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Dark Places

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 5 avril 2015
 
Réalisateur: Gilles Paquet-Brenner
 
Acteur: Charlize Theron, Nicolas Hoult, Tye Sheridan, Chloë Grace Moretz...
 
Nationalité: Américain, français
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Une atmosphère prenante, une construction efficace, et un casting très convaincant, Charlize Theron en tête!

C'est un peu faible...


On peut regretter que certains aspects de l'histoire, et du livre, soient écartés. Mais le résultat reste cohérent.


0
Posté le 8 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

Libby est l’unique survivante du massacre de sa famille, pour lequel son frère est en prison. Un club d’enquêteurs amateurs va l’amener à affronter ce passé 30 ans plus tard… Dark Places est à l’image de sa belle affiche : léché, maîtrisé, il joue autant sur la noirceur du thriller que l’évocation d‘une Amérique des années 80, médiatiquement fascinée par ses démons. Un drame prenant et fort, porté par un casting à la hauteur de ses promesses. Charlize Theron est impeccable.

L

ibby Day a huit ans quand sa mère et ses sœurs sont massacrées dans leur ferme, en 1985. C’est son propre frère de 16 ans, Ben, qui paie pour ce crime atroce. Depuis, Libby vit des dons, de l’argent qu’elle obtient en exploitant son drame, tout pour limiter autant que possible ses contacts avec l’extérieur. Mais l’argent vient à manquer après 30 ans, d’autres meurtres atroces ont pris la vedette. Elle accepte donc l’invitation d’un club d’enquêteurs passionnés de crimes emblématiques. Et pour eux, le crime de la famille Day est une erreur judiciaire… Il est juste de préciser que l’auteur de ce Dark Places est la même que celle de Gone Girl. Mais il serait juste d’ajouter que ces deux polars de qualité ont une teneur bien différente. Ce que l’on apprécie. L’histoire de Libby Day, prisonnière de son atroce célébrité, orpheline de toute vie, coupée de son avenir comme de son passé, est un portrait de victime poignant. Se méfiant du moindre contact humain, il lui faut attendre 30 ans, et une bande d’enquêteurs amateurs un poil allumés, pour oser affronter son passé, y voir clair, et enfin se réapproprier sa vie. Une plongée dans le passé qui ressuscite aussi une Amérique en crise, obsédée par le fantasme d’une vague de satanisme gagnant sa jeunesse. Une enquête prenante, intense, qui est aussi un portrait très révélateur, avec en fond de traitement l’un des thèmes appréciés de l’auteur Gyllian Flynn, la déformation de la réalité et sa récupération par les médias.

Après la réussite de Elle s’appelait Sarah, le réalisateur de Gomes & Tavares, eh oui, confirme qu’il a tourné une page. Respectueux du livre de Flynn, il construit un thriller qui ne dévoile que lentement ses secrets. Et qui souffre même un peu des voies offertes et non exploitées. On regrette ainsi de ne pas passer plus de temps avec ce club de cinglé du crime mené par Nicolas Hoult ! Mais le choix est compréhensible et cohérent. Libby doit rester le cœur du récit, le regard déformé par lequel nous découvrons, nous comprenons. En dépit d’un recours constant à des flash-back, mécanique qui peut être très abrasive, la tension ne fait que s’amplifier, ajoutant un à un les acteurs du drame, qui apportent chacun leur dose de souffre. Face à Tye Sheridan, touchant en jeune Ben, Chloë Grace Moretz signe une composition saisissante. Répondant à l’impeccable Corey Stoll en Ben Adulte, Drea de Matteo et Andrea Roth incarnent des personnages très forts. La mise en image est elle-même réussie, évitant les envolées lyriques, les morceaux de bravoure oniriques qui nous auraient écartés de la noirceur de l’intrigue. Un équilibre qui profite sûrement du choix du chef opérateur, Barry Ackroyd, dont l’hyperréalisme faisait merveille dans Démineur, et qui a dû ici changer de registre. Une exécution irréprochable qui était vaine sans une Libby crédible. Bien qu’incarnant physiquement l’opposée du personnage tel que décrit dans le livre, la sculpturale Charlize Theron s’empare du rôle avec une conviction qui emballe dès la première scène. Un thriller inquiétant, angoissant, qui se détourne de tout manichéisme, remontant le fil des mensonges et des erreurs pour une vérité qui, si elle ne console en rien, permet juste de respirer à nouveau. A conseiller !

Informations supplémentaires et avis frissonnant du margouillat

darkplaces afficheL’avis du margouillat : L’histoire est d’autant plus prenante qu’elle offre un écho d’autres faits divers épouvantables, et des dérives d’une Amérique fascinée par ses peurs. Un récit maitrisé, tendu, habilement monté et porté par Charlize Theron, qui fait en quelques scènes oublier le peu de ressemblance qu’elle a avec le perso du livre ! Vivement conseillé.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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