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Exodus : Gods and Kings

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 24 Décembre 2014
 
Réalisateur: Ridley Scott
 
Acteur: Christian Bale, Joel Edgerton, John Turturo, Ben Kinglsey…
 
Nationalité: Américainz, Britannique, Espagnole
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Le savoir faire de Ridley Scott en impose et l’impact des plaies d’Égypte impressionne. Mais il y a peut-être plus à penser qu’à voir…

C'est un peu faible...


Le classique est un peu trop lisse, et le dépoussiérage du mythe relatif. A moins que les audaces nous échappent ?


0
Posté le 23 décembre 2014 par

 
Chronique
 
 

L’histoire de Moïse, qui libère le peuple esclave et le guide vers la terre promise, est à l’essence de nos croyances. Choisir d’en faire une nouvelle adaptation n’a donc rien d’innocent. Si la version de Ridley Scott semble sage, elle apporte des nuances dont les symboles méritent d’être interprétés. Du gros spectacle, mais peut-être pas seulement…

L

’héritage du pharaon Sethi repose sur quatre épaules. Celles de son fils, Ramsès, né pour devenir son successeur, et celles de Moïse, un fils adoptif dont la finesse de jugement est un atout pour l’exercice du pouvoir. Les deux frères s’accordent parfaitement, et à la mort de Sethi, chacun tient son rôle. C’est alors que Moïse découvre ses origines… Voilà une histoire qui n’est pas censée nous surprendre, tant elle nous a été racontée. Lorsqu’un réalisateur de l’envergure de Ridley Scott entreprend une nouvelle adaptation, on est cependant en droit de s’attendre à plus qu’un simple cours de catéchisme… Tous les morceaux de bravoure sont là, des plaies d’Égypte à la traversée de la mer Rouge. Et s’il est facile d’être fasciné par la mise en image soignée et des effets spéciaux assez redoutables, les audaces de la relecture de Sir Scott peuvent surprendre. Car l’exactitude historique n’est pas l’objectif majeur. La costumière s’est autant inspiré des archives des musées que du Andrei Roublev de Tarkovsy pour les armures des Égyptiens, et l’équipe des décors s’est plongée dans les méthodes de construction de l’époque, et s’est aussi inspirée des peintres romantiques français et britanniques pour élaborer les intérieurs… Le face à face entre Christian Bale et Joel Edgerton ne manque pas d’allure, mais indépendamment du talent du casting, l’interprétation elle-même reste classique, faisant implicitement référence au « classique populaire » de Cecil B. de Mille, le très Hollywoodien Les dix commandements. Les deux acteurs s’approprient ces rôles lourds de symboles en respectant les règles d’un livre d’image de référence, une interprétation occidentale assumée jusque dans le physique des acteurs.

Ce livre d’images fascine, mettant en vedette de « superbes » plaies d’Égypte à l’enchainement puissant. Un exercice cloisonné duquel Ridley Scott s’échappe par des ajouts, des partis-pris qu’il nous laisse interpréter. Les symboles religieux sont ainsi mis en retrait. Le buisson ardent fait de la figuration, et Le veau d’or apparait au loin d’un immense décor. Quant aux tables de la loi, elles n’apparaissent pas après le fracas d’un éclair divin. C’est Moïse lui-même qui les grave laborieusement, sous le regard bienveillant du messager de cette parole divine, incarné par un enfant. Un enfant au visage marqué de cicatrices récentes, imprévisible dans ses apparitions autant que ses décisions, et solidement interprété par le jeune Isaac Andrews. Car il en faut de la présence à 11 ans pour être crédible face à une Christian Bale en colère ! Avec un dieu au visage d’enfant, la volonté divine du premier testament s’assume tout entière : c’est un Dieu plein de colère, qui entend se venger dans le sang, et impose des épreuves épouvantables. La scène la plus forte en émotion étant celle de la dernière plaie d’Égypte, qui fait une fois de plus référence aux enfants… Dépourvue de miséricorde, cette vision désabusée de la religion abandonne les hommes à leur sort funeste. Non sans un humour inattendu. Si le conseiller de Ramsès s’évertue avec réussite à trouver l’explication logique à l’enchaînement des désastres, il n’en finit pas moins au même gibet que l’oracle de la cour… Et que dire de ce Moïse guerrier dans l’âme, qui n’était armé dans les textes que d’un simple bâton ? Quand vient le final spectaculaire de la Mer Morte, qui au lieu de s’ouvrir s’efface pour revenir tel un tsunami de triste mémoire, Moïse et Ramsès se font face en plein chaos, le glaive à la main, prêts à en découdre !

Exodus, un film d’action biblique ? Presque, mais pas à ce point. C’est là que se niche l’audace de Ridley Scott. Connaissant son public le plus important, un public américain élevé dans la religion, il conserve les jalons d’une populaire bible de cinéma pour y glisser ses nuances. Avec un pouvoir divin entre les mains d’un enfant, et un Moïse qui doute et bataille, se débattant seul avec cette apparition. On quitte la salle avec le sentiment persistant que si Ridley Scott sacrifie docilement à l’exercice d’une superproduction balisée, il se sert du classique pour en évoquer une autre histoire, révélée par ces pointes de caractères plus ou moins discrètes. À chacun d’interpréter ces aspérités inattendues. Et lorsque l’on sait que le montage original dépassait les 4 heures, on se demande s’il ne nous manque pas quelques clefs pour saisir la volonté du réalisateur pour ce film qui n’est pas son meilleur, mais est loin d’être le moins adroit. Peut-être se fait-on des idées, et qu’il n’y a rien à voir de plus que le spectacle qui nous est donné. En ce qui nous concerne, nous nous garderons bien de sous-estimer Ridley Scott…

Informations supplémentaires et l’avis Amer rouge du Margouillat

ExodusL’avis du margouillat : Celui qui avait créé l’évènement avec Gladiator s’attaque à une autre icône du péplum à forte connotation biblique. Assurant le spectacle, il se concentre sur les doutes et les douleurs des hommes plutôt que l’illustration explicite d’un tout puissant. Mais pimente son traitement de détails originaux que l’on peut s’essayer à interpréter…

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Petit animal fouineur et curieux : ce margouillat nous scrute et donne un avis toujours aussi péremptoire que subjectif. Bref, un journaliste... un vrai.


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