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Démolition

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 6 avril 2016
 
Réalisateur: Jean-Marc Vallée
 
Acteur: Jake Gyllenhaal, Naomi Watts, Chris Cooper, Judah Lewis...
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Un propos archiclassique abordé avec inspiration, une étrange poésie, et une infinie tendresse pour les personnages.

C'est un peu faible...


Célébrer la destruction pour meubler l'apathie peut dérouter. Mais il suffit d'y réfléchir un peu...


0
Posté le 14 avril 2016 par

 
Chronique
 
 

demolitionaffiche

D

avis sort indemne d’un accident de voiture. Pas sa femme, qui conduisait. Et il semble totalement insensible à ce qui lui arrive. C’est pourtant tout l’inverse. Cet évènement inattendu, absurde, agit sur lui comme une révélation décapante, terriblement cruelle, mais en même temps incroyablement libératrice. Dès lors, tout ce qui compose son quotidien entièrement orchestré lui est étranger. Lui qui incarne l’image de la réussite en réalise toutes les vaines intentions, le manque de sens, les mensonges. En se glissant dans le chaos de son personnage, Jean-Marc Vallée illustre très finement ce sentiment de vide qu’entraîne le deuil. Cette étrange ivresse, entre jubilation et détresse absolue. Un déséquilibre libérateur, que l’on pourrait prendre pour une folie si le personnage de Jake Gyllenhaal, comme toujours impeccable, ne savait nous entraîner avec sensibilité dans sa logique, sa lucidité, son détachement de tout. Car pour comprendre ce qui lui arrive, Davis doit aller au fond des choses. Aussi va-t-il se mettre à démonter les choses dans l’espoir de les comprendre, les objets comme les lieux ou les relations avec les autres. Détruire va devenir sa passion, son mode d’expression. S’il ne va pas jusqu’à se détruire physiquement, c’est sûrement parce que le hasard met sur sa route une oreille attentive. À la faveur d’une rencontre absurde et savoureuse, il rencontre une femme et son fils, eux-mêmes en quête d’un équilibre. Naomi Watts et le remarquable Judah Lewis vont devenir non pas sa planche de salut, mais son port d’attache. Et lui-même, par sa simple présence et sa déroutante logique, va faire basculer leur existence. Car pendant qu’il ravage, Davis se reconstruit. Tout cela aurait pu aboutir à une belle aventure romantique bien formatée, mais heureusement pour nous et pour Davis, Jean-Marc Vallée est un raconteur d’une autre trempe. Avec une vibrante tendresse pour son héros et ceux qui l’entourent – dont le grand Chris Cooper en beau-père – Vallée raconte à sa façon le ravage du deuil, et ce qu’il peut entraîner. C’est brillant, intrigant, et très touchant. Et en même temps, c’est réellement… rafraîchissant. C’est un sentiment étrange compte tenu du thème abordé, mais le parcours accompli par Davis est ici un voyage positif, un acte constructif, là où tant d’autres se sont bornés à traquer l’exercice du malheur et les stigmates du désespoir. On nous épargne le happy-end formaté de la famille reconstituée, mais c’est bien une sorte de fin heureuse qui conclue l’expérience. Avec une invitation à vivre demain pour mieux se souvenir d’hier, et se retrouver soi-même. On les quitte tous à regret.

et on ne résiste pas au plaisir de voir l’ami Jake partir en live en public…


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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