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Au cœur de l’océan

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 9 décembre 2015
 
Réalisateur: Ron Howard
 
Acteur: Chris Hemsworth, Benjamin Walker, Cillian Murphy, Brendan Gleeson...
 
Nationalité: Américain
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Une belle épopée riche de sens, et une solide évocation d'une époque révolue.

C'est un peu faible...


Une narration peut-être lente, où la fameuse baleine n'est pas au centre de l'histoire


0
Posté le 11 décembre 2015 par

 
Chronique
 
 

AucoeurAffiche

L

’information n’est peut-être pas assez claire sur la très conventionnelle affiche. Il ne s’agit pas là de l’histoire de Moby Dick mais de celle qui inspira Herman Melville pour écrire son chef-d’œuvre. Lui-même mousse dans sa jeunesse, l’auteur s’employa à transcender l’aspect mythologique d’une histoire vraie. Il est vrai que la mésaventure survenue au Essex devait très vite se nimber de mystère et de doute. Songez donc : un cachalot se retourne contre ceux qui le chassent, et coule ses agresseurs par le fond. Il y a de quoi ébranler tout un système d’assurance et mettre à mal l’opulence d’armateurs refusant de voir disparaître une industrie si rentable… L’ombre monstrueuse du géant des mers hante le spectateur impatient, et chacune de ses figurations se montre spectaculaire. Pour autant, Au cœur de l’océan n’est pas un simple récit de campagne de pêche, et s’achève en terrifiant naufrage. C’est tout une époque que Ron Howard, grand spécialiste des adaptations d’histoire vraie, s’efforce de ressusciter dans son épopée. Un récit ambitieux se jouant en trois tableaux. D’abord la réalité d’un commerce florissant qui, s’appuyant sur une société de classes hermétique aux changements, sacrifie toute vie à la matière qui alimente les coffres des aristocrates et les lampes de la planète : l’Huile de baleine. Le second tableau donne une idée assez convaincante de la réalité de ces campagnes de pêches où la vie des hommes ne vaut rien au regard de quelques tonneaux de la précieuse huile. Là, Ron Howard trouve un équilibre incertain, mais plaisant. Sans trop la glorifier, il redonne vie à la chasse aux baleines, que le harponneur voit « fleurir » avec joie, le visage couvert de sang. Il évoque en même temps le temps passé sur la vision d’un monde tout entier voué à l’appétit de l’homme et dont celui-ci dispose. Un point de rupture incarné par l’anecdote à peine croyable de cet immense cachalot vengeur. Que le réalisateur, à un regard prêt, évite heureusement de trop humaniser d’intentions. Le troisième tableau nous montre l’humain conquérant redevenu une poussière perdue dans une mer sans pitié, où le cachalot blanc n’est qu’un danger parmi d’autres. Un enchaînement théâtral, filmé « à l’ancienne » jusque dans l’indexation des couleurs, ce qui pourra lasser et déplaire. Mais c’est un ensemble consistant et cohérent grâce à son fil conducteur : la rencontre entre le dernier survivant du Essex et le futur auteur de Moby Dick. Une rencontre qui fait le lien avec le monde moderne, faisant disparaître cet ordre si essentiel sous l’huile noire qui sort désormais du sol… Si le personnage aurait gagné à exploiter son côté « obscur », cet appétit insatiable de records de pêche, Liam Hemsworth campe un marin à la mesure du récit, laissant bien peu de place à ses camarades, à l’exception de Cillian Murphy, toujours fascinant. Trop d’une pièce, il porte néanmoins le film avec un beau charisme. Un récit d’un passé oublié, qui renvoie à notre crise de conscience contemporaine, un regard social avec les couleurs de la fable. Le large public devrait y trouver son compte d’images et de réflexions.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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