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Caprice

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 22 avril 2015
 
Réalisateur: Emmanuel Mouret
 
Acteur: Emmanuel Mouret, Virgine Efira, Anais Demoustier, Laurent Stocker...
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
5.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
6.0
6/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Mouret continue de conjuguer sa grammaire de la tendre romance. Intemporel et charmant.

C'est un peu faible...


Ceux qui ne partagent pas cette carte du tendre risquent de ne pas accrocher...


0
Posté le 24 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

carpriceafficheLe bonheur inespéré d’un instit avec l’actrice de ses rêves est mis en péril par l’envahissante Caprice, qui s’éprend follement de lui… Emmanuel Mouret explore son univers poétique et romantique avec un charme indéniable. Et si son personnage d’éternel candide reste toujours léger, à la limite d’être transparent, Virgine Efira et Anaïs Demoustier mènent la danse des sentiments.

I

l n’y a pas plus paisible que Clément. Instituteur apprécié, papa attentionné, il s’entend même avec le compagnon de son ex-femme. Son seul rêve sortant de l’ordinaire, c’est sa passion pour une grande actrice qui… va tomber amoureuse de lui. Un rêve éveillé que va venir mettre en péril une apprentie comédienne volcanique, la bien nommée Caprice… Personne n’a dit que la comédie romantique était un genre facile. Enfin, si. Certains le prétendent avec assurance, blasés qu’ils sont de ces coeurs ne battant qu’à l’unisson d’un scénario, et pas à celui de leur époque. La comédie romantique est prompte à s’arranger de la réalité, et c’est sûrement le plus gros défaut que l’on puisse reprocher au dernier film de Emmanuel Mouret. Mais Mouret est de ces raconteurs qui ont créé un univers qui leur est propre, et s’y tiennent avec tendresse et obstination. Intemporel et insensible aux maux de son temps, Mouret incarne à nouveau son premier rôle, comme ses maîtres Guitry et Woody Allen. Un candide attentionné et maladroit, un cousin de cœur du François Perrin version Pierre Richard. Un naïf attachant dont les malheurs donneraient envie de danser. En fait, son instituteur est victime de son bonheur, et les catastrophes lui tombent dessus comme une pluie de rose. Confortable jusque dans ses émois, les enjeux restent très légers. C’est la recette de ce raconteur lunaire, et c’est en cela qu’il nous touche, nous amuse. Et peut aussi agacer avec la même constance…

Le trio amoureux est la géométrie la plus récurrente des antagonismes et des peines de cœur qui, avec un peu de chance, finissent mal. Emmanuel Mouret, lui, s’acharne à ce que l’on ne puisse surtout détester personne, et que l’on apprécie chacun. Son trio amoureux est montré du point de vue du veinard, de celui qui, déjà stupéfait d’avoir déniché le bonheur de ses rêves, n’en revient pas plus quand une jeunette craque pour sa bonhomie de quadragénaire pataud. Mais attention, le quiproquo fait son office. Le personnage ne pourrait souffrir de la noirceur d’une trahison. Noirceur qu’il épargne du reste à tous ses personnages, même au copain directeur, qui aurait bien voulu, qui y pense un peu quand même, mais qui finalement retrouvera le chemin du logis. Le relief de ce rêve éveillé pour incorrigible rêveur est apporté par ses deux actrices. Virginie Efira campe avec conviction et justesse une actrice qui cultive la méfiance pour trop connaître le succès. Face à elle, parfaitement crédible et savamment peste, Anaïs Demoustier secoue tout ce petit monde par son énergie explosive. Objectivement, cette harmonie qui plane peut exaspérer les accros du crédible, les dépourvus d’illusions du palpitant. Mais pour qui cherche un répit, une bulle, un petit bonheur simple et sans plus de conséquences qu’une belle aquarelle de Sempé, Caprice à des douceurs de fruit confit, des attentions d’adolescent émerveillé qui distille de jolies saveurs.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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