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Fiche Technique
 

Millésime: 19 mars 2014
 
Réalisateur: Spike Jonze
 
Acteur: Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Amy Adams, Rooney Maria…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
9.0


 
Notre note
8.3
8.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Bouleversant, brillamment pensé, parfaitement construit, c’est un bijou.

C'est un peu faible...


On cherche encore…


Posté le 19 mars 2014 par

 
Chronique
 
 

Donnant à la notion d’amour virtuel sa représentation la plus bouleversante, Spike Jonze nous projette dans un passé proche où l’émotion fait plus que survivre à la technologie : elle en fait partie. Une love story poétique à part, doublée d’une réflexion prospective brillante. Superbe.

D

ans un vaste Los Angeles juste teinté d’anticipation, dans l’escalier remontant du métro, des passants se pressent. Ils parlent tous à leur petite oreillette, mais personne ne parle à personne. Ils ont l’air épanoui, heureux, occupé, mais remarquent à peine l’humain à côté d’eux. Ces courtes scènes que l’on saisit dans Her existent déjà dans notre quotidien, mais nous n’en pesons peut-être pas tout le poids. Avec son film, Spike Jonze boucle la boucle qui nous est promise, éradiquant l’humain de l’équation du couple, imaginant le correspondant artificiel parfait, à l’autre bout du fil et de l’idéal rêvé. Amoureux éperdu, Theodore Twombly s’est enfermé dans la solitude, inconsolable d’avoir perdu la femme de sa vie, mais aveugle quant aux raisons de cet échec. Pour répondre à cet isolement, Spike Jonze imagine un logiciel intelligent, qui apprend au contact de son propriétaire. Ça n’est pas de la science-fiction, mais de la prospective. Une question de temps pour les concepteurs déjà à l’oeuvre. Mais au lieu de parler de technologie, de pouvoir, Jonze ose mettre l’émotion au cœur du virtuel, le sentiment dans ce qu’il a de plus intime, de plus simple et bouleversant. Une communion qui va jusqu’à l‘amour, dans sa dimension quasi philosophique.

Sur le chemin de cette redécouverte, avec un humour qui ne manque pas de cruauté, le héros redécouvre l’infinie difficulté de composer avec l’autre, ce qu’il en coute de confronter à la réalité l’image que l’on s’en fait. On s’arrête à un idéal, oubliant trop souvent que l’autre évolue, change. S’est aussi une belle façon de rappeler que l’amour est déraisonnable par définition, si l’on se réfère à nos personnalités à jamais insatisfaites, égoïstes, angoissées. Aussi loin que la technologie nous mène, ce sont nos propres émois que nous retrouvons, simplement démultipliés par les modes de calcul… L’accumulation des équipements nous fait une armure de paraitre, qu’une industrie nous présente comme une panacée « fashion » contre la solitude. Mais c’est un jeu de dupe, que Spike Jonze illustre ici avec une poésie et une élégance bien personnelle, au fil d’une idylle bouleversante, aussi déconcertante qu’accessible. Jouant sur un étrange équilibre nostalgique, la conception des décors et des costumes n’est jamais encombrante, la musique est particulièrement réussie, et Joaquin Phoenix, très bien entouré, se montre aussi touchant qu’on pouvait l’espérer. Limpide, passionnant, le scénario de Spike Jonze apparait aussi intuitif pour le spectateur que le logiciel peut l’être pour Theodore… Et pour la belle performance de Scarlett Johannson, voix de Her, optez si possible pour une VOST !

Informations supplémentaires et l’avis I Love SIRI du Margouillat

HERL’avis du Margouillat : Relation amoureuse à l’heure de la solitude technologique, l’aventure sentimentale de Theodore nous éclaire autant sur notre mécanique du cœur que ce vers quoi nos sociétés nous emmène. Une œuvre prémonitoire et bouleversante, porté par le génial Joaquin Phoenix.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...