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Calvary

 
calvary
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Fiche Technique
 

Millésime: 26 Novembre 2014
 
Réalisateur: John Michael McDonagh
 
Acteur: Brendan Gleeson, Chris O’Dowd, Kelly Reilly, Aidan Gillen…
 
Nationalité: Irlandaise, Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.0
8/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Une interprétation parfaite, et une charge brillante sur les notions que l’église est censée incarner.

C'est un peu faible...


Certains seront déstabilisés par cet humour très particulier, ce rythme propre au réalisateur. Tant pis pour eux !


0
Posté le 24 novembre 2014 par

 
Chronique
 
 

Un prêtre se voit promettre une mort prochaine en confession. En même temps qu’il tente de trouver son futur assassin, sa foi et ses convictions sont attaquées de toute part… Le grand Brendan Gleeson nous embarque pour un chemin de croix mystique qui fait autant sourire que réfléchir. De l’humour vache, des acteurs épatants, et une réflexion sans pitié sur les valeurs que notre société sacrifie.

L

e père James est un prêtre sincère, humain, qui fait de son mieux pour aider des paroissiens tourmentés. L’un d’entre eux, ne supportant plus les horreurs subies dans son enfance, lui annonce en confession qu’il va payer pour tous les coupables, justement parce qu’il est innocent. Il le tuera dimanche prochain… Avec son préambule choc, Calvary aurait pu être un thriller ingénieusement décalé. Il est bien plus que cela. La promesse de la mort est le fil rouge de l’intrigue, mais pas l’essentiel. Cette annonce sert de révélateur aux questionnements de cet homme devenu prêtre sur le tard, de ses motivations et ses choix. Entre gestion des confits quotidiens et enquête discrète, c’est aussi le déclencheur d’une plongée parmi ses délirantes ouailles, une sacrée brochette de caricatures, chacun à la fois pêcheur et sincère à sa façon, et assassin potentiel. Mais tous pathétiquement humain et acharné à bousculer l’idéal de moralité du prêtre. Cet amalgame de désaccords, de moqueries, d’attaques, crée lentement et surement une véritable tension. Entre la rencontre avec une touriste française soudain veuve, seule incarnation d’une foi sincère, et la visite en prison à un serial killer abominable, le père James traverse toutes les strates du questionnement. Et au fil des 7 jours, passe par les étapes du deuil tel que formulées par la psychiatre Elizabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression, puis l’acceptation. Calvary imagine avec cruauté la théorie de la foi et de la bonté religieuse confrontée à la réalité de la condition humaine…

Comme le fait remarquer le réalisateur et scénariste, John Michael McDonagh (l’excellent L’Irlandais), la difficulté de ce suspens surprenant, c’est que son héros à tout d’un vrai héros par la simple qualité de son humanité. Il entend incarner toutes les valeurs que la société contemporaine s’accorde à mépriser, à dénigrer, à détruire à force de cynisme. Cet homme veut sincèrement accorder amour et compassion alors que chacun, à sa façon, lui explique que ces valeurs n’ont plus cours, jusqu’à remettre sa raison d’être en doute. Suffit-il d’adopter une religion, une philosophie de la bonté pour en être capable ? Et porter le poids des péchés d’autrui, quel sens cela peut-il avoir face à une application radicale de cette mission spirituelle ? Un récit savamment vache et en même temps profond dans ses réflexions, pour lequel il faut prendre en compte la colère qui habite les Anglo-saxons depuis les vagues épouvantables de révélation sur des drames pédophiles mettant en cause l’église. Ce trauma est encore violent, et marque ce film avec beaucoup de virulence.

En prêtre poussé dans ses limites, Brendan Gleeson est remarquable. Mais il faut ajouter qu’il est entouré de seconds rôles magnifiques. Kelly Reilly (Flight, Sherlock Holmes) apporte une touche de fragilité dans ce monde de cinglé en incarnant la fille dépressive du prêtre. Chris O’Dowd (Good Morning England, The Dinner, et découvrez à tout prix son adorable série Moone Boy !) campe parfaitement le boucher cocu cachant mal son désespoir. Le génial Dylan Moran (Shaun of the Dead, le libraire asocial de la série Black Books) incarne un homme d’affaires aussi riche que terriblement vide. Aiden Gillen (Les séries Games of Throne, Sur écoute, le génial tueur dans Blitz, …) est le parfait toubib antireligion, dépourvu de sensibilité a force d’horreurs. Isaach de Bankolé (Désordres, Casino Royale) incarne un mécanicien venu d’Afrique à la présence intrigante, accusatrice. Et n’oublions pas David Wilmot (‘71, la série Vikings) génial d’incapacité et de médiocrité dans le rôle du père Leary, qui nous rappelle parfois étrangement la série culte Father Ted… Riche d’âmes tourmentées et complexes, illustrant les contradictions morales de nos sociétés, Calvary est une comédie humaine dans le meilleur sens du terme, amère, drolatique et incisive.

Informations supplémentaires et l’avis La lumière fut du Margouillat

CalvaryL’avis du Margouillat : Entre humour noir et étrange chronique, le ton surprend après un préambule aussi puissant. Mais très vite il captive par la richesse des thèmes abordés. L’interprétation de Brendan Gleeson gagne en force tout au long de ce compte à rebours riche de sens. Il faut dire que tout le casting est succulent…

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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