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Every Thing Will Be Fine

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 22 avril 2015
 
Réalisateur: Wim Wenders
 
Acteur: James Franco, Charlotte Gainsbourg, Rachel McAdams, Marie-Josée Croze...
 
Nationalité: Allemand , canadien , norvégien , français , suédois
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Wenders maîtrise son récit comme son image. Rien n'est superflu, tout à un sens.

C'est un peu faible...


L'apparente apathie des personnages et une certaine lenteur peuvent venir à bout des impatients


0
Posté le 21 avril 2015 par

 
Chronique
 
 

EVERYTHINGaffiche

Un drame terrible marque le destin d’un écrivain et d’une mère. L’onde de choc les poursuivra longtemps avant de vraiment se reconstruire… Le récit peut sembler décousu, trop détaché, tout comme le choix de tourner en relief un drame foncièrement intime. Il y a pourtant du sens à décrypter cette histoire dépouillée d’artifices par la caméra de Wim Wenders. Et la superbe musique de Desplat.

T

omas doute de sa plume, de sa relation avec sa compagne. Perdu dans une tempête de neige, un accident le ramène à la réalité. Mais le petit garçon est juste devant son pare-choc, à quelques centimètres de l’horreur. Il prend l’enfant sur ses épaules et le ramène chez lui. C’est une fois devant la mère de l’enfant qu’il va comprendre… Every Thing Will Be Fine. Tout va bien se passer. C’est le vilain mensonge que l’on se répète toujours. Celui des secours arrivés sur le drame. Celui des proches démunis. Mais aussi la petite musique des gouvernements qui comptent les désastres à venir sans faire grand-chose, pour peu que ce soit possible. C’est aussi ce que la petite voix dans notre tête nous répète, parce que sinon, on s’écroule. Avec ce film, Wenders aborde à sa façon les thèmes récurrents de notre époque : la culpabilité et l’impuissance. Et comment vivre avec. Il fut un temps où la culpabilité était l’arme des croyances, l’argument des instructions. Le nouveau siècle nous confronte sans cesse au résultat de nos actes et de nos conduites, de l’état de la planète à celui de l’humanité. Pour faire son deuil, il suffisait d’une bonne vengeance guerrière ou d’un messie. C’est désormais plus délicat. Comme pour Tomas, responsable d’un terrible accident, et Kate, mère endeuillée. Au lieu de se lamenter, de chercher un coupable, ils agissent en humain, en toute conscience que le destin est infect et irréparable. Avec comme seule consolation, seul espoir, la nature humaine.

Le film ouvre sur une mort injuste, et suit les détours que le deuil va prendre dans la vie de chacun avant de les libérer de son poids. Tomas n’a qu’un atout pour assumer et faire face : il écrit. Comme tous les écrivains, c’est en recyclant en fiction qu’il dépassera le trauma, jusqu’à l’insensibilité peut-être. Le film se demande si profiter ainsi de cette mort n’est pas amoral. Tout comme il est amoral d’aimer la vie et d’en profiter après avoir emporté celle du plus innocent. On ne fixe pas le prix à payer de ses fautes, même totalement accidentelles. C’est l’autre qui en décide. La mère pleure en silence, se remet en cause, mais n’accuse pas. La foi, cet autre enfant qui dort, ses dessins qui retiennent l’instant sont ses béquilles. Il lui faudra approcher la chaleur humaine de l’assassin pour abolir vraiment la colère. Une colère qui est un héritage pour cet autre enfant, hanté par les souvenirs tronqués de cette nuit atroce. Il faut alors à Tomas affronter, une fois de plus, en faisant confiance à l’autre. Le film de Wim Wenders peut apparaître en ce sens comme un vœu pieux. Celui qu’au bout de la douleur, le bon sens niché en chacun de nous permettra de comprendre, et à défaut d’excuser, de vivre au-delà. Et n’attendez pas de la 3D une dimension autre qu’humaine. Désarmé que l’on consacre l’hyper-précision de la technique aux seuls effets, Wim Wenders a voulu la consacrer à la précision du jeu et du cadre. Un argument conceptuel, une contingence technique, probablement plus pertinente pour ceux qui font le film que ceux qui le regarde, tant elle s’efface à notre vue. Every Thing Will Be Fine n’est pas le meilleur des Wenders, et pas le plus évident. Mais il mérite largement que l’on s’y plonge en confiance. James Franco, Charlotte Gainsbourg et Rachel McAdams y sont très justes, soutenus de bout en bout par une des plus belles partitions du moment, signée Alexandre Desplat.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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