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Fastlife

 
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Fiche Technique
 

Millésime: Juillet 2014
 
Réalisateur: Thomas Ngijol
 
Acteur: Thomas Ngijol, Karole Rocher, Julien Boisselier, Yazid Aït Hamoudi…
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Acide, le règlement de compte avec la gloire ne manque pas de pertinence

C'est un peu faible...


Le récit se disperse parfois, quitte à ce que Thomas Ngijol en prenne trop sur ses épaules


0
Posté le 18 juillet 2014 par

 
Chronique
 
 

La gloire arrive aussi vite qu’elle s’en va. L’idée de rester juché sur ses épaules avec une vie à 100 à l’heure fait le bonheur des kiosques à journaux, mais pas forcément ceux qui en jouent le jeu. Victime et témoin de ce star-système, Thomas Ngijol règle ses comptes avec les paillettes de la Fastlife, et s’en tire plutôt bien.

P

arce qu’il a décroché par miracle une médaille, il y a quelques années, Franklin est devenu une star. Mais plus intéressé par l’éclat de cette gloire que par sa propre vie, il se retrouve accroc à une fastlife que seul son égo surdimensionné justifie… Pour la première fois, Ngijol est seul aux commandes, et consacre toute son énergie à un sujet qui le concerne intimement. Réalisateur et premier rôle, il a coécrit avec Mohamed Issolah un scénario qui fait directement écho à sa propre expérience. Cette Fastlife mythifiée, cette mégalo galopante, il en a été le jouet avant d’en prendre conscience à la faveur d’une « fête de trop » où il s’est découvert seul dans une foule qui ne le concernait pas. Si Fastlife se présente comme une comédie classique, ceux qui espèrent un festival de gag risquent une déception. Choisissant le destin météorique d’un sportif de haut niveau pour incarner le mirage de cette vie à toute vitesse, Ngijol s’offre une collection de clichés souvent bien vus pour démontrer son point de vue. Payant de sa personne avec une belle énergie, il prend un évident plaisir à doter son personnage de tous les défauts du mégalo pour mieux lui enfoncer la tête sous l’eau. C’est que Franklin n’en rate pas une, prétentieux et injuste, incapable de voir les prouesses accomplies par ses proches pour le supporter. Des éclats publics aux épanchements de rapeurs d’occasion, le champion finira de se ridiculiser, pris au piège de la « Fastlife » de l’info et des réseaux sociaux…

On sent bien que Thomas Ngijol a mis dans son personnage tous les travers qui lui font aujourd’hui horreur, leur renvoyant une autre réalité, celle de ceux qui ont su au besoin se servir de cette fastlife pour se construire en coulisse. C’est surement en faisant ce grand écart qu’il perd parfois son rythme, désireux de rendre hommage à ses modèles du monde du rap, rappelant avec tendresse ses racines africaines, fasciné par l’univers sportif. Chronique cynique d’une image très contemporaine de la réussite, Fastlife sait nous faire rire sans tomber dans la guignolade, rattrapé par le mauvais esprit féroce qui caractérise Ngijol, et de petites pointes d’émotions dont on lui excuse la facilité. Plus acide que comique, le portrait à charge profite aussi d’un entourage de caractère. Karole Rocher est impeccable en compagne lucide, tout comme Julien Boisselier en agent et frère d’adoption. Olivier Marchal s’éclate en beauf attachant, et Yazid Aït Hamoudi touche par sa justesse. Fastlife séduit parce qu’il est toujours plaisant de s’amuser au dépens d’un persifleur tel que Thomas Ngijol, mais c’est surtout par sa démarche d’humilité que le film fonctionne. Un premier film en solo certes imparfait, mais riche d’un bon esprit et de bonnes intentions.

Informations supplémentaires et l’avis Too fast du Margouillat

L’avis du Margouillat : Fastlife n’est pas une poilade primaire en écho au Jamel comedy club, c’est ce qui fait son intérêt. Les gags sont souvent drôles, mais ce qui plait, c’est cette vision acide d’un drogué de la reconnaissance, une gloire à laquelle il ne peut prétendre depuis longtemps. On devine qu’il y a du vécu derrière cette prise de conscience, et c’est ce qui donne son caractère à cette comédie douce-amère.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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