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Drug War

 
Drug-war
Drug-war
Drug-war

 
Fiche Technique
 

Millésime: DVD et BluRay aux éditions Metropolitan Video – Collection HK
 
Réalisateur: Johnny To
 
Acteur: Louis Koo, Honglei Sun, Yi Huang, Michele Ye…
 
Nationalité: Chinoise, Hong Kongaise
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
3 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Intrigues croisées, coup de bravoures et décors inédits ont de quoi rassasier le fan.

C'est un peu faible...


Par ses excès dans le jeu comme les situations, on peut parfois être décontenancé…


0
Posté le 27 juin 2014 par

 
Chronique
 
 

En quittant Hong Kong, Johnny To change la donne de ce polar qu’il maîtrise si bien et raconte le trafic de drogue dans un décor vierge, jonglant entre références hollywoodiennes et sensibilité purement chinoise. Un thriller surprenant, déstabilisant parfois, à découvrir en DVD.

A

rrêté après l’explosion de son laboratoire de stupéfiant, Tian Ming est assuré de subir la peine capitale en Chine. Le trafiquant de drogue n’a qu’un seul salut : collaborer avec la brigade antidrogue de Zhang Lei… Touche à tout insatiable, sortant jusqu’à quatre films en une seule année, Johnny To s’est imposé comme un pilier du polar asiatique à son plus haut niveau. On lui doit des références telles que The mission, PTU, Breaking News, Running out of time ou encore Élection. Drug War est sa dernière audace en date, et bien que récompensée par le Grand prix du festival de Beaune, le film n’aura pas les honneurs d’une sortie en salle. Est-ce à dire qu’il souffre de la comparaison avec ses précédents succès ? Drug War n’est peut-être pas un chef-d’œuvre, mais plutôt un thriller mutant qui tient une place bien à part dans sa carrière. Et sa sortie en DVD nous permet de le comprendre. Drug War surprend d’abord par son décor. Loin des ruelles sombres et des buildings high-tech de Hong Kong, c’est sur les autoroutes immenses de la Chine que s’éparpillent les protagonistes de l’histoire, avant de se traquer d’hôtels de prestige en port de pêche. Une ouverture que le réalisateur accompagne d’un traitement de l’histoire qui peut surprendre. Expert dans l’art de repousser les limites d’un genre qu’il maitrise en esthète, ce changement de cadre semble être pour lui l’occasion d’utiliser les influences extérieures. Multipliant les unités d’action, distillant les indices liant les uns aux autres, sa façon de filmer tient parfois autant de lui que de Michael Mann ou de Scorcese. S’offrant quelques prouesses dont il a le secret, l’assaut de l’entrepôt des sourds-muets restant un bijou en la matière,  il fait le choix d’une étrange surenchère jusqu’à un ambitieux final totalement excessif, presque caricatural, et en cela plutôt jouissif.

Drug War est l’affrontement entre deux hommes prêt à tout pour atteindre leur but, l’un garant de la justice, l’autre adoptant la voix du crime. Louis Koo dans le rôle du trafiquant et Honglei Sun dans celui du flic livrent des prestations formidables. Un jeu de dupe à la morale très théâtrale, jouant d’un héroïsme au chevaleresque très chinois, un surjeu qui pourra désarçonner. Oubliés les flingues avec une puissance de feu de porte-avion. Ici, ça tire énormément, les balles atteignent souvent leur but, mais la mort ne vient que très lentement. Et si le gentil meurt sans jamais céder, le méchant ne survit que pour mieux payer ses fautes. Le mal incarné, lui, s’avère plus insaisissable que tous : il a tous les visages, même celui d’un paisible vieillard, d’un couple charmant. La drogue est le diable, et justifie un système judiciaire implacable, ce qui pourra en déranger plus d’un. C’est dans un second temps que toute l’audace de ce thriller aux allures inhabituelles prend sa valeur de mutant. Johnny To a tourné ces gunfights délirants et ces poursuites échevelées non pas à Hong Kong ou Macao, mais dans le décor démesuré de la Chine. Pour donner un exemple, même un film aussi bienveillant que Le promeneur d’oiseau a du faire une concession à la censure : la panne d’un car, suggérant le mauvais état d’une ligne de transport de l’état, a du être raccourcie… Avec Drug War, Johnny To démonte de façon spectaculaire un immense trafic de drogue dans un pays où la version officielle en nie toute existence, et où la possession de 50 grammes d’héroïne vous condamne à mort. Qu’il ait pu tourner pareille intrigue sur le territoire chinois laisse pantois. Et l’on murmure qu’une pareille liberté ne sera pas accordée à nouveau de sitôt… Pour ce qu’il est, ce qu’il suggère, ce qu’il ose, et parce qu’il reste un thriller fascinant, le DVD de Drug War est vivement conseillé.

Informations supplémentaires et l’avis Tard du Margouillat

drug_warL’avis du Margouillat : Johnnie To a toujours mis la barre très haute avec ses thrillers, mais celui se démarque de toute évidence de sa production. C’est lorsque l’on comprend qu’il a tourné cette course poursuite furieuse en Chine que l’on prend la mesure de l’entreprise et de son inspiration…


watchingmachine

 
watchingmachine
Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.


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