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All is lost

 
AllisLostaffiche
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Fiche Technique
 

Millésime: 11 décembre 2013
 
Réalisateur: J.C. Chandor
 
Acteur: Robert Redford
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Le récit, symbolique, touche au plus profond de nos angoisses de solitude.

C'est un peu faible...


Ne noyons pas le poisson dans la recherche d'un point négatif. On a à peu près tout aimé !


Posté le 13 décembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Dépouillant son récit jusqu’à l’essentiel, All is Lost rejoint son antihéros dans sa solitude et ses épreuves. Une ode à la survie qui tranche de nos urgences superficielles, une odyssée puissante avec Robert Refdord seul maître à bord.

Un navigateur solitaire est éperonné par un container en perdition. Le trou béant dans la coque de son voilier de 12 mètres n’est que la première d’une série d’épreuves qui vont l’amener au bout de lui-même… Sundance aura décidément fait le bonheur de J.C. Chandor. Venu y présenter avec succès son premier film, Margin Call, il découvre l’acteur idéal de son second projet sur l’estrade : Robert Redford. Et on ne s’étonne pas que l’âme du plus prestigieux festival du cinéma indépendant ait dit oui à un scénario d’à peine 30 pages. Car le défi est à sa mesure : être seul à l’image, sans le moindre dialogue, face à un océan sans pitié. À 77 ans, Robert Redford accomplit une véritable performance physique, assumant son âge avec une énergie et un charisme sidérant. Longtemps après le personnage de Jeremiah Johnson, il s’investit corps et âme dans un rôle qui évacue toute espèce d’artifice. Prenant à contre-pied tous ceux qui l’avaient découvert avec un thriller économique très bavard, J.C. Chandor s’approche du documentaire pour ramener tous les enjeux à l’essentiel : la survie. Rigoureux, sans concession, il ne donne même pas de nom à son unique personnage. Tout ce qui importe est à l’écran, unique enjeu de cette leçon de survie et d’humilité face à une nature toute puissante. Pour peu que l’on s’identifie au héros anonyme de ce calvaire, la portée du récit vous touche au-delà des images. Chandor nous rappelle que, s’il veut sublimer la vie, le cinéma n’a pas à être confortable.

La première scène est symbolique de la démarche du réalisateur. Le marin à l’âge de la retraite est sorti de son sommeil par un accident aussi surréaliste que dramatique pour tout non initié. Sans panique, sans geste de colère, l’homme avise la situation et patiemment, fait face. Parce que tout le reste est inutile. Dans son dépouillement extrême, et en dépit de la difficulté de tourner sur l’eau, All is lost illustre parfaitement la solitude et la peur face la démesure des éléments, se permettant même plusieurs scènes spectaculaires qui donnent une idée assez juste de l’enfer d’une tempête vécu dans une coque de noix. Chandor s’offre même un final empreint d’une réelle grâce. Pragmatiquement, le film répond aux questions que se posent tous ceux qui ne quitteront jamais le port : que se passe-t-il quand tout va de mal en pis, au milieu des mers ? Quels sont les moyens pour s’en sortir vraiment ? Au-delà des faits, de l’aspect pratique, l’essentiel est bien le mental, l’attitude de l’unique personnage. Antithèse de nos sociétés assistées où les colères, les démonstrations de force et autres insultes priment sur toute réflexion, l’odyssée de ce navigateur nous invite à un autre ordre de vie. Dans cette immensité démesurée, il ne sert à rien de pleurer, de se plaindre ni même d’appeler à l’aide. Plus de faux-fuyants, personne sur qui reporter sa faute. Juste l’urgence de faire face à ses responsabilités, parfois avec des trésors d’ingéniosité. C’est audacieux, et brillant. D’autant qu’au fil d’un récit à vous dégoûter de mettre les pieds sur une simple péniche, une question s’insinue inévitablement dans votre esprit : et vous, à quel moment auriez-vous baissé les bras ?

Informations supplémentaires et l’avis Vous n’êtes pas seuls du Margouillat

AllisLost imageL’avis du Margouillat : Si le dépouillement de All is Lost touche, c’est par l’engagement total d’un géant comme Robert Redford, revendiquant fièrement son age. Mais c’est aussi parce que le film n’est pas un exercice de style.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...