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Ex Machina

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 3 juin 2015
 
Réalisateur: Alex Garland
 
Acteur: Domhnall Gleeson, Alicia Vikander, Oscar Isaac, Sonoya Mizuno...
 
Nationalité: Britannique
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Parfaitement construit, le piège est déroutant, malsain parfois, et jusqu'au bout d'une belle pertinence.

C'est un peu faible...


On est fasciné, mais on peut regretter de ne pas en apprendre plus sur Caleb et Nathan...


0
Posté le 4 juin 2015 par

 
Chronique
 
 

ExMachinaAfficheCaleb gagne le grand concours : il va passer une semaine chez son employeur, un génie visionnaire de l’informatique. Mais il comprend vite que la chance et le hasard n’y sont pour rien… Premier film d’un scénariste apprécié, Ex-Machina est un suspens fascinant, doublé d’une réflexion captivante sur la création, la notion d’intelligence artificielle et la nature de l’humain. Un thriller SF brillant.

P

rogrammateur anonyme, Caleb décroche le gros lot : il est invité à vivre une semaine chez son employeur, l’énigmatique Nathan, un précurseur qui s’est isolé du monde pour poursuivre ses recherches. Plus qu’invité, Caleb se retrouve acteur du dernier projet de Nathan : développer la première intelligence artificielle… Alex Garland est de ceux dont on attendait impatiemment le passage à la réalisation. Producteur et scénariste du honteusement sous-estimé Dredd, Garland s’est fait connaître avant cela en signant les scénarios de La Plage, Sunshine et du formidable 28 jours plus tard. En passant derrière la caméra, il nous livre un vrai film de scénariste. Pensé, épuré, raffiné dans sa forme, Ex-Machina est un huis clos captivant d’une grande richesse. Pas de démesure ou d’égarement dans cet exercice maitrisé. Tout est construit autour de trois personnages redoutablement intelligents qui jouent l’un avec l’autre, entretenant le doute dès les premières minutes passées dans la froideur d’un laboratoire clos aux allures de villa luxueuse. De la même façon, le réalisateur fait un usage très avisé d’effets spéciaux particulièrement réussis. Entre créature bouleversante et écorchée terrifiante, il donne à la machine la fonction capitale de l’inconnue dans l’équation qui vise à définir non pas l’intelligence artificielle, mais la notion d’humanité.

Plutôt que de nous servir un cours de plus sur la robotique, Garland plonge le spectateur au cœur du sujet en utilisant habilement des références comme le test de Turing (voir notre Focus Blog sur Imitation Game !) ou la révolution artistique de Jackson Pollock. Les données « technologiques » sont ainsi cernées, et la question d’une intelligence programmée, ou plutôt construite, est bien présentée. Car Ava, le robot qui se débat avec sa propre identité, est avant tout l’élément perturbateur et révélateur de l’autre relation de pouvoir, de séduction et de haine : celle entre Caleb et Nathan. Tantôt outil, tantôt objet de fantasme, tantôt promesse, tantôt menace, Ava incarne tour à tour toutes les formes de nos espoirs et de nos craintes. Le film suit parfaitement cette mise en abîme, piégeant le spectateur et ses héros dans le trouble des sentiments. Plaçant judicieusement le sexe au cœur même de la notion d’apprentissage, Garland dessine avec une belle perversité la notion d’attirance sexuelle pour une machine. Un fantasme récurrent de notre imaginaire machiste qui prend ici un tour malsain au fil de scènes esthétiquement redoutables. La scène du strip-tease est aussi fascinante que terrifiante. Une envergure narrative portée par un casting à sa mesure. L’excellent Domhnall Gleeson a tôt fait de débarrasser son personnage du vernis de la naïveté pour trouver une gravité indispensable pour tenir la note face à Oscar Isaac qui, après son sacre dans A most violent year, hante le personnage de Nathan. Insaisissable, plastiquement fascinante, Alicia Wikander accomplit une performance qui ne vous sortira pas du crâne. Usant des outils du thriller psychologique, Ex Machina fait moins de la science fiction que de la prospective… En invitant la machine à débusquer la complexité et les faiblesses de l’humain, le film cerne un enjeu essentiel dans l’acquisition d’une intelligence autonome ou d’une personnalité : la nuance entre l’idéal et le but. Excellent.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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