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Birdman ou (la surprenante vertu de l’ignorance)

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 25 février 2015
 
Réalisateur: Alejandro Gonzales Iñárritu
 
Acteur: Michael Keaton, Zach Galifianakis, Edward Norton, Emma Stone…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


La puissance de la réalisation Iñárritu, des acteurs passionnés, et la pertinence d’un regard unique.

C'est un peu faible...


Immergé dans ce plan séquence infernal, certains égarés pourront en sortir épuisés…


0
Posté le 23 février 2015 par

 
Chronique
 
 

Connu pour un rôle de super-héros, Thomson veut faire ses preuves sur les planches de Broadway. Un projet fou à la mesure du Birdman qui habite toujours ses pensées…  Iñárritu envahit un théâtre de New York avec son sens unique de l’image. Regard sur la quête de reconnaissance, la vocation d’acteur, notre société de la réussite, Birdman est un diamant à nombreuses facettes.

R

iggan Thomson traîne comme un boulet le succès passé d’un personnage de super-héros. Décidé à être reconnu pour son talent et non un costume de Birdman, il prend tous les risques : il joue et met en scène une pièce à Broadway. Et si rien ne va comme prévu, il reste aux commandes. Car tous ignorent qu’il est vraiment un super-héros… Depuis Amours Chiennes,  Iñárritu n’a cessé de déclencher les passions. Par sa maîtrise technique, son ambition narrative, l’envergure de ses personnages, il excelle à nous piéger, nous emporter. Et il nous ravit à nouveau car son Birdman ne ressemble à aucun de ses précédents films, parvenant même à faire mentir sa bande-annonce, délice suprême. Ebouriffant, perturbant, Birdman suit un acteur au succès passé qui veut être reconnu pour lui-même dans les méandres délirants d’une Première à Broadway, mais aussi les obstacles que constituent des acteurs incontrôlables, des relations familiales délicates, des amours qui se consument, sans parler des conversations agitées avec un alter ego surnaturel… Se déroulant essentiellement dans les coulisses d’un théâtre, se composant comme une suite ininterrompue de plans-séquences, Birdman est un ballet incessant où les scènes s’enchaînent, une sorte d’ivresse nourrie d’angoisses qui vont du risible jusqu’au délire. De ce genre de mutant dont on rêve de découvrir le scénario, juste pour comprendre comment il est possible d’orchestrer une telle fièvre… Un tour de force livré à l’appétit d’acteurs magnifiques, Michael Keaton, Edward Norton et Zach Galifianakis en tête. Une œuvre d’autant plus déroutante que l’interprétation de ce tourbillon d’émotion reste ouverte.

Thomson est un homme piégé par les fantasmes de son époque au point de se croire super-héros. À moins qu’il ne le soit vraiment, parce que c’est exactement ce que l’on espère, le surhomme étant la dernière religion populaire, l’ultime mythe fédérateur. Mais les ailes de Birdman ne soufflent pas que sur les neurones de son propriétaire. Ce théâtre où chacun s’agite pourrait bien être la vie, et ce super-héros, chacun de nous.  Iñárritu en profite pour tourner en dérision les caractéristiques les plus décalées de notre société. Ainsi, ce très classique cauchemar qui hanta tant de dormeurs dès l’enfance, se retrouver en slip dans la rue, devient pour Thomson un argument majeur pour conquérir une nouvelle popularité sur les réseaux sociaux. Et puis comment comprendre ce Birdman qui le hante, l’invite à faire emploi de supers-pouvoirs aussi spectaculaires qu’accessoires, est-ce la manifestation de la schizophrénie ultime d’un acteur qui s’est trop identifié à un personnage ? À moins que nous ne soyons tous des héros, capables de changer le cours de nos vies, d’assumer des entreprises aussi dingues que porter à bout de bras une représentation théâtrale contre laquelle la terre entière semble se liguer. Comme le suggère le sous-titre du film, « La surprenante vertu de l’ignorance », c’est d’oser entreprendre tout ce qui n’est pas raisonnable, promis à l’échec, et ainsi dépasser les limites qui nous sont données. Parmi ces héros en perpétuelle quête de reconnaissance, il y a des super-héros, sans cesse confrontés à leurs peurs, sacrifiant leur vie à leur œuvre : les acteurs. Avec Birdman,  Iñárritu livre son plus vibrant hommage à ses créatures de cinéma qu’il ramène à la scène. Et que dire d’un réalisateur hors-norme qui ose se remettre en question et en danger à chaque film ? Rythmé par la BO du batteur Antonio Sanchez, osant la poésie d’un final qui bouleversera les uns et révoltera les autres, s’affranchissant des conventions pour réinventer à nouveau son cinéma, Iñárritu reste un inclassable. Merci.

Informations supplémentaires et l’avis Héroïque du Margouillat

BirdmanAfficheL’avis du Margouillat : Il y a ceux qui perpétuent des genres, entretiennent des cultes. Et puis ceux qui vont plus loin. Iñárritu est un explorateur, un réalisateur qui au travers de son sens unique de la narration, réinvente le cinéma à chaque film. Fascinant, délirant, son super-héros très humain est une prouesse de plus. Pour se laisser emporter, puis réfléchir longtemps après…
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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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