Nos actus
 

Anomalisa

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 3 février 2016
 
Réalisateur: Charlie Kaufman et Duke Johnson
 
Nationalité: Américain
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Une animation perturbante de raffinement, et une introspection si décalée qu'on en perd pied.

C'est un peu faible...


Etrange, perturbante, la complexité de la démarche peut rebuter, et même consterner les moins conciliants...


0
Posté le 11 février 2016 par

 
Chronique
 
 

anoaffiche

P

hilip Kaufman n’est pas un auteur facile. Obsédé par les labyrinthiques égarements de notre esprit, la complexité de son écriture nous fascine, et a donné matière à des films simplement exceptionnels. L’apparente linéarité de Anomalisa ne doit pas nous abuser, car c’est probablement son oeuvre la plus délicate à cerner. À l’origine, Anomalisa était un exercice théâtral sérieusement épuré : David Thewlis, Tom Noonan et Jennifer Jason Leigh déclamaient les textes soutenus par des bruitages et de la musique, tandis que des cartons explicatifs rythmaient l’histoire. 10 ans plus tard, la pièce est devenue un film, nettement plus généreux narrativement parlant, mais interprété par des figurines animées auxquelles les trois acteurs reviennent donner leur voix. Privés du frémissement de la peau, du réflexe des regards, les interprètes d’Anomalisa se débarrassent pourtant de leur raideur factice par l’impressionnant talent des animateurs. Et le raffinement de la mise en image, la maîtrise de l’éclairage rendent leur prestation réellement troublante. Déstabilisante. D’autant que la mise en scène joue sur une autre ligne narrative essentielle : les voix des personnages sont pour l’essentiel toutes la même… Ils restent pour autant des marionnettes, et en jouent ouvertement au fil de cette intrigue trop simple. Un homme qui a fait sa vie, connu pour avoir publié un livre permettant aux autres de s‘épanouir, vient à une présentation dans un grand hôtel. Soudain démuni face au vide terrifiant de sa vie, de ses attentes, sa rencontre avec une jeune femme venue l’écouter va tout changer. Peut-être. Nous forçant à nous mettre à la place de cet homme à bout de course, à la place d’une marionnette embarrassée par son âme et sa conscience – figure a prendre au propre comme au figuré…- le film vaut autant pour ce qu’il montre que le trouble dans lequel il nous abandonne, tant il appartient à cette catégorie de film a l’interprétation ouverte, qui se nourrit avant tout de ce que le spectateur y apporte. On peut cependant discerner des thèmes récurrents chez le kafkaïen Kaufman, comme la difficulté de vivre avec les autres. Le trouble schizophrène, voix off oblige, qui fait que même la plus miraculeuse des rencontres finira par se fondre dans l’uniformité médiocre et nous décevoir. A moins bien sur que le problème vienne uniquement de soi, d’une façon de voir et d’entendre qui mène à une certaine forme de folie. Ce qui n’est pas non plus étranger à l’univers de l’auteur. Hypnotisé par ce stop-motion maîtrisé, on peut adorer, détester, être bouleversé sans trop trouver les mots, ou rester perplexe, à la limite du malaise. Mais en tout cas, on ne reste pas indifférent.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)