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Des chevaux et des hommes

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 2014
 
Réalisateur: Benedikt Erlingsson
 
Acteur: Ingvar Eggert Sigurosson, Charlotte Boving, Helgi Björnsson, Sigridur Maria Egilsdottir…
 
Nationalité: Islande
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un ton étonnant, une vraie richesse humaine, et une passion communicative pour cette vie en extérieur à dos de cheval.

C'est un peu faible...


Ceux qui ne sont pas sensibles à la beauté des paysages nordiques ou à leur sens de l’humour noir pourront s’abstenir…


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Posté le 29 août 2014 par

 
Chronique
 
 

Benedikt Erlingssson voulait saisir le rapport entre l’homme et le cheval, si précieux aux Islandais. Mais il fait bien plus. Avec un humour cruel et savoureux, c’est un peu de la mentalité Islandaise qu’il illustre par une galerie de portraits et d’instants, émouvants ou drôles. Et en partageant sa passion du cheval, il nous envoie un galvanisant coup de vent de son île.

Dans une minuscule bourgade où l’on a plus coutume de s’épier que de se parler, rien ne se fait sans le cheval. Les grands moments de la vie, les drames comme les bonheurs… Benedikt Erligsson est un touche à tout de la narration. Auteur, acteur, metteur en scène, producteur, au théâtre comme à la télévision ou au cinéma, son travail est reconnu depuis longtemps. C’est pourtant la première fois qu’il réalise un long métrage, et cette première a tout d’une révélation, dont l’intensité s’impose dès son affiche. Se considérant plus conteur traditionnel que réalisateur au sens propre, Erligsson a conçu un portrait des siens totalement orignal, et esthétiquement fascinant, s’appuyant sur une certitude : « plus les gens sont distants physiquement plus ils sont curieux les uns des autres ». Le poids des conventions qui habitent les islandais devient alors un argument de mise en scène. Et ce tout petit monde de la vallée, isolé de tout mais ménageant soigneusement les distances entre individus, devient alors un remarquable petit théâtre, propre et désuet, souvent montré avec un humour qui doit autant à la tendresse qu’à la cruauté. Toujours à la limite de l’harmonie et du drame, cette société des hommes apparait engoncée dans ses conventions, ses certitudes, et ne dispose pour sortir du cadre que d’une échappatoire, un prolongement magnifique : le cheval.

La présence du cheval parmi les hommes, essentielle et indissociable, agit comme un vocabulaire pour cette société refermée sur elle-même et ses règles de vie étriquées, un lien sensuel et vibrant d’énergie dans cette chronique des humains qui ont tant de mal à communiquer. Avec un sens du théâtre inné, Erlingsson pose les pièces de son échiquier humain dans ce décor magnifique, jouant de cet accord magique avec les chevaux pour les révéler, les faire s’évader. Il alterne ainsi des scènes étonnantes avec des instantanés à l’humour savoureux, souvent assassin, et des malheurs hautement dosés en dérision. D’une harmonie de tableau, ce portrait de groupe à pied et en sabot illustre une communion avec la nature, mais consacre aussi le rôle essentiel des femmes de caractère dans un cadre aux machos bien amochés. Un ensemble qui possède un charme réellement unique, porté par des décors d’une beauté fascinante, et cet amour pour les chevaux partagé par tous. On en ressort régénéré par cette vigueur, par ce sentiment de liberté si contradictoire avec tant de silence et de distance. Et avec le sentiment d’avoir un peu mieux saisi la mentalité des Islandais, ce qui n’est pas une moindre prouesse.

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

deschevaux-et-des-hommesL’avis du Margouillat : On les juge froids, secrets. Mais ça bouillonne sous la distance polie des Islandais. Et c’est avec une vraie gourmandise qu’ils se montrent sous leurs jours les plus pathétiques, les plus risibles. Dans le même temps, ils nous communiquent leur amour passionnel pour leurs compagnons à quatre pattes et les étendues sauvages. Un vrai petit bonheur.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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