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Don Jon

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 25 décembre 2013
 
Réalisateur: Joseph Gordon-Levitt
 
Acteur: Joseph Gordon-Levitt, Scarlett Johansson, Julianne Moore, Tony Danza…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Un regard acide et pertinent qui ne fait la morale à personne.

C'est un peu faible...


Alors ce n'est pas un remake de American Pie?


Posté le 28 décembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Se jouant du trivial et du vulgaire, Joseph Gordon-Levitt surprend ses contemporains en plein plaisir solitaire. Incorrect et malin, il déboulonne quelques clichés et retrouve du sens à l’amour. Pas mal pour un premier long métrage

Ils ne sont pas si nombreux ceux qui ont survécu à une enfance d’acteur. Joseph Gordon-Levitt est un exemple en la matière. À force de choix avisés et de belles ambitions, il a su apparaître dans les blockbusters qui comptent (Dark Knight Rises, GI Joe, Inception) et montrer tout son talent dans des productions plus modestes (Looper, 500 jours ensemble, 50/50…). À la tête d’une maison de production communautaire, JGL a déjà signé des courts et des documentaires, mais cette fois, il franchit le pas du premier long métrage, qu’il écrit, réalise et joue. Et choisit un thème glissant au possible : le plaisir solitaire du porno dans une société hypersexualisée. Mais pour notre plus grand plaisir, il fait preuve d’une belle intelligence pour traiter d’un fait de société délicat. Si l’humour est savoureusement incorrect, si le ton fonctionne à merveille, Don Jon nous touche parce qu’il montre bien plus que l’addiction au plaisir solitaire et à une sexualité aussi virtuelle qu’envahissante. Notre quête de confort et d’idéal nous mène à tout réduire à l’état d’objet, et à leur préférer le contact avec l’autre, cette réalité si compliquée. Ainsi, Don Jon s’entoure d’objet, qu’il s’agisse de son appartement, de sa voiture, de son propre corps bodybuildé ou de la jouissance elle-même. La musique du PC qui s’allume en devient plus sexy que les mots doux de ses rencontres féminines. Et tout fini dans un mouchoir en papier…

Le sexe est l’objet du siècle, omniprésent, systématique, industrialisé, et hautement rentable. Accessible d’un clic, rassurant, c’est l’objet de consommation absolu. Sous la comédie féroce, Jospeh Gordon-Levitt à la finesse d’utiliser l’addiction de Don Jon, le macho incarné, pour révéler celle des autres. Despote superbe et exaspérante, Scarlett Johansson incarne un autre mensonge des sentiments : celle qui s’est rêvée son amour, et entend modeler l’homme de son choix à cette image. Un fantasme qui n’est pas moins décalé que les délires pornographiques du web. Racontée avec une belle pertinence, cette relation illustre à merveille comment certains couples se constituent avec sincérité, mais pour de mauvaises raisons… Sans jamais se moquer ou dénigrer ses personnages, prenant la morale religieuse à son propre piège, JGL évoque même le creuset de ces certitudes avec un savoureux portrait de famille, mené tambour battant par un Tony Danza réjouissant. JGL en vient enfin au cœur du problème : l’amour. Parachevant son démontage de cliché, il ose rappeler l’essentiel : l’amour n’est pas inné, ne s’achète pas d’un clic. Il s’apprend au contact de l’autre, en donnant autant que l’on reçoit. C’est là qu’intervient le personnage particulièrement touchant interprété par Julianne Moore. Autant que la douleur et l’échec, elle rappelle que l’expérience est la clef de cet épanouissement. Don Jon aurait pu être trivial et vulgaire. Finement pensé, bien réalisé et interprété, le film dévoile bien plus de richesse qu’espéré, confirmant le talent de Joseph Gordon-Levitt devant comme derrière la caméra. Un film vivement conseillé donc !

Informations supplémentaires et l’avis 5 contre 1 du Margouillat

Don JonL’avis du Margouillat : Grâce une comédie sans excès de gras, Joseph Gordon-Levitt nous épargne le portrait de la misère sexuelle contemporaine pour emmener son personnage vers une quête sincère de l’amour. Bien plus malin qu’espéré, c’est très drôle et joyeusement incorrect.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...