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Astérix – Le domaine des Dieux

 
Asterix
Asterix
Asterix

 
Fiche Technique
 

Millésime: 26 novembre 2014
 
Réalisateur: Louis Clichy et Alexandre Astier
 
Acteur: Roger Carel, L
 
Nationalité: Française, Belge
 
Genre: , ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


L’animation est très belle, et l’adaptation habile sert bien la richesse de l’histoire de Goscinny

C'est un peu faible...


Le rythme connait des ralentissements, et le spectacle reste très familial


0
Posté le 24 novembre 2014 par

 
Chronique
 
 

Incapable de se débarrasser des Gaulois irréductibles, César décide de les immerger dans la civilisation romaine en construisant un ensemble d’habitation à côté du village… Apportant son style, Alexandre Astier adapte intelligemment le génial album de Goscinny, le trait d’Uderzo étant servi avec une belle réussite par les images de Louis Clichy. Un Astérix en 3D plutôt convaincant.

Le grand César s’épuise depuis trop longtemps à vaincre par la force les Gaulois de ce minuscule village qui lui résiste toujours et encore. C’est donc par la ruse qu’il en viendra à bout. S’ils refusent de se rendre à Rome, c’est Rome qui va les envahir ! Avec le Domaine des Dieux, résidence de luxe construite tout à coté du village insoumis, et bientôt habité par une foule de Romains avides d’exotisme… C’est un peu notre Everest à nous, que l’on ne peut s’empêcher de gravir encore et encore. Astérix, c’est une gourde précieuse, deux ailes sur le casque, et 35 albums vendus à 355 millions d’exemplaires. Ce qui équivaut en poids à 13 millions de sangliers. Ce qui est idiot et difficilement vérifiable, mais tout de même très rigolo. Astérix, c’est aussi 13 adaptations au cinéma, en live ou en version animée. Et chaque nouvelle tentative est pour ses auteurs un défi lourd de conséquences. Le duo aux commandes de ce quatorzième Astérix a vite tapé dans l’œil du fan : Louis Clichy, transfuge de Pixar qui a collaboré sur Là-haut et Wall-E, rien que ça, et Alexandre Astier, chouchou du petit écran de caractère qui a depuis amplement fait la preuve de son talent de plume. Considérant le fait que ces deux-là sont d’authentiques fans de l’œuvre de Goscinny et Uderzo, le concept donnait un réel espoir de qualité. Joie, le résultat final à de quoi séduire les petits impatients, comme les grands inquiets.

De par sa personnalité et son gout pour les dialogues, l’entreprise de Alexandre Astier fut illico mise en parallèle avec la version de Astérix signée par Alain Chabat, qui par ses libertés vitaminées sut réjouir le box-office autant qu’il déplut à Uderzo. À comparer avec Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, cette nouvelle version animée est une sorte d’antithèse. Pour ceux qui aiment Alain Chabat, comme nous, Chabat a réussi son pari parce qu’il a avant tout réalisé un film de Chabat avec pour matière un univers de BD chéri. Clichy et Astier se sont appliqués à faire l’inverse : être, en dépit des nécessaires adaptations et cruelles coupes, aussi fidèles que possible à l’album original. Pour qu’un esprit comme celui d’Astier puisse se glisser entre les piliers du classique de Goscinny, le choix de l’album était capital. Celui du Domaine des Dieux est parfait. Mondialisation, société de consommation, mirage de la modernité, écologie, mixité sociale, conflits sociaux… de tous les albums d’Astérix dotés de résonnance politiques et sociales, et il y en a quelques-uns, le Domaine des Dieux est assurément l’un des plus pertinents. Ou impertinent. Dépourvu de voyages exotiques et de guest stars encombrantes, Il permet aussi de tout recentrer sur le village gaulois, ses environs et ses habitants. On découvre ainsi un Astérix particulièrement touchant, un Obélix plus vivant que jamais, et une brochette de villageois qui assument volontiers d’être cupides, lâches et idiots avant tout. Plus à l’aise sous leur caricature, les personnages se rapprochent décidément du souvenir laissé par les albums. L’audace est discrète, mais constructive !

 

Si, après un démarrage en trombe, le film ne tient pas toujours ce rythme enlevé, il parvient à un équilibre délicat et séduisant entre un strict respect de l’œuvre de Goscinny et la plume de Astier. Ce qui est en soit un bel exploit. Mais encore fallait-il que le passage à l’image 3D connaisse la même réussite ! S’il a accueilli l’initiative avec une très compréhensible appréhension, maître Uderzo a fini par être séduit par le résultat final. Et on est bien de son avis. La gestion léchée des lumières et des rondes matières fera inévitablement pester les inconditionnels d’une animation traditionnelle plus vintage, mais il est étonnant de retrouver une telle fidélité parmi la majorité des personnages, qu’il s’agisse du centurion, de Jules César, de l’architecte Anglaigus ou même des formidables sangliers. Avec ou sans lunette 3D, la modélisation est d’une grande qualité, même si elle est surement un peu trop rigoureuse. Et si la musique de Philippe Rombi est une réussite, les inconditionnels continuent de débattre du casting des voix. Pas de celle de Roger Carel, bien sur, indispensable en Astérix. Et la contribution d’artistes rompus à cet exercice, comme Elie Semoun ou Lorant Deutsch, est un vrai plus. Mais en l’absence des regrettés Pierre Tornade et Jacques Morel, il n’était pas facile de trouver une voix pour Obélix. Celle de Guillaume Briat a fini par nous séduire. Reflétant pour beaucoup les nuances d’un album extrêmement fin, ménageant assez de place à ses réalisateurs pour marquer l’adaptation de leur style, Le Domaine des Dieux est une belle surprise, du genre à ravir les plus jeunes et rassurer très vite leurs aînés.

Informations supplémentaires et l’avis Porcin du Margouillat

AstérixL’avis du Margouillat : Faire un bon Astérix, c’est le faire pour tous : les petits comme les grands, les accrocs des albums comme les simples amateurs. Un exercice de grand écart dont Astier et Clichy se sortent avec les honneurs : le spectacle est familial, mais n’oublie pas la verve de l’album original, et la 3D permet de revisiter un casting de légende en lui insufflant une autre vie. Les 4 années de travail sont sur l’écran, et ça fait plaisir par Toutatis !

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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