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Antiviral

 
Antiviral
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Brandon Cronenberg
 
Acteur: Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcolm McDowell
 
Nationalité: Canadienne
 
Genre:
 
Mise en scène
7.5


 
Scénario
8.5


 
Musique
6.5


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.6
7.6/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


On ne pouvait pas trouver métaphore plus criante (voire hurlante) que ce fétichisme des maladies de stars

C'est un peu faible...


Le cinéma de papa, lui reprocheront certains obtus incapables d'abstraction.


0
Posté le 13 février 2013 par

 
Chronique
 
 

Le concept est aussi malsain que brillant, la réalisation soignée et inventive : Antiviral   est un cauchemar de SF très contemporain et très réussi, Brandon Cronenberg rentre en cinéma par la grande porte.

I

ls défilent dans la salle d’attente aseptisée de la clinique spécialisée, chacun impatient de partager un peu plus l’intimité de ces stars dont chaque détail de la vie occupe l’espace médiatique. Syd March est l’un des employés les mieux notés de la clinique, et n’a pas son pareil pour matérialiser le visage de chaque affection. Il sait aussi repérer le bon client, impatient de se voir injecter l’herpès de telle célébrité, le tout dernier rhume attrapé par tel autre. Un client qui quittera la clinique ravi, avant de s’offrir une tranche de viande fabriquée à base de cellules de muscle de la star du moment. Sublime icône au visage parfait, Hanna Geist est le produit phare de la clinique, et le moindre petit virus qu’elle attrape provoque un regain de demande de fans impatients. En toute illégalité, Syd March profite de cette industrie où la concurrence est sans pitié pour sortir les virus de la clinique, il se les injecte pour les revendre à un réseau de contrebande après incubation. Vient le jour où il peut approcher directement l’astrale Hanna Geist…

Une idée cinglée et géniale permettant de saisir avec une belle pertinence, et une solide dose d’humour noir, l’un des plus pathétiques travers de nos société

Qui a dit qu’une grippe était une perte de temps ? C’est cloué au lit par une fièvre de cheval que Brandon Cronenberg fit un sale rêve à propos de ces bacilles transmis par un autre et se baladant dans son corps. Une intimité troublante et inquiétante qui faisait un étrange écho à cette obsession galopante pour les « stars », véritable virus médiatique. Et si un fan pouvait s’offrir le rhume d’Angelina Jolie pour se rapprocher de son idole ? Une idée cinglée et géniale permettant de saisir avec une belle pertinence, et une solide dose d’humour noir, l’un des plus pathétiques travers de nos société. Le plus beau de l’histoire c’est que Brandon, fils de David et bien décidé à trouver son propre chemin, avait toujours pris soin de se tenir loin du cinéma dont son père est une idôle. Plus bibliophile que cinéphile, c’est pour associer toutes les expériences qui le passionnent – l’écriture, la musique, l’art… – qu’il se résout finalement à cesser ce rejet décidé pour de mauvaises raisons. Rejoignant une école de cinéma, le sujet d’Antiviral donne matière à son premier court métrage d’étudiant, Broken Tulips, qui séduit le producteur de Hobo with a shotgun, en quête de scénario pour compléter sa collection de films de genre. C’est ainsi que le fils Cronenberg attrapa le virus du cinéma avec une grippe…

Sur ce thème dérangeant du fétichisme des maladies de stars, enrichi par l’expérience privilégiée d’un monde de célébrité qu’il a observé pendant toute sa jeunesse, Brandon Cronenberg a élaboré une métaphore d’une réelle intelligence. Un argument fantastique pas assez prononcé pour quitter notre réalité la plus proche, mais suffisamment inspiré pour lui autoriser des incursions impressionnantes dans la SF et l’horreur. Dosant effets et suspens, soignant l’esthétique glaciale de cette société terrifiante, il n’en néglige aucun aspect, offrant une vision aussi abjecte que juste de ce que nos industries de la célébrité pourraient bien devenir. Ébloui par la beauté solaire de Sarah Gadon, il utilise avec beaucoup de raffinement la présence tout à fait particulière de Caleb Landry Jones, acteur reptilien capable de tordre son personnage aux méandres d’une histoire obsédante. La courte et judicieuse présence de Malcom McDowell à ses côtés est très plaisante. Antiviral n’est pas un premier film, c’est une première réussite.

Informations supplémentaires & l’avis esthétique du Margouillat

AntiviralL’avis du Margouillat : Plutôt que de tergiverser sur l’inévitable relation entre l’univers du père et celui du fils, cette fascination sanglante et commune pour le corps et ses souffrances, réjouissons-nous de voir s’épanouir un esprit cinématographique aussi prometteur. A ne pas rater.

SiteAntiviral


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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