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Être

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 10 juin 2015
 
Réalisateur: Fara Sene
 
Acteur: Bruno Solo, Salim Kechiouche, Djena Tsimba, Benjamin Ramon
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.5
6.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


C'est ambitieux, pas trop prévisible, et la conviction des acteurs y fait beaucoup.

C'est un peu faible...


La tension du rythme connait des aléas, et certains personnages auraient mérité d'être approfondis.


0
Posté le 11 juin 2015 par

 
Chronique
 
 

EtreAfficheEn l’espace de 24 heures vont se croiser les destins de François le flic, Ester la fille de bonne famille, Mohamed le mécano, Sabrina l’infirmière, Christian le futur boulanger, Sophie la SDF… L’exercice du « film chorale » est aussi tentant qu’il est délicat. Parce qu’il a su composer son casting et qu’il parvient à nous surprendre, Fara Sene s’en tire bien. Un premier long métrage non sans défaut, mais attachant.

C

hacun sa vie, chacun son malaise. Entre son quotidien de flic et une vie de famille à l’arrêt, François tient du bout des ongles. Ester porte sa différence par la couleur de sa peau, et les conflits constants avec ses parents adoptifs. Christian sait déjà qu’il reprendra la boulangerie familiale. Mais il étouffe et file à Paris. Et puis il y a Sophie qui n’espère plus rien, et observe le monde, invisible comme tout SDF. En 24 heures, leurs destins vont se croiser et tout sera bouleversé… L’ex-basketteur s’est déjà fait une petite réputation avec des courts métrages remarqués. Fara Sene a constitué autour de lui une tribu de cinéma dont il s’entoure pour son premier long. Le titre, Être, ne manque pas d’ambition, tout comme son choix de narration. Revendiquant l’inspiration d’Inarritu et de Haggis, il s’emploie au délicat exercice de broderie entremêlant les fils de plusieurs vies jusqu’à un nœud commun et décisif. La démarche a le défaut de sa qualité : s’il entrecroise les destins en suivant le parcours de chacun, il empêche à l’inverse de s’attarder plus particulièrement sur l’un d’entre eux. Un équilibre de rythme qui repose sur l’intérêt suscité par les personnages, et la conviction du casting. S’il n’évite pas certaines longueurs, fragilisant parfois son rythme, Sene trouve un certain équilibre.

Le personnage de la SDF est fort, c’est celui qui peut considérer le monde et la vie des autres avec recul. Mais le temps qui lui est consacré limite cette présentation, son développement devenant parfois simpliste. C’est frustrant. A l’inverse, l’épatant Bruno Solo impose solidement sa partition, et révèle lentement le drame qui couve. Il donne le tempo, et on pourra être déçu par la conclusion que trouve son parcours, qui de toutes les chutes est peut-être la plus facultative. Avec son hésitation entre vie honnête et retour à ses habitudes de truand, Salim Kechiouche apporte avec réussite l’élément risque, ce danger qui peut tout faire basculer. L’autre atout de l’histoire est Djena Tsimba. Sa belle présence apporte du caractère à un ensemble de personnages qui manque parfois d’audace. Si on regrette de ne pas suivre plus l’un que l’autre, si la tension connaît des accidents, il faut reconnaître que Fara Sene maîtrise plutôt bien les articulations de son récit, suffisamment pour nous surprendre, évitant ainsi d’être trop prévisible. Soutenu par des acteurs très investis, Être compense ses défauts par sa sincérité, son énergie plaisante. Un premier long qui donne envie d’en voir plus du même réalisateur.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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