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Des abeilles et des hommes

 
des abeilles et des hommes
des abeilles et des hommes
des abeilles et des hommes

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Markus Imhoof
 
Acteur: Charles Berling
 
Nationalité: Autrichien , allemand
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.3
8.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Les images, la narration instructive sont le miel de cette oeuvre intelligemment pédagogique.

C'est un peu faible...


Notre triste mine en sortant du cinéma... mais que devient notre planète...


0
Posté le 22 février 2013 par

 
Chronique
 
 

Constructif, spectaculaire et bouleversant, ce documentaire dresse un état des lieux comme jamais auparavant. On ne pourra pas dire que l’on ne savait pas.

On sait désormais que l’abeille est un « pollinisateur » essentiel à la survie de la planète. Grâce à ses récoltes, qu’elle essaime au fil de ses tournées, les millions d’abeilles de chaque ruche font renaître sans cesse fleurs, fruits, légumes, soit une part essentielle de ce qui constitue l’alimentation de l’humanité. Depuis 15 ans, les scientifiques assistent pourtant à un cataclysme annoncé : 50% à 90% des abeilles ont ni plus ni moins disparues. Elles disparaissent par milliards sur toute la planète, victimes de maladies, de parasites, mais aussi abandonnant leurs ruches sans trace de prédateur. Un constat terrifiant longtemps repoussé loin des premières pages par les intérêts des industriels, dont la responsabilité est terrible. L’alerte a été donnée, une prise de conscience soutenue notamment par voie de documentaires avec des films comme Pollen de Disney nature, qui présentait particulièrement le rôle pollinisateur de l’abeille. Avec son film, Markus Imhoof se montre à la fois plus rigoureux et plus pertinent. De ce genre de plongée didactique dans la réalité dont nous avons un urgent besoin.

Des abeilles et des hommes n’est pas un simple brûlot alarmiste

D’abord parce que le réalisateur remet l’abeille au cœur de son film, lui donne la vedette, un visage, la beauté et la qualité des images de ces infatigables travailleuses sont admirables. Une fascination et une grâce qui offre un parfait contraste avec l’effroi des faits énoncés. Pour autant, Des abeilles et des hommes n’est pas un simple brûlot alarmiste. Au contraire, la construction de l’exposé est particulièrement cohérent et constructif. Retournant à l’image d’Epinal de l’apiculteur des montagnes, soignant une à une ses ruches, il oppose la réalité industrielle de ces apiculteurs itinérants américains qui vont féconder les champs à longueur d’année, parlant avec un cynisme assumé de « l’argent des abeilles », et non du bienfait de créatures vivantes. L’abeille est indispensable, vitale, mais n’est plus qu’un rouage d’une industrie conditionnée par la notion de rentabilité. Remontant dans l’histoire et explorant les habitudes industrielles prises par l’homme au fil des siècles, Imhoof est peut-être le premier à mettre vraiment en image ce que l’on a fait des abeilles. Il esquisse un saisissant instantané de la façon dont l’homme a soumis, perverti, abusé d’un cadeau de la nature. La violence ahurissante des traitements auquel on soumet ces objets vivants que sont les abeilles dépasse l’entendement.

Jouant de la beauté de ses images et des témoignages révélateurs d’intervenants qui ne sont jamais dupes de la réalité, même s’ils s’efforcent de n’en rien laisser paraître, Imhoof ajoute une approche scientifique qui ne cesse de révéler la richesse de la ruche. On nous dévoile le fonctionnement unique d’une entité unique composé de millions d’êtres, les capacités encore à découvrir de créatures capables de réflexion, de prendre des décisions, et même d’émotion. Les carnages qu’implique notre cupidité apparaissent alors plus encore comme l’infamie la plus abjecte. Car le constat est très lourd, sans besoin d’en rajouter. On découvre ainsi que l’immense majorité des abeilles encore vivantes est sous médicament, que leur miel est systématiquement pollué, et que des régions entières vivent déjà sans abeilles, comme ces apiculteurs de Chine, privés par les délires de Mao d’oiseaux et donc d’insectes, et forcés d’assurer eux-même une illusoire pollinisation… Poursuivant son enquête, Imhoof n’en reste pas là. Il bataille contre les idées reçues avec des révélations stupéfiantes sur les abeilles qui survivent, celles qui se rebellent et font peur : les fameuses abeilles tueuses échappées d’un laboratoire d’Amérique du sud et qui ont colonisé le continent en terrifiant les hommes. Il s’offre même une précieuse réunion de famille en Australie, territoire isolé où vivent les dernières abeilles sauvages qui pourraient nous sauver à l’avenir… Imhoof parle de son film comme d’une version abeille des Temps Modernes de Chaplin. C’est extrêmement vrai.

Informations supplémentaires et l’avis qui fait le buzz du margouillat

des abeilles et des hommesL’avis du Margouillat : Un film qui mérite de faire le buzz… Complet, très riche, superbe et souvent très émouvant, ce documentaire est à montrer à tous, et au plus vite.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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