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Boyhood

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 23 juillet 2014
 
Réalisateur: Richard Linkater
 
Acteur: Ellar Coltrane, Patricia Arquette, Ethan Hawke, Lorelei Linklater…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.5
8.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


L’idée était formidable, sa réalisation est une totale réussite.


0
Posté le 23 juillet 2014 par

 
Chronique
 
 

Richard Linklater a souvent marqué le 7éme art par l’audace de son intelligence. Avec Boyhood, il associe le fond avec la forme, un tournage hors norme de 12 ans pour un film d’une sidérante simplicité, synthèse d’une vie saisie avec tant de sensibilité que l’on ne voit jamais les étapes d’un passé, mais le fil ininterrompu d’une vie qui passe. Remarquable

L

a vie n’est pas qu’une suite de drames et de bonheurs, d’amitié et de déménagements. C’est aussi une douce musique de petits instants précieux, de belles émotions, de déceptions, qui contribuent à nourrir une personnalité en devenir. C’est dans cet apprentissage intime que Mason  nous invite au fil des douze années suivant ses 6 ans… Ce que l’on retient en premier, forcément, c’est l’envergure folle de ce projet : retrouver chaque année un casting identique pour filmer, pendant 12 ans, la vie toute simple d’un gamin comme les autres. Et résumer une telle démarche en 2h40 d’images est déjà une prouesse ! Mais le plus marquant dans ce que l’on peut considérer comme le chef d’œuvre de Richard Linklater, c’est ce que le réalisateur choisit de filmer. Distillant juste assez d’anecdotes pour permettre au spectateur attentif de situer l’action dans le temps, se détournant des clichés rabâchés par tous les autres films sur la jeunesse, il fait preuve d’un talent unique, privilégiant un simple regard furtif, une conversation futile dans une voiture, un éclat de rire, tous ces petits moments de rien qui pourtant nous reviennent à jamais en mémoire. Fort d’un montage d’une habileté diabolique, soutenu par une bande originale exemplaire, le récit se construit là, sous nos yeux, si commun et pourtant si prenant que l’on n’hésite à quitter son fauteuil de peur rater… on ne sait quoi. Happé par cette vie qui défile devant nous, on se rend à peine compte que Ellar Coltrane, qui incarne Mason avec une réelle présence, grandit à vue d’œil.

Ce n’est pas la seule magie de Boyhood. Véritable épopée intime de l’apprentissage et de la famille, le film aurait dû être une célébration de la nostalgie. C’est tout le contraire. Donnant à son récit l’échelle bien réelle d’une enfance et d’une adolescence, Linklater abolit la notion du temps qui passe, et évacue avec une légèreté, toute d’émotion et d’humour, la notion même de nostalgie. Le passé n’est pas un souvenir, mais un élément dans une continuité sans cesse renouvelée, et d’une surprenante harmonie. Boyhood s’impose d’ailleurs à ce titre comme un « instantané » particulièrement ingénieux de cette insaisissable adolescence… Comme il y a des antihéros, Linklater à conçu une notion d’antiintrigue, qui n’annonce par de péripéties, ne révèle ses enjeux qu’au fil de sentiments partagés avec le spectateur, et semble s’inventer au long de la vie bien réelle des instigateurs de ce portrait de famille. C’est troublant et particulièrement fascinant, et l’on ne peut que saluer l’instinct de Richard Linklater d’avoir choisi un casting aussi bon, aussi fidèle pendant 12 ans. Patricia Arquette revient enfin avec un rôle à la mesure de sa poignante fragilité, Ethan Hawke fait preuve d’une solidité qui n’a d’égal que son naturel, et on salue ces deux belles découvertes que sont Ellar Coltrane, épatant héros malgré lui, et la piquante Lorelei Linklater, fille du réalisateur. Renvoyant aux confins du ridicule les artifices télévisuels qui vampirisent le pathétique quotidien, Boyhood est un tour de magie à vivre les yeux grands ouverts, une prouesse narrative qui vous fait inévitablement replonger dans votre propre parcours

Informations supplémentaires et l’avis Le temps pass trop vite du Margouillat

Photo pleine pageL’avis du Margouillat : Linklater est décidément un réalisateur à part, un esprit qui ose et nous ravit. Au-delà de la prouesse d’un tournage de 12 ans, il parvient par un montage admirable à faire disparaitre la notion du temps, l’image incarnant toujours le présent. C’est remarquable. Boyhood est une musique, ininterrompue et touchante, celle d’une vie qui grandit.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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