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Capitaine Philips

 
Capitaine Philips
Capitaine Philips
Capitaine Philips

 
Fiche Technique
 

Millésime: 20 novembre 2013
 
Réalisateur: Paul Greengrass
 
Acteur: Tom Hanks, Barkhad Abdi, Chris Mukley, faysal Ahmed…
 
Nationalité: Americaine
 
Genre: ,
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.3
8.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Pas manichéen pour deux sous. Le traitement du sujet doit beaucoup à l'intelligence de Greengrass.

C'est un peu faible...


Les "malcomprenant" (souvent situés chez nos confrères) verront une propagande mal placée et l'opportunité de se mettre à contre-courant.


Posté le 25 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Lorsque des pirates somaliens ont abordé l’immense Maersk Alabama, deux mondes opposés se sont confrontés. Greengrass emploie l’efficacité du thriller pour saisir la réalité de l’équilibre mondial. C’est brillant et passionnant.

L

e porte-conteneur Maersk Alabama, croisant aux larges de la Somalie, devient la proie d’un équipage de pirates, le Capitaine Philips doit gérer une situation explosive qui va vite tous les dépasser… Le fait divers, survenu en 2009, a marqué les esprits de par sa symbolique: si de misérables pirates somaliens pouvaient s’emparer d’un bâtiment aussi immense, plus personne n’était à l’abris. S’inspirant du livre du Capitaine Philips, rescapé de sa prise d’otage, Paul Greengrass reprend méticuleusement le fil des péripéties pour construire un suspens imparable. Mais au-delà du suspens, il s’attache aussi à mettre tout ce qui fait que ce faits divers est si révélateur d’une ordre mondial. En préambule de cet affrontement, incarné par le capitaine du navie et le chef des pmirates, Greengrass s’attache avant tout à dessiner des personnages pertinents, crédibles, foncièrement humain. Pêcheur devenu pirate, Muse est un chef fascinant, jouant autant de son intelligence que de la terreur qu’il inspire. Barkhad Abdi est remarquable dans le rôle. Face à lui, champion des « monsieur tout le monde » du septième art, Tom Hanks nous impressionne encore, tout au long du suspens, avant de nous bouleverser définitivement dans l’intimité de la décompression. Conscients de leur rôle autant que de leurs limites, ces deux personnages cristallisent toute la puissance évocatrice du drame. Celle de deux mondes qui s’opposent, avec une sorte d’indécence. Celle de simples salariés confrontés avec terreur aux effets d’une mondialisation qui a abandonné des pêcheurs démunis aux mains d’organisations criminelles parfaitement rôdées.

Sans leçon de moral, s’attachant toujours à la dimension humaine du drame, Paul Greengrass fait naître à l’image une tension permanente. Une efficacité qui doit beaucoup à une méthode très personnelle et des conditions de tournage bien particulières. C’est dans un bâtiment en tout point semblable au Maersk Alabama et en pleine mer que s’est déroulé l’intégralité du tournage. Encadré par un véritable équipage, acteurs et techniciens ont dû s’accommoder des conditions de navigation et d’un décor particulièrement exigu, absolument pas adapté au déplacement d’une équipe de prise de vue! Des situations réelles qui bénéficient considérablement à la claustrophobie du suspens. Pour ajouter à la pression des acteurs, Paul Greengrass a tourné caméra à l’épaule, invitant ses acteurs chaque matin à décider de la scène à tourner sans définir de plan par plan ou de marquage au sol. La scène était ensuite tournée dans sa continuité, aussi longue soit-elle. Une approche instinctive qui fait merveille. Pour ajouter à la force des antagonismes, le réalisateur a fait en sorte de limiter tout contact entre  équipage et pirates avant leur rencontre dans le film… Un tournage extrêmement réactif, qui reposait sur une vision qui elle n’avait rien d’improvisée. Pour convenir du style du film, Greengrass et son monteur Christopher Rouse ont été jusqu’à créer des animatiques pour avoir une idée parfaitement précise de ce que seraient les scènes les plus intenses! Le résultat est remarquable. Un suspens intelligent, totalement prenant, et qui à chaque seconde rappelle que chaque protagoniste du drame est une pièce dans un plus grand drame, à l’échelle de la planète et de son ordre économique. Le film de la semaine, sans nul doute.

Informations supplémentaires et l’avis Albator du Margouillat

Affiche de Capitaine philipsL’avis du Margouillat : Quand le maître d’oeuvre de la saga Jason Bourne adapte un fait réel, ça n’est pas seulement pour nous servir un redoutable suspens, mais surtout pour décrypter au travers de ces événements une réalité plus large, plus pertinente. Celle d’un ordre mondial qui ne fonctionne que pour une partie de la planète. Le thriller n’est plus seulement efficace, il devient intelligent.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...