la tribu du réalisateur. Hilarant et indispensable !

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...