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Gravity

 
Gravity
Gravity
Gravity

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Alfonso Cuarón
 
Acteur: Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris
 
Nationalité: Américaine, Britannique
 
Genre:
 
Mise en scène
9.5


 
Scénario
9.0


 
Musique
9.0


 
Emotion
9.5


 
Notre note
9.3
9.3/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Gravity fascine par sa beauté, sa prouesse, avant de nous passionner, pris au piège de l'identification et de l'immersion.

C'est un peu faible...


Même Sandra Bullock montre un certain talent, comment dire du mal de ce film !


Posté le 23 octobre 2013 par

 
Chronique
 
 

Une odyssée humaine qui prend aux tripes et au cœur, Gravity est très dur à prendre en défaut.

E

ntre fébrilité et agacement, le Docteur Ryan Stone s’échine à faire fonctionner l’installation pour laquelle elle se trouve en orbite, flottant à quelques milliers de kilomètres au-dessus de la Terre. Chacun s’affaire autour de la station spatiale sous le commandement de Matt Kowalsky, véritable vétéran de l’espace qui profite là de son ultime mission. Testant les capacités d’un nouveau système de propulsion individuel, il échange avec la terre des considérations volontiers fantaisistes. Arrive une mission de sortie qui s’apparente à de la routine, jusqu’à ce que la base ne signale aux cosmonautes un risque potentiel, suite à la destruction d’un satellite. En quelques secondes, l’avis pour information devient une mise en garde d’urgence, mais il est déjà trop tard. Une pluie de déchets frappe la station orbitale de plein fouet. Paniquée, Stone se retrouve projetée dans le vide absolu de l’espace…

C’est cela la force de Gravity : un pitch gonflé, un argument intrigant, développé avec rigueur et inspiration, exécuté avec une remarquable maîtrise technique.

Trouver un avis négatif sur le dernier film d’Alfonso Cuaron relève de l’exploit. C’est un véritable concours de superlatifs dans la presse, une orgie de compliments confortée par une sortie dépassant toutes les prévisions. Le concert de louanges atteint de telles extrémités qu’on en serait gêné pour les autres films. Par soucis d’équité et parce que c’est un excellent moyen pour se faire remarquer, il est donc de notre devoir de dire du mal de Gravity. Voilà voilà. Premier défaut qui s’impose, si l’on excepte quelques vue de la Terre vue de très loin, l’histoire se déroule pour l’essentiel dans du rien. Celui-là même où l’on entend pas crier les Ripley en panique. Et je vous le demande, qu’y a t’il de plus enfantin que de filmer du rien ? À peu près… n’importe quoi d’autre. L’anachronisme ne manque pas de saveur. Alfonso Curaon s’est vite rendu compte que recréer le vide est un cauchemar avec les techniques traditionnelles. Pour être parfaitement réaliste, il fallait en passer par une combinaison inédite d’animation et d’image de synthèse, de maniements de marionnettiste, un véritable ballet graphique d’une telle précision que tout le film dû être conçu sur ordinateur à l’avance. Une prouesse technique et esthétique qui bluffe par sa précision et son intensité, usant du talent du réalisateur pour les plans séquences, et servie par une 3D assez exemplaire. L’Imax va beaucoup nous manquer pour jouir pleinement de cette expérience d’immersion parfois presque perturbante.

Mais ne nous égarons pas et venons-en au scénario, des plus symbolique, écrit par le réalisateur et son fils Jonas. Privé de tout secours, deux cosmonautes flottent dans le vide, leur logique scientifique élaborant une impossible survie se résumant à leur réserve en oxygène. Brodant sur le désastre reconnu des débris en orbite autour de la Terre, connu sous le nom de Syndrome de Kessler, voilà une histoire pleine de vide. Et que reste-t-il dans ce rien sans fin ? L’homme tout seul. Face à son passé, sa peur, la vie. Décidée à s’oublier à force de douleur, Stone se voit offrir la solitude de ses vœux, comme personne n’en a vécu. C’est un voyage vers l’humain qu’elle accomplit, avant d’en faire une odyssée de survie. Sans être démonstrative ou morale, la métaphore est parfaitement aboutie. L’intrigue s’autorise même un beau pied de nez pour tous ceux qui craignent l’intrusion d’un cliché à même de détruire ce bel équilibre… Quoi d’autre de négatif ? C’est la flic du si brillant Les Flingueuses qui officie en Dr Ryan ! Sandra Bullock disparaît dans la combinaison de la cosmonaute pour renaître de sa solitude au même titre que son personnage. Elle est formidable. La durée du film peut-être ? Neni. En 1h30 tout juste, Cuaron fait le tour de son sujet avec rigueur et efficacité. C’est cela la force de Gravity : un pitch gonflé, un argument intrigant, développé avec rigueur et inspiration, exécuté avec une remarquable maîtrise technique. En fait, si le film souffre d’un défaut, c’est avant tout de cette avalanche de superlatifs. En nous invitant dans l’intimité de la plus terrifiante solitude, Gravity est une expérience très personnelle. Et il serait vraiment dommage qu’à force d’en promettre au-delà de tout, un film pareil déçoive…

Informations supplémentaires et l’avis Personne ne l’entendra crier du Margouillat

Gravity L’avis du Margouillat : Cauchemar total des apéirophobes et autres achluophobes, servi par deux acteurs irréprochables, Gravity est un succès total.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...