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Asphalte

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 7 octobre 2015
 
Réalisateur: Samuel Benchetrit
 
Acteur: Isabelle Huppert, Gustave Kervern, Valeria Bruni-Tedeschi, Michael Pitt...
 
Nationalité: Français
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Inattendu, plein d'humilité, servi par un casting qui se régale, Asphalte est une sorte d'antidépresseur épatant.

C'est un peu faible...


Peu de voiture en flamme. Encore moins de coup de feu. Désolé, on 'est pas chez BFM.


0
Posté le 9 octobre 2015 par

 
Chronique
 
 

asphalte affiche

O

u la douce candeur retrouvée des cités… Ces cités en ruine, ces zones grises que l’on évite, qui souffrent de leur isolement, de la répétition abrasive d’un morne quotidien assommé d’ennui, de frustration et de violence. Influencé par l’efficacité des séries qui inspirent désormais le cinéma, et dont il est devenu très amateur, Samuel Benchetrit a fait le choix, après avoir beaucoup tourné, de couper au montage toute répétition. La zone s’en trouve rafraîchie, privée de son cycle infernal. Seul compte dès lors le parcours de 3 tandems, qui suit chacun une même trajectoire : l’accueil d’un étranger. Une rencontre de prime abord abrupte, qui suscite méfiance et défiance. Sauf que ces six solitudes sont totalement dépourvues d’animosité. Simplement parce qu’il n’y a aucune raison pour qu’il y en ait. Au philtre de cette zone promise à la tristesse, rien ne surprend. Et tout devient possible. Un infirme banni s’invente photographe pour aborder une infirmière. Un collégien qui s’ennuie sort de sa torpeur une actrice happée par la douleur. Un astronaute américain tombé du ciel trouve de l’aide auprès d’une maman algérienne. Jouant de l’absurde, s’amusant de cet imprévu qui les secoue, chacun cède à son humanité avec maladresse, et s’accorde à l’autre. Sombre, rêche, lépreux, l’asphalte révèle cette fois un trésor de chaleur humaine, désarmante, pleine d’espoir et d’humour. Et pour consacrer cette candeur sincère, chacun ouvre la fenêtre de l’autre à la faveur d’une scène pleine d’émotion. Jules Benchetrit, le fils, est une vraie et belle découverte. Isabelle Huppert, jouant l’ingénue, rappelle en une scène l’actrice exceptionnelle qu’elle est. Gustave Kervern jongle diaboliquement avec le pathétique le plus noir pour percer la fragilité bouleversante de Valeria Bruni-Tedeschi. Et Michael Pitt, descendu des Usa comme on tombe d’un satellite, s’accorde un break de douceur avec une débutante épatante, Tassadit Mandi. Dans son emballage de béton, Asphalte est tout entier de tendresse. Et vos arrières-pensées, vos clichés sur ces zones infréquentables, s’en trouvent réduits à une porte grinçante qui résonne comme un cri lointain, presque une légende urbaine… Se jouant des lenteurs, des silences, Asphalte est un sucre.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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