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Au bonheur des ogres

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Nicolas Bary
 
Acteur: Raphaël Personnaz, Bérénice Bejo, Guillaume De Tonquédec, Emir Kusturica
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.5


 
Notre note
7.9
7.9/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Nicolas Bary a pris le pari délicat de faire une libre adaptation du livre et s'en tire pas si mal, mais...

C'est un peu faible...


...les fans du bouquin n'ont pas fini de crier à la trahison.


Posté le 16 octobre 2013 par

 
Chronique
 
 

Pour son second long métrage, Nicolas Bary ose adapter avec Au bonheur des ogres un monument de littérature populaire.

Fils aimant d’une maman voyageuse et collectionneuse d’histoires d’amour, Benjamin Malaussène se trouve par nécessité soutien d’une famille intenable. Et c’est pour subvenir aux besoins de cette véritable tribu de demi-frères et sœurs qu’il sacrifie sa bonne nature à un travail de conseiller technique « polyvalent » dans un célèbre magasin parisien. Sous ce titre creux, Benjamin cache l’inavouable réalité : il est bouc émissaire, responsable de tout ce qui va mal. Sa bonne bouille ne servant qu’à apitoyer le client râleur lorsqu’il subit la colère de son supérieur. Une situation guère enviable qui prend une dimension encore plus encombrante : des membres du personnel de ce grand magasin prennent la désagréable habitude d’exploser, et systématiquement lorsque Benjamin est seul auprès d’eux. Il faut la perspicacité de Tante Julia, charmante journaliste, pour ne pas voir Malaussène comme un coupable idéal…

L’artisan de cette adaptation a enfin su s’approprier le livre pour en faire un film très personnel.

C’est à la fois extrêmement audacieux, et passablement inespéré. En trente années d’un succès qui ne s’épuise toujours pas, après avoir franchi frontières et océans avec une saga littéraire typiquement française, les aventures de la famille Malaussène n’ont jamais été transposées sur grand écran. Refusant les très nombreuses propositions, le papa de cette drôle de famille en était arrivé à la conclusion très censée que son œuvre était inadaptable. Le secret de ce Au bonheur des ogres de cinéma peut donc être ramené à une question essentielle : pourquoi Daniel Pennac a-t-il enfin dit oui ! Parce que, précisément, l’artisan de cette adaptation a enfin su s’approprier le livre pour en faire un film très personnel. Ceux qui n’ont pas lu les livres, notamment les plus jeunes, découvriront une aventure surprenante et énergique aux personnages étonnants. Mais les inconditionnels des livres, eux, ne manqueront pas de fulminer en constatant que l’intégralité du premier volume adoré est loin de se retrouver sur l’écran. De chipoter sur un genre insaisissable entre fable pour adultes et polar pour enfants, égaré par cette volonté de jouer avec une poésie décalée à grand renfort de girafes. Après tant de copié-collé flasques, de repiquages timides, on doit reconnaître à Nicolas Bary le mérite d’un vrai parti-pris. Benjamin Malaussène n’a été incarné qu’une seule fois sur écran, par Tom Novembre, pour l’adaptation télé de La fée Carabine signée Yves Boisset. Peu appréciée par l’auteur, cette expérience était à sa façon cohérente en s’inscrivant résolument dans le genre policier de la collection Série Noire. Surtout lorsqu’il s’agit d’un roman aussi populaire, aussi foisonnant, l’adaptation est un exercice cruel, source d’inévitables colères et insatisfactions. Mais il serait dommage de ne pas considérer les atouts de cette version bien personnelle.

Avec fraîcheur et fantaisie, l’intrigue de Au bonheur des ogres parle de terrorisme, de gens qui explosent, d’enlèvement d’enfants. Si l’étrange formule de ce film pour toute la famille séduit, c’est bien pour s’inspirer du talent de Pennac à raconter des horreurs au fil du charme de sa plume. Jouant avec une imagerie parisienne désuète sans se laisser envahir par la carte postale, faisant de la défunte Samaritaine un personnage à part entière, Nicolas Bary assume ce qui est sûrement le plus gros défaut du film : les personnages prennent volontiers le pas sur l’histoire. Un casting astucieux et plutôt réussi. Bien qu’on ne l’imaginait pas forcément dans le rôle, Bérénice Bejo campe une tante Julia pleine de vie, Emir Kusturica s’imposant logiquement en vieil ours joueur d’échec. Dans le rôle de Sainclair, seul dans sa bulle au-dessus du monde, Guillaume de Tonquédec s’offre un beau numéro à la hauteur de son talent. Mais celui qui surprend, une fois de plus, c’est Raphaël Personnaz en Benjamin tant le beau Marius de Daniel Auteuil prend plaisir à disparaître derrière la silhouette débonnaire de ce charlot contemporain. Ni Jeunet, ni Gondry – il y a pire référence… – Nicolas Bary a le courage de construire sur le livre culte un film à sa façon, avec ses irrégularités de rythme, mais aussi ses belles trouvailles. Et la bénédiction de Daniel Pennac, ce qui n’est pas le compliment le plus négligeable…

Informations supplémentaire et l’avis Shreck du Margouillat

aubonheurdesogresL’avis du Margouillat : C’est inévitable ! Pour adapter un monument comme le premier volume des Malaussène, il faut avoir le courage de se l’approprier et d’en faire autre chose ! Les fanas des bouquins hurleront sûrement longtemps, mais sa vision se tient, riche de personnages attachants.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...