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El Limpiador

 
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Fiche Technique
 

Millésime: 18 décembre 2013
 
Réalisateur: Adrian Saba
 
Acteur: Victor Prada, AdrianDu Bois, Miguel Iza, Carlos Gassols…
 
Nationalité: Péruvienne
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


L'apocalypse selon Saba se fait en humanité, ni effets spéciaux, ni scène de panique.

C'est un peu faible...


Qu'on se le dise, le rythme est lent, certains se tourneront les pouces.


Posté le 17 décembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Assommés de fins du monde en cinémascope que nous sommes, cette apocalypse-là touche et séduit. Ou comment l’humanité peut se réveiller à l’ombre de la mort dans le plus sec des cœurs. Un premier film étonnant venu du Pérou.

D

ans un Lima frappé par une épidémie terrible, Eusebio enlève les cadavres. Et un jour tombe sur un gamin vivant. Ne trouvant personne auprès de qui s’en débarrasser, il va devoir chercher lui-même sa famille… Ça n’est plus un genre cinématographique, c’est une industrie. Plus notre planète donne des signes de détresse, plus notre appétit d’apocalypse grandit. Pour attiser le feu de cette trouille et de mauvaise conscience, tout est bon. Désastres climatiques gaguesques, débarquements crétins d’extraterrestres, invasion de morts-vivants et autres zombies malpolis, pandémies farceuses… Les artisans des effets spéciaux ne savent plus où donner de la palette graphique, engloutissant les budgets les plus indécents dans cette débâcle de réalismes malsains. Pour son premier long métrage, Adrian Saba fait tout ce qu’il ne faut pas faire. Pas d’effets spéciaux, pas de scènes de paniques, de drames spectaculaires incluant, dans un ordre non précisé, héros valeureux, explosion de voiture et usage d’arme à feu. La fin du monde de Saba s’écoule comme un fleuve tranquille, dans lequel son héros tremperait ses pieds. Réduisant les effets d’une épidémie terrible à des images étonnantes d’un Lima désert et quelques décors très raisonnablement ensanglantés, Saba s’échine au contraire à ne montrer que les vivants, un peu égarés, mais toujours polis. Des antihéros qui s’efforcent de continuer à vivre malgré tout, même si la mort peut les faucher en quelques heures.

Pathétique, presque antipathique, parfaitement incarné par Victor Prada, Eusebio nous touche par l’immensité de sa solitude. Sa rencontre avec Joaquin, le gamin orphelin, est d’abord vécue comme un désagrément, une épreuve. Avant d’opérer sur Eusebio la terrible mutation qui touche tous ceux contraints de rencontrer leurs semblables. Celui qui ne s’occupe que de cadavres redécouvre qu’il peut s’inquiéter pour un autre que lui, quitte à ne plus se souvenir de ce qui lui semblait si essentiel dans sa solitude. Il s’en trouve bousculé au point de se souvenir qu’il a eu lui aussi des êtres chers. Et plus il cherche une famille à cet enfant, moins il désire atteindre son but, auquel son esprit pragmatique le contraint malgré tout. Touchant, habile, faussement détaché, ce film illustre deux maladies contradictoires. La première est inspirée de la Suette anglaise qui a fait des milliers de victimes au XVe siècle. La seconde s’attrape au contact des autres et s’appelle la chaleur humaine. L’une tue, l’autre fait vivre. Une parabole discrète qui pose implicitement une question toute bête : faut-il attendre la fin pour prendre conscience de l’essentiel ? Apocalypse intime, la fin du monde de Saba ne parle que d’humanité à retrouver.

Informations supplémentaire et l’avis La fin approche du Margouillat

el LimpiadorL’avis du Margouillat : Tellement plus judicieux que les apocalypses pour faire peur ou pour distraire, le désastre suggéré de El Limpiador montre un cœur qui se remet à battre par surprise. Et nous invite à penser au nôtre, tout simplement. Un premier film brillant.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...