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Evil Dead

 
evil dead
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Fede Alvarez
 
Acteur: Jane Levy, Shiloh Fernandez, Lou Taylor Pucci
 
Nationalité: Américain
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Le grand frisson reste, la nausée aussi ! Mais le grain trop propre casse une certaine forme d'épouvante.

C'est un peu faible...


Le manque d'argent pousse à la créativité, les moyens font céder à la facilité.


Posté le 1 mai 2013 par

 
Chronique
 
 

Film phare de l’horreur et du gore, le génial bricolage se voit offrir un remake avec la bénédiction de ses concepteurs. Si la version manque d’audace, le jeune Fede Alvarez s’en sort avec les honneurs, revendiquant le gore le plus spectaculaire !

V

oilà bien longtemps que David n’est pas revenu dans la cabane familiale, au cœur des bois. Il y débarque avec sa petite amie, Nathalie, et une visible appréhension. Marqué par une enfance terrible, il a fui les lieux à ses 18 ans, laissant derrière lui son passé, dont Olivia et Eric, des amis d’enfance qu’il retrouve enfin. Et puis sa sœur Mia, pour laquelle ils sont tous réunis. Restée seule auprès d’une mère malade, Mia a eu son lot de douleurs. Mais elle est décidée à s’en sortir. Elle a choisi cet endroit isolé pour, une fois de plus, tenter de se défaire de sa dépendance à la drogue, sous la surveillance de Olivia, infirmière de métier. Les jeunes gens retrouvent une cabane en piteux état dont la porte a été fracturée, mais le pire est sûrement l’odeur. C’est leur vieux chien qui en découvre l’origine. Sous le tapis, il y a une trappe, maculée de ce qui semble être du sang…

Comment retrouver la puissance de ce premier ovni quand les écrans ont été depuis mille fois couverts de sang par ses héritiers de pellicule 

En 1981, avec des moyens dérisoires et la motivation d’une bonne bande de copain, un tout jeune réalisateur franchit les bornes de la trouille. Bricolé avec génie et un sens innée de la narration, Sam Raimi signe un monument de l’horreur, Evil Dead, qui d’abord réservé à un réseau d’initiés, va s’imposer comme une oeuvre phare du genre. Et l’opportunité d’un remake tentait le trio fondateur depuis un bout de temps. Il faut dire que la version originale, totalement fauchée, avait été tournée en 16 millimètres et en mono. Et pour ne pas avoir été soumis à la censure, seule une soixantaine de copie avait été distribuée dans quelques salles. C’est la passion des fans, puis le passage en cassette vidéo qui propulsa le phénomène bien au-delà des espoirs des initiateurs du projet ! C’est donc à l’initiative de Sam Raimi, son producteur Rob Tapert et de l’acteur Bruce Campbell que cette nouvelle formule a été élaborée. Et pour dépoussiérer leur bébé avec les bienfaits de la technologie, les trois producteurs n’ont pas fait appel à un réalisateur reconnu. Ils ont choisi un petit nouveau venu d’Uruguay, Fede Alvarez. Celui-là même qui a mis la toile en émois en mettant en ligne « Ataque de panico! », un stupéfiant court-métrage filmant l’invasion de Montevideo par une armée de robots géants… En passant la main à un débutant, Evil Dead le remake entretient donc une belle tradition.

Refaire Evil Dead est une vraie gageure, car pour l’essentiel, le gore et l’horreur fonctionnent par la surenchère. Plus de sang, de perversion, de beurk et de sadisme. Et comment retrouver la puissance de ce premier ovni quand les écrans ont été depuis mille fois couverts de sang par ses héritiers de pellicule ? On pourra reprocher à Alvarez ne pas avoir été assez loin dans sa réécriture, de ne pas avoir osé autant qu’espéré. Mais son travail reste très honorable. Fan du film original et de ses inventeurs, Fede Alvarez se montre habile réalisateur et son scénario, s’il apparaît un peu trop léger, comporte néanmoins des innovations ingénieuses. L’idée du sevrage de Mia est bien trouvée, et on regrette que cette donnée ne soit plus exploitée. De même, la relation entre Mia et son frère et la folie de leur mère aurait dû prendre plus de place dans les angoisses grandissantes qui vont décimer le groupe. Pour ce qui est de reprendre les clichés imposés par le premier Evil Dead – cette nécessité de se séparer quand il faudrait rester coller les uns aux autres, cette terrible tentation de répondre aux appels de la cave… – il faut les considérer avec humour comme le respect d’une tradition. Car pour le reste, le film s’en donne à cœur joie dans le gore, assumé à son niveau le plus giclant ! On apprécie que Alvarez ait préféré les maquillages et les effets live aux trucages numériques. Cette énergie participe efficacement à la montée en adrénaline d’un final réussi. Deux gros bémols : une BO parfois étrange et la menace de coupes pour cause d’obtention aux USA du « rated R » – interdit aux moins de 17 ans. Il faudra donc peut-être attendre le Bluray pour découvrir toute l’horreur de la chose… Reste que l’inconnu réalisateur de courts-métrages, adoubé par le mythique trio du Evil Dead orignal, s’avère à la hauteur des espoirs placés en lui. Ceux qui n’ont jamais vu le premier devraient apprécier. Et on conseille aux initiés de rester jusqu’à la dernière seconde, pensée pour eux…

Informations supplémentaires et l’avis terrorisé du Margouillat

Evil deadL’avis du Margouillat : Le plus surprenant est que la version de 1981 filait encore plus les jetons. Mais n’y allez tout de même pas avec une tartiflette dans le ventre.

Site : http://www.evildead-movie.com/


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...