Nos actus
 

Alabama Monroe

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Felix Van Groeningen
 
Acteur: Johan Heldenbergh, Veerle Baetens, Nell Cattrysse
 
Nationalité: Belge
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
9.5


 
Musique
9.0


 
Emotion
9.5


 
Notre note
9.3
9.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Nos voisins belges ont avec le cinéma un rapport unique, qui leur permet de nous dévoiler d'authentiques bijoux d'émotion.

C'est un peu faible...


Rien !


Posté le 29 août 2013 par

 
Chronique
 
 

Après La merditude des choses , Felix Van Groeningen nous revient avec une autre histoire de famille, celle d’une passion bouleversante ravagée par la maladie de leur enfant. Totalement poignant, absolument incontournable.

D

idier vit un peu comme un ours dans une petite maison qu’il bricole. Discret et débrouillard, c’est un fou d’Amérique, un rêve qu’il fait vivre en jouant avec passion de la musique Bluegrass avec son groupe d’ami. Athée depuis qu’il a su que le Père Noël était une invention, c’est un gaillard farouchement indépendant qui entend n’avoir de contrôle que sur sa propre existence. Jusqu’à ce qu’il rencontre Elise. À la tête d’un salon de tatouage, Elise vit tout à fond, et garde sur la peau la trace de chacune de ses aventures sentimentales. Pétillante et fonceuse, elle est aussi indépendante que Didier. Mais lorsqu’elle le découvre, jouant du banjo et chantant sur scène, le coup de foudre est mutuel. Didier et Elise s’accordent à merveille, s’accomplissant dans un amour passionné. Une union qui se voit bientôt consacrée par la naissance d’une petite fille…

Le film est aussi parvenu à intégrer à merveille dans la narration l’élément musical, essentiel dans cette histoire

Représentant de cette magnifique génération de réalisateurs belges et flamands qui ne cesse de nous ravir, Felix Van Groeningen nous avait déjà bousculé avec La merditude des choses, chronique picaresque d’une invraisemblable famille. Il passe donc d’une réussite à une autre. Cette fois, il s’attaque à une pièce de théâtre inconnue chez nous, mais qui a eu un énorme succès chez nos voisins. Une pièce écrite par Johan Heldenbergh, acteur fétiche du réalisateur qui tenait un rôle clef dans La merditude des choses. Une pièce parlant de passion et d’amour, de raison et de foi, d’Amérique et de musique que Van Groeningen voulait à tout prix reprendre au cinéma. Mais adapter une pièce de théâtre où tout se cristallise sur le mot est souvent un terrible piège lorsqu’il s’agit de la traduire en images. En dépit des angoisses et des craintes fondées, Van Groeningen et son co-scénariste Carl Joos sont parvenus à en retranscrire toute la richesse avec une sincérité, une élégance exemplaire. Un film écrit en réalité deux fois : d’abord par son scénario, et une seconde fois par son montage. Jouant avec les différentes étapes de la vie des personnages, parfois déroutant, souvent pertinent, celui-ci bouscule notre approche de l’histoire, nourrissant notre angoisse au fil de la découverte de ce bonheur magnifique.

D’une justesse et d’une sacrée puissance de jeu, Johan Heldenbergh reprend le rôle qu’il a créé sur scène, et compose avec Veerle Baetens, écorchée vive bouleversante, un couple de cinéma impeccable. Le choc improbable de leur rencontre fonctionne à merveille, et l’arrivée de l’adorable Maybelle nous charme avant de nous tordre les tripes. Le film est aussi parvenu à intégrer à merveille dans la narration l’élément musical, essentiel dans cette histoire. La musique Bluegrass composée par Bjorn Eriksson prend la place du narrateur, accompagnant et soutenant les scènes les plus délicates. La B.O. est devenue un disque culte en Belgique, et le groupe formé par Heldenberg joue à guichet fermé… Au fil de leur bonheur et de leur désespoir, l’histoire de Didier et Elise évoque toute la douleur d’une famille marquée par le drame d’un enfant qu’on leur reprend : la religion, les illusions, les trahisons, le désespoir, ce qui reste du monde du dehors quand on a le cœur en charpie, ce qui reste d’un amour même quand il est aussi fort que le leur… Et toujours une retenue qui nous épargne tout pathos. Pas de piège à larmes, de lourdeur dans l’évocation de cette intimité toute nue, sinon une terrible tendresse. Sans fioriture, avec délicatesse, Alabama Monroe trouve l’émotion née de la rencontre de deux solitaires qui font naître un miracle et le voient disparaître. Parce que l’Amérique, la vraie, est dans la tête de ceux qui la rêve, et celle de Didier et Elise avait la bouille de Maybelle. On en sort secoué, le cœur tordu.

Informations supplémentaires et l’avis Une fois du Margouillat

alabama monroeInformations supplémentaires : Alabama Monroe est poignant, bouleversant, superbement incarné, parfaitement réalisé, et tout cela sur une musique country aussi inattendue qu’idéale. Un énorme coup de cœur.

Sites : http://www.alabamamonroe-lefilm.com/


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...