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Afrik’Aioli

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 22 janvier 2014
 
Réalisateur: Christian Philibert
 
Acteur: Jean-Marc Ravera, Mohamed Metina, Modou Cisse, Abdoulaye Diakhaté…
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


De l'humour, du bagout, de l'accent, du soleil, et une grande bouffée d'humanité !

C'est un peu faible...


Entre Provence et Sénégal, le rythme est forcément indolent…


Posté le 24 janvier 2014 par

 
Chronique
 
 

En emmenant sa tribu d’Espigoule au Sénégal, Christian Philibert sort le cinéma régional de son cocon et lui trouve un miroir épatant. Afrique et Provence composent une sacrée famille de grandes gueules et collent de concert une belle claque à la morosité à force d’humour et de tendresse.

Jean-Marc a revendu son bistrot d’Espigoule. Et pour fêter sa retraite, il accepte de partir en vacance au Sénégal avec son pote Momo. Le premier contact est méfiant, critique, épuisant parfois, mais très vite, les terrains d’entente s’imposent entre les gars de la Provence et leurs hôtes… Le cinéma indépendant résiste, surtout dans les petits villages d’irréductible. Celui d’Espigoule a révélé le réalisateur Christian Philibert qui avec ses Quatre Saisons à Espigoule, puis le fort sympathique Travail d’Arabe, s’est fait une place dans le panorama de la Provence impertinente et touchante. Naviguant entre documentaire énergique et fiction improvisée, entouré d’une fidèle tribu de comédiens amateurs, Philibert est aussi un inconditionnel de la belle amitié, qu’il place toujours au centre de ses récits. Ce troisième long métrage ne trahit pas la belle tradition. Le réalisateur rêvait de confronter le tonitruant Jean Marc Ravera, personnage majeur des Quatre Saisons d’Espigoule, avec la lointaine Afrique noire, si proche de la Provence par sa philosophie et son humanité. Il n’y manquait qu’un élément déclencheur : il l’a trouvé avec le personnage de Momo, incarné par Mohamed Metina, son premier rôle de Travail d’Arabe. Avec un budget de court métrage et ses deux comédiens prestement devenus amis, la petite équipe s’est rendue au Sénégal, du côté de Toubacouta, avec un synopsis d’une quinzaine de pages sans continuités dialoguées. Le reste appartient à l’histoire de la planète Philibert, et à la complicité pétillante qui s’est construite entre les deux tribus, celle d’Espigoule et celle du Sénégal.

Délaissant un peu plus le cadre limitatif du documentaire, ses personnages ne s’adressent plus à la caméra, improvisant une version très personnelle d’un docufiction pétillant, une sorte d’édition spéciale de Strip Tease version cigale et mafé. À la suite de nos deux râleurs, qui se sentent pris pour des pigeons « beaux comme des soleils », on s’immerge dans un drôle d’ailleurs où les voitures ont des queues de lions et les moustiques des rayures de tigres, mais où il n’y a pas de tigre. Où la photo de Sarko côtoie celle de Ben Laden avec bienveillance. Où l’on trouve des crocos, des phacochères et des potamochères. Où même les marabouts ne peuvent rien pour les moteurs en ruine. Et où la cuisine est si bonne qu’on en attrape l’électricité… Et si le pastis est rare, l’amitié se forge autour d’une douceur africaine et d’une passion commune pour l’OM, à grand renfort de parties de pétanque acharnées, de ballades magnifiques et de discussions acharnées à refaire le monde. Philosophes de naissance et moqueurs impénitents des deux continents se retrouvent sur une même passion pour la douceur de vivre et la capacité à se moquer de tout, surtout du plus grave. Commencées en touriste méfiant, les vacances finissent au cœur d’une famille méridionale réunissant le Sénégal et le Var, où l’on rigole avec appétit des clichés d’un monde en crise. À entendre ces deux-là, on les imagine sur scène. Leurs dialogues suffiraient à évoquer tout l’exotisme du décor… Quand le cinéma « régional » part en voyage, on en profite !

Informations supplémentaires et l’avis Bôônne Mèreu du Margouillat

Afrik-Aioli AfficheL’avis du Margouillat : Le cinéma indépendant provençal décuple son charme et son humanité au contact d’une Afrique pas si lointaine que ça. L’ébauche d’un monde tout simple où l’on affronterait la crise sourire aux lèvres et le cœur grand ouvert. Poilant et éminemment sympathique.

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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.