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Django Unchained

 
Django Unchained
Django Unchained
Django Unchained

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2012
 
Réalisateur: Quentin Tarentino
 
Acteur: Jamie Foxx, Leonardo Di Caprio, Christophe Waltz
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
9.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
9.5


 
Notre note
9.1
9.1/10


Note des lecteurs
5 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Scénario, mise en scène, jeu d'acteur, rien ne manque ; une grande réussite

C'est un peu faible...


Le genre western va refleurir pour le meilleur et pour le pire, surtout que Quentin vient de faire le meilleur !


0
Posté le 18 janvier 2013 par

 
Chronique
 
 

Replaçant l’héritage de l’esclavage au cœur de cette relecture méticuleuse du western « spaghetti », le cinéma de Tarantino ne cesse de gagner en maturité et en mordant. Aux anges, ses acteurs profitent de rôles à la mesure de leur talent. Jouissif !

L

es chaînes aux pieds, des esclaves traversent des paysages enneigés, sous la surveillance de geôliers sans pitié. Un calvaire qui connaît un épisode inattendu. Alors que la colonne de prisonniers s’arrête, une carriole bringuebalante surmontée d’une grosse dent vient vers eux. À son bord, le très poli Dr King Schultz, qui tente d’expliquer à l’escorte armée qu’un de leurs esclaves, un dénommé Django, l’intéresse au plus haut point, et qu’il entend les en débarrasser au meilleur prix. Devant la mauvaise volonté des tortionnaires, le Dr Schultz se débarrasse sans ménagement de leur compagnie et part avec Django, laissant aux autres esclaves la clef de leurs chaînes et le soin de s’occuper des survivants… Chasseur de prime, le distingué Dr Schultz traque les frères Brittle, mais ne connaît pas le visage de ces trois assassins. Pour avoir souffert sous leurs ordres dans une plantation, Django est celui qui peut les reconnaître. Schultz fait donc un marché avec l’esclave : s’il l’aide à retrouver les frères Brittle, Schultz lui offre la liberté. Le marché entre les deux hommes se change en amitié, consacrée par une association des plus inhabituelle pour l’époque…

Avec ce simple prénom, c’est tout un genre que Tarantino embrasse avec une affection passionnée. Car Django est plus qu’une étoile de la série B italienne, popularisé par le personnage créé par Franco Nero. Énorme succès en salles, il s’est imposé comme un symbole de ce western violent et impertinent venu d’Italie qui, repoussant les limites, condamna au ringard le modèle américain si propre et moral. Comme se souvient l’acteur Christoph Waltz, Django devint indissociable d’une grande part des affiches de westerns en Allemagne et en Autriche, même lorsque le personnage n’avait aucun rapport avec le film ! Avec Django Unchained, Tarantino rend un hommage à la hauteur de son admiration pour les deux Sergio, maîtres du western Spaghetti : Corbucci et Leone. Le film s’appela d’ailleurs pendant un temps « The angel, the bad and the wise »… Réalisé en décor naturels, soignant le détail de chaque photo et de chaque cadrage, Tarantino fait revivre un genre avec des images de toute beauté. Une histoire d’implacable vengeance et d’amitié inter-raciale au service d’une volonté dont il ne faut pas sous-estimer l’audace : l’action se déroule deux ans avant la Guerre de Sécession, Django le héros est noir, et l’essentiel de l’action se déroule au cœur d’une plantation où l’esclavage est la norme. Tarantino choisit à dessein la période qui fait fuir les scénaristes hollywoodiens, et tape là où ça fait mal. Comme on pouvait s’y attendre, la polémique s’est emparée des médias américains, de la colère de Spike Lee à l’embarras de la presse, à l’image de ce journaliste, coincé en direct par Samuel L. Jackson parce qu’incapable de dire le mot tabou de « Nègre »…

On aura pu reprocher à Inglorious basterds ses arrangements fantaisistes avec l’Histoire. Impossible de faire le même reproche à Django Unchained. Par le filtre malicieux d’un genre qui s’est toujours affranchi des censures, Tarantino livre l’un de ses scénarii les plus habiles et ingénieux, tout en conservant la cohérence de sa mythologie. Django et sa femme Broomhilda sont très officiellement les aïeux du détective Shaft ! Et pour incarner ce western intense, il enrichit un peu plus sa « dream team » d’acteurs. Nouveaux venus parfaitement à leur place, Jamie Fox est un Django formidable, affrontant un remarquable Leonardo DiCaprio, absolument effrayant en Calvin Candie. Candie peut compter sur le fidèle Stephen, incarné par Samuel L. Jackson, qui se livre là un numéro vraiment incroyable. Il est méconnaissable en archétype du bon nègre tel qu’Hollywood adorait les montrer, pour mieux faire voler la caricature en éclat. Une fois encore, Christoph Waltz se voit offrir un rôle sur mesure. Son personnage de Dr Schultze est un bijou du genre, équilibrant à lui seul la cruauté du récit par un sens de l’humour ravageur. Chaque second rôle est soigné comme un premier – épatant Don Johnson ! – et il est difficile d’identifier toutes les apparitions et caméos ! Le clin d’œil de Tarantino est hilarant, on compte un frère Carradine, Tom Savini est là aussi, mais on cherche encore Brad Pitt… En dépit d’avoir perdu deux collaborateurs fidèles – sa monteuse Sally Menke et son chef décorateur J. Michael Riva, tous deux décédés récemment – au terme du plus long tournage de sa carrière – 130 jours en tout ! – Quentin Tarantino signe un exercice de style de toute beauté, tant dans sa forme que son fond, parvenant magistralement à traiter un sujet délicat en passant du drame au suspens, de l’humour à l’action. Déjà nominé 5 fois aux Oscars, Django Unchained est à ne pas rater, même pour les plus allergiques à l’univers Tarantino. On peut d’ores et déjà prévoir un retour du western sur nos écrans…

Fiche technique et l’avis libéré du Margouillat

Django UnchainedL’avis du Margouillat : Si le style l’emportait parfois sur le scénario dans les films de Tarantino, cette fois, l’image et la parole se rejoignent dans une oeuvre que l’on n’oubliera pas.

Site : http://unchainedmovie.com/

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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