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Cartel

 
cartel-film
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Ridley Scott
 
Acteur: Michael Fassbender, Javier Bardem, Brad Pitt, Cameron Diaz...
 
Nationalité: américain/britannique/espagnol
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
6 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Cartel privilégie les dialogues à l'action pour parler d'ambition, de choix dangereux, et de prix à payer.

C'est un peu faible...


Noir et profond pour certains terriblement ennuyeux pour d'autres.


Posté le 13 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Cartel ne raconte pas une simple histoire de mafia. Grâce à son héros anonyme, c’est notre propre fascination pour l’argent facile qu’il illustre. Et les conséquences des choix qu’il implique…

I

ncarnation de la réussite, l’avocat de personnalités du crime a trouvé la femme de sa vie. Pour s’offrir les moyens d’une vie de luxe, il s’investit personnellement dans le trafic de drogue. Sous-estiment un monde qu’il croit maîtriser, le conseiller des puissants va vite se trouver dépassé par les conséquences de sa naïveté… Ne nous y trompons pas ! L’intrigue a tout du thriller, avec règlement de comptes sauvages et manigances machiavéliques, mais cette partition classique n’est qu’un cadre, un décor pour illustrer notre propre relation à l’argent facile, à l’appât du gain que notre société glorifie au-delà de la morale. Une véritable audace pour un réalisateur qui n’a plus rien à prouver à personne: Ridley Scott. Lorsqu’il adapte le premier scénario original écrit par Cormac McCarthy (No Country for Old Men, La Route, Child of god…), Scott ne répond pas au Trafic de Soderbergh, comme le laisse pernicieusement présumer le titre français. Le titre original est plus clair : The counselor. Avocat séduisant vivant nettement au-dessus de ses moyens, ce juriste conseille des individus aussi puissants que peu recommandables. Par fascination, par envie, par besoin, celui qui se joue des lois va se trouver totalement démuni lorsqu’il devra payer le prix de ses choix. Piégé par ce confort dans lequel sa conscience s’est endormie, le personnage anonyme incarné Michael Fassbender est n’importe lequel d’entre nous face à la tentation.

Cartel tient de la tragédie grecque, chaque personnage incarnant une facette presque caricaturale de ce jeu morbide.

Notre société compose volontiers avec une dimension criminelle, respectable au-delà d’un certain seuil de richesse, au point que l’argent facile est devenu l’apanage de la réussite. Scott et McCarthy entendent rappeler le véritable prix de cette fascination. Si l’on joue du flingue dans Cartel, ça n’est qu’un accessoire. L’illustration des effets d’une mécanique qui cache son vrai visage. Déclenchant la colère de ceux qui attendaient un simple film d’action sur fond de mafia, Scott zappe ainsi volontairement plusieurs scènes prometteuses, pour faire intervenir une conversation, une confession. Ça n’est pas tant ce que font les personnages qui importe, mais ce que leurs actes impliquent. Cartel tient de la tragédie grecque, chaque personnage incarnant une facette presque caricaturale de ce jeu morbide. L’avocat est le candide, aussi victime que coupable, l’ingénu qui se ment à lui-même et révèle au prix fort la réalité du monde qui l’entoure. Et mis à part Laura/Penelope Cruz, l’innocente sacrifiée, il n’y a autour de l’avocat que des acteurs du mal, conscients de leur rôle et de leur destin. Il y a le mal amical et séducteur, Reiner/Javier Bardem, l’avocat du diable, pragmatique et lucide, Westray/Brad Pitt, et puis le mal incarné, Malkina/Cameron Diaz, se moquant de l’espoir d’une rédemption jusque dans le confessionnal d’une église. Avec Jefe/ Ruben Blades, le mafieux hors d’atteinte, nous avons même le philosophe du mal, livrant pour tout secours à notre candide désespéré un discours presque surréaliste de beauté. Pratiquement chaque scène revêt dès lors une symbolique, un sens qui méritent d’être interprétés, à l’exemple de l’entrevue de l’avocat avec le joaillier. Ou comment le diamant le plus pur, symbole hors de prix d’un amour sincère, devient le signal d’alerte d’un choix fatal, d’un jeu d’illusions mortelles. Budget modeste pour le réalisateur de Prometheus – 23 millions de dollars-, Cartel aurait presque pu donner matière à une pièce de théâtre tant il se consacre au texte de McCarthy et au talent des acteurs. Un casting de luxe qui ne gâche pas son plaisir: Cameron Diaz surprend par sa composition sulfureuse. Déconcertant, bavard, soporifique pour tous ceux qui espéraient un thriller bien classique, Cartel est un film ambitieux et d’une profondeur étonnante. De la philosophie de genre.

Et en cadeau pour vous, quelques scènes coupées sur notre chaîne YouTube

Informations supplémentaires et l’avis Je vais me poudrer le nez du Margouillat

Cartel afficheL’avis du Margouillat : Pour ceux qui espèrent un petit frère à American Gangster, il risque d’y avoir de la déception dans l’air ! Mais pour qui attend de Ridley Scott de faire preuve d’audace, la surprise peut-être savoureuse. Film d’acteurs -et quels acteurs !-. L’argent à un prix, surtout lorsqu’il est gagné dans le sang…

 

 

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...