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Daddy Cool

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 8 juillet 2015
 
Réalisateur: Maya Forbes
 
Acteur: Mark Ruffalo, Zoe Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide...
 
Nationalité: Américain
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Traité avec tant d'énergie une sujet aussi délicat est le plus beau message d'amour que la réalisatrice pouvait envoyer à ses parents

C'est un peu faible...


Les allergiques à Ruffalo, s'il y en a, feront la tête. Mais tous les autres vont adorer!


0
Posté le 17 juillet 2015 par

 
Chronique
 
 

daddyManiaco-dépressif, Cameron s’efforce de garder sa famille. Sa chance lui est donnée lorsque sa compagne reprend ses études loin de Boston : il doit prendre en charge leurs deux filles… En faisant le portrait d’une famille dont le père est bipolaire, Daddy Cool fait mieux que dédramatiser un sujet grave. Inspirée et respirant le vécu, cette chronique familiale est une bouffée d’énergie positive, délivrée par des acteurs formidables. Un coup de coeur.

C

ameron Stuart est un père aimant, un compagnon dévoué, mais sa conduite est parfois totalement ingérable, au point que sa famille doit s’éloigner de lui. Diagnostiqué bipolaire, Cameron prend des médicaments pour tempérer ses phases maniaco-dépressives. Des efforts sincères qui vont prendre une forme très réelle : pour améliorer leur vie, Maggie a décidé de reprendre ses études à New York. Et n’a d’autres choix que de confier ses filles à leur père quand elle s’absente de Boston… Du Larry Sanders Show au dernier volet du Journal d’un dégonflé en passant par Monstres et Aliens, Maya Forbes est une scénariste spécialiste de la comédie. Mais lorsqu’elle passe pour la première fois derrière la caméra, elle s’attaque à un sujet qui n’a rien d’amusant : la psychose maniacodépressive. Car sa première réalisation est l’opportunité pour elle de revenir sur sa propre enfance, et l’expérience unique d’avoir grandi avec un père bipolaire. C’est pour cette raison qu’elle place l’action de son film dans les années 70, une époque où le trouble bipolaire commençait seulement à être cerné. Et elle pousse l’identification au point de confier à sa propre fille le rôle de la fille aînée de Cameron, le sien dans la fiction… Le thème laisse peu de place à la comédie, et pourtant. Ce qui fait toute la différence dans la démarche de Maya Forbes, c’est qu’elle fait là un film non pas sur un trouble psychologique, mais sur une enfance malgré tout heureuse, baignée d’amour.

Pour avoir vécu ce syndrome au plus prêt, pour avoir vu son héros de père devenir un être dépressif, imprévisible, elle donne une image totalement décomplexée de la bipolarité, non pas comme un ressort dramatique ou un désastre irrémédiable, mais une donnée du quotidien, avec laquelle il faut vivre et composer, en toute conscience et sans rien ignorer de ses désagréments. Un portrait de famille pétillant de fraîcheur et de justesse parce que chaque personnage ajoute son empreinte à la véracité du récit. Dotées d’une solide personnalité, les deux fillettes sont volontiers des petits diables profitant de la situation. Paumé dans ses sautes d’humeur, mais armé d’une volonté inébranlable, Cameron illustre son combat perpétuel, dépeint avec un humour jamais gratuit. Et le rôle de Maggie, la mère, apporte une facette de plus à la pertinence du portrait : celui de la femme qui reprend ses études, laissant la maison à l’homme, une situation très inhabituelle dans les 70. Et qui devra affronter la recherche d‘un travail en rapport avec sa qualification… ce qui n’a hélas pas encore disparu. Habile, la réalisatrice sait si bien présenter les choses que parfois, le regard des autres sur ce couple aux rôles inversés semble plus grave que celui sur les comportements surprenants de Cameron… Pour servir son film, Maya Forbes a composé un casting irréprochable. Les deux fillettes sont épatantes, sa fille faisant des débuts très prometteurs. Zoe Saldana incarne une Maggie craquante, surtout dans sa capacité à exprimer son amour pour ce type impossible, même dans les moments les plus délicats. Et puis bien sûr, Mark Ruffalo est génial dans le personnage de Cameron, jonglant entre émotion et humour sans jamais tomber dans l’exagération ou le ridicule. Grâce à eux, on y croit tout de suite, et on se sent étrangement bien avec cette drôle de famille qui respire la tendresse et l’amour. On en sort heureux. Avec ce premier film, Maya Forbes adresse un message d’amour poignant à ses parents, et rappelle qu’une enfance aussi particulière peut aussi être heureuse et inspirer de belles vies. Maya est scénariste et désormais réalisatrice, et sa soeur est la chanteuse de Pink Martini…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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