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Cake

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 5 avril 2015
 
Réalisateur: Daniel Barnz
 
Acteur: Jennifer Aniston, Adriana Barraza, Sam Worthington , Anna Kendrick...
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
3 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Parfaitement entourée, Jennifer Aniston trouve là son meilleur rôle, sans le moindre doute.

C'est un peu faible...


Nous sommes loin de Friends, c'est sur... mais c'est peut-être ce qui rend la performance aussi touchante, non?


0
Posté le 7 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Claire est invivable. Hantée par le drame qui l’a défigurée, torturée par sa dépendance aux médicaments, il faudra le suicide d’une quasi-inconnue pour que sa vie reprenne peut-être un sens… C’était le rôle que l’on espérait pour Jennifer Aniston. Coupée de son image, de son héritage comique, elle se montre tout entière, grinçante et impressionnante, détestable et bouleversante. Cake est à ne pas rater.

S

’il n’y avait sa femme de ménage, personne ne supporterait Claire. Elle porte sur le visage les traces du drame qui a brisé son destin, mais serait bien incapable d’en parler. Refusant de se réconcilier avec la vie, se réfugiant dans une consommation délirante d’antidouleurs, elle n’a de contacts qu’avec deux interlocutrices : la dévouée Silvana, et le fantôme de Nina, une ex-membre du groupe de parole dont Claire s’est fait virer à force de provocation… Comment ne pas aimer Jennifer Aniston ? Compte tenu de ce qu’elle nous apporté sur petit écran, et parfois sur le grand, c’est pratiquement impossible. Prisonnière de cet héritage parfois lourd à portée d’icône cathodique, on espérait bien qu’un rôle lui permettrait un jour de ne plus composer avec cette expérience pour se consacrer toute entière à un personnage qui la porte. Un passage qui devait se faire forcément sur le mode de cet humour qui lui indissociable, cassant, méchant. Un cynisme aussi gonflé que possible. Mais dans ce registre, il est difficile d’échapper à la farce, à la caricature, de ne pas sacrifier l’émotion et la profondeur. À moins de disparaître derrière une jumelle suffisamment imposante. Le personnage de Lucie donne à Jennifer Aniston un accès direct à la noirceur du vécu, celle où tout fait mal, même le rire.

Le rôle a fait renoncer plus d’une actrice parce qu’il impliquait de tourner sans maquillage. Un choix que Jennifer Aniston a tout de suite accepté, consciente de la liberté que ce manquement aux convenances lui offrait. Le visage couturé affichant des cicatrices presque aussi visibles que celles qu’elle a dans le cœur, l’actrice joue avec son apparence, se débarrasse de cette concurrence perpétuelle, d’une dictature du paraître qui amène tant d’actrices à trahir leur talent par l’artifice du physique. Pour Claire, l’actrice se met à nue jusque dans son jeu. Invivable, savoureusement infecte, méchamment drôle, elle porte un film qui est tout sauf larmoyant, et livre une émotion imparable lorsque celle-ci la trahit. L’humanité que Claire s’efforce de mépriser en elle habite ceux qu’elle croise. Dans le rôle de Silvana, Adriana Barraza parvient à être extrêmement touchante, apportant à ce curieux duo une crédibilité précieuse. L’autre personnage qui aurait pu être bancal c’est Roy, le mari de cette jeune femme qui s’est suicidé. Sam Worthington se montre très juste dans ce rôle délicat. N’oublions pas la contribution piquante de Anna Kendrick en fantôme persécuteur. Si la réalisation n’est pas la plus inventive, elle sert bien le récit. Une agréable façon de découvrir Daniel Barnz, réalisateur seulement connu chez nous du très moyen Sortilège, puisque ses deux précédents films, le sympathique Learning to fly (Won’t back down de son titre original !) et le très bon Phoebe in Wonderland, avec Elle Fanning, ne sont pas sortis en France. Cake offre à Jennifer Aniston sont plus beau rôle, et il est navrant de constater que le public américain, décontenancé par la métamorphose, ait boudé le film. Souhaitons que le public européen rende justice à ce film poignant.

Informations supplémentaires et avis bouleversé du margouillat

cake affiche
L’avis du margouillat : 
Jennifer Aniston avait plusieurs fois réussie à sortir de son personnage comique, mais jamais avec autant de force, d’implication personnelle. L’histoire est racontée avec énormément de pudeur, et le personnage de Claire, qui n’est que douleur jusqu’au bout de son humour assassin, une consécration pour l’actrice. Un film éminemment attachant.

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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