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Attila Marcel

 
Attila Marcel
Attila Marcel
Attila Marcel

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Sylvain Chomet
 
Acteur: Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont, Hélène Vincent…
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.5


 
Emotion
9.5


 
Notre note
9.0
9/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Porté par un casting de caractère, Sylvain Chomet reprend la tradition d'un tragi-comique vivifiant, assumant le poétique comme le chantant.

C'est un peu faible...


Si peu à reprocher, Attila Marcel pourrait bien vous faire fondre.


Posté le 30 octobre 2013 par

 
Chronique
 
 

La trentaine lunaire, la vie de Paul se résume à son piano, avec lequel il rythme les cours de danse de ses tantes, sa seule famille. Jusqu’au jour où il croise madame Proust, la voisine du quatrième… Sylvain Chomet échange le crayon pour la caméra sans y perdre son âme.

Paul ne parle pas. Mais que pourrait-il bien dire, tant ses journées se ressemblent de façon immuable ? Élevé par tante Annie et tante Anna, sa seule famille, Paul passe son temps entre le piano de leur appartement parisien, à s’entraîner pour un concours de soliste qui ne cesse de lui échapper, et le piano du médiocre cours de danse des deux tantes, où il donne les trois temps du tempo. Ses seules gourmandises sont la consommation addictive de chouquettes, et quelques minutes de solitude sur le banc du square voisin. Un petit garçon de trente ans, orphelin de parents, de passé et de vie, dont la route va croiser celle d’un drôle d’oiseau: l’indomptable Madame Proust, experte en tisane stupéfiante, en légume bio et en psychologie explosive. Et qui déteste que l’on mente aux enfants…

Les chicaneurs inquiets ne manqueront pas de débusquer des références, de Jeunet à Gondry ou pourquoi pas Mocky. Il y a plus désobligeant…

L’animation n’a aucune limite. À l’inverse, le travail avec des acteurs, un décor et des lumières doit sans cesse composer avec des tas de limites. C’est pourtant avec une évidente gourmandise que Sylvain Chomet a délaissé les planches à dessin qui l’ont rendu célèbre pour un plateau de tournage. Un rêve qui a pris forme par défi en 2005 lorsque, dans l’incapacité de fabriquer à temps un dessin animé pour le film Paris je t’aime, Chomet a proposé à sa productrice, Claudie Ossart, de réaliser le court en live. Avec cet instinct cinématographique qui la caractérise, la productrice a accepté. Après cette expérience libératoire, Chomet a imaginé l’histoire de Attila Marcel en s’inspirant d’une de chansons des Triplettes de Belleville, impatient de pouvoir parcourir l’appartement de son héros, de le serrer dans ses bras. Ce que l’on peut comprendre. Mais pour qui s’est construit un imaginaire animé aussi intense, aussi riche, passer au live est un saut risqué dans une réalité qui aplatit et nivelle tout. Encore fallait-il qu’Attila l’aide à franchir ce pas. Petit cousin de L’Illusionniste et Buster Keaton, le silence éloquent, Paul/Attila permet à Chomet de s’émanciper du crayon. Toujours aussi attaché à la dimension musicale, capitalisant sur la complicité avec un beau casting, la transition s’avère riche de plaisirs et de trouvailles.

Les chicaneurs inquiets ne manqueront pas de débusquer des références, de Jeunet à Gondry ou pourquoi pas Mocky. Il y a plus désobligeant, mais c’est surtout fallacieux. S’il faut trouver une référence à ce mélange de poésie et de cruauté, de fantaisie et d’humour noir, c’est plutôt dans les pages de certains albums qu’il faut feuilleter, des albums signés Boucq, Alexis ou Goossens par exemple. Plus occuper à trouver ses références qu’à emprunter celles des autres, Chomet s’offre des audaces qui en ferait reculer plus d’un, comme un onirisme de cartoon bien appuyé, des passages de comédies musicales joyeusement kitchs, ou l’exercice tout à fait surprenant d’un catch mâtiné de tango. Quand il semble à son aise dans un décor bien planté, le voilà qui saute sur un autre véhicule, passant du gag visuel à la chronique acide, trahissant les aspirations des spectateurs monomaniaques. Un réalisateur en liberté qui découvre, apprend, marque son territoire avec appétit, célébrant sa complicité et son admiration pour un casting riche en caractères bien trempés. Le duo composé de Bernadette Lafont et Hélène Vincent est épatant, et les voir toutes deux beurrées à la cerise à l’eau de vie, rigolant sur une plage, constitue un très bel au revoir pour madame Lafont. Chacun apporte sa note, Luis Rego en accordant la rampe d’escalier, Jean-Claude Dreyfus en bâfrant odieusement les chouquettes… Surprenant de fragilité, l’excellent Guillaume Gouix se régale à composer le contrepoint d’un Attila plus proche de ce que l’on connaît de lui. Et puis il y a Madame Proust. S’emparant d’un rôle pensé pour Yolande Moreau, le caméléon Anne Le Ny compose un personnage unique, bouleversant et truculent. Et si les rondeurs de sa bouille vous rappellent certains profils des triplettes, c’est juste que le chef d’orchestre a réussi son pari. Avec la fraîcheur et les maladresses d’un premier long, mais aussi le savoir-faire d’un conteur expert, Attila Marcel consacre un nouveau venu qui ne fait qu’entamer l’exploration d’un univers bien personnel. Il s’appelle Sylvain Chomet.

Informations supplémentaires et l’avis Illusionant du Margouillat

Attila MarcelL’avis du Margouillat : S’il délaisse l’animation, Chomet garde bel et bien son inspiration. Dénichant un étonnant clown triste en la personne de Guillaume Gouix, il permet à Anne Le Ny de dévoiler un peu plus son immense talent. Une Comédie poétique, drolatique, émouvante et parfois sombre. Chomet promet.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...