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Hitchcock

 
Hitchcock
Hitchcock
Hitchcock

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2012
 
Réalisateur: Sacha Gervasi
 
Acteur: Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansson
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Propre, amusant, oscarisable... les rôles féminins sont remarquables.

C'est un peu faible...


Le film se veut plus pédagogique que sombre et ne restitue pas clairement la complexité des personnage


0
Posté le 7 février 2013 par

 
Chronique
 
 

Ce portrait d’Hitchcock et de sa relation avec les femmes de sa vie ne manque pas de charme. Le numéro d’Anthony Hopkins est des plus amusant, mais l’évocation manque de profondeur. Reste Helen Mirren, impériale.

E

n 1959, après avoir signé 46 films, Alfred Hitchcock atteint un sommet dans son art avec La mort aux trousses. La série qu’il présente à la télévision en a fait un personnage extrêmement populaire. Mais maintenant, ce géant retombe dans les affres du doute comme chaque fois qu’il recherche la matière de son prochain film. Alma, sa femme, gère ce génie à l’humour froid, son obsession pour ses interprètes féminines, sa gourmandise endémique. Discrètement, elle s’efforce de lui proposer des projets dans le style qui a fait son succès. Mais Hitchcock veut changer, retrouver l’excitation de ses premières expériences. C’est alors qu’il découvre le livre écrit sur le serial killer Ed Gein. Un argument de film d’horreur primaire auquel il veut donner une ampleur inégalée. Mais personne, à commencer par les studios Paramount, ne soutient ce choix. Contre tous, Hitchcock tient bon, décidé à produire le film avec son argent, quitte à hypothéquer ce qu’il possède. Alors qu’un étrange dialogue s’installe entre Hitchcock et le fantôme de Eg Gein, le réalisateur commence à douter de son plus important appui, la discrète Alma…

le film parle de ce qui reste quand tous lui tournent le dos : ses obsessions, ses passions, et sa femme Alma

Sacha Gervais, le scénariste de The Terminal, est déjà passé derrière la caméra. Il a signé en 2010 un bijou de documentaire, Anvil, portrait savoureux de deux fondateurs oubliés du heavy metal. Pour sa première fiction, très proche de la réalité, il s’attaque à l’ambitieux portrait d’un monstre sacré, Alfred Hitchcock, saisi à un tournant de sa carrière. Le réalisateur britannique s’est illustré pendant près de trente ans dans un genre où l’aventure et le suspens se font avec élégance et charme. Changeant de style, il entend révolutionner un genre peu prestigieux : l’horreur. Un film culte qui sera suivi par un autre fleuron du genre, Les Oiseaux. Une entreprise difficile en laquelle il est le seul à croire, et qui cristallise tout son savoir-faire de faiseur d’image. Film indépendant tourné en 30 jours, le film coûte 1 million de dollars à Hitchcock, et en rapporte plus de 50… Mais ça n’est pas tant les coulisses de ce chef-d’œuvre que nous dévoile ce film que le Hitchcock privé. Et cela décevra forcément les inconditionnels. À l’heure où le maître du suspens remet tout en jeu, le film parle de ce qui reste quand tous lui tournent le dos : ses obsessions, ses passions, et sa femme Alma. L’intention est louable et agréablement mis en image, mais nous frustre sur les deux tableaux.

D’une part, il y a Psychose le film. Les affrontements de Hitchcock avec les cerbères de la censure, avec les pontes de la Paramount sont assez savoureux. Et si on aime voir se dévoiler la mécanique créative qui a mené à la redoutable scène de la douche, le film se montre chiche en anecdote de tournage. Plus dommageable, il évoque la relation malsaine qui s’établie entre un créateur et ses monstres pour créer un film tel que Psychose, la fascination du grand public pour l’abominable, mais l’évocation reste hélas superficielle. D’autre part, il y a Hitchcock et ses psychoses. Car c’est sa relation avec ses interprètes féminines, sa passion destructrices pour « ses » femmes qui est mise en avant, dévoilant une facette plus noire du personnage sans pour autant l’explorer avec la pertinence espéré. La grande vertu du film est de mettre sous la lumière ses deux « compagnes » de l’ombre : Peggy Robertson, son assistante et collaboratrice pendant 40 ans, incarnée avec tempérament par Toni Colette, et bien sûr sa femme Alma, dont le rôle longtemps sous-estimé est ici magnifié par l’impeccable Helen Mirren. Qui, pour juguler une cruelle absence d’archives sur la femme de Hitchcock, s’est inspirée de sa propre expérience, puisqu’elle est la femme du réalisateur Taylor Hackford…

S’il n’est pas aussi ambitieux qu’on l’aurait espéré, ce Hitchcock reste plaisant par le soin apporté à sa conception. On apprécie la reconstitution car, aussi étonnant que cela puisse paraître, il n’existe presque aucun document couleur du tournage de Psychose. On apprécie aussi que Gervais ait fait appel à Danny Elfman pour la musique, celui-là même qui avait retravaillé la fameuse partition de Bernard Hermann pour le remake de Gus Van Sant.
Jessica Biel est une énigmatique Vera Miles, rappelant une histoire tendue et mythique avec Hitch, et Scarlett Johanssen fait une Janet Leigh radieuse. Le plus savoureux pour les fans de l’acteur restant bien sur le numéro auquel se livre Anthony Hopkins, qui se glisse avec tendresse dans le personnage – VOST hautement conseillée ! – et parvient même parfois à faire oublier son maquillage.

Informations supplémentaires et l’avis terrifiant du Margouillat

hitchcockL’avis du Margouillat : Ca cabotine à l’écran, ca s’enduit de maquillage, ça court après les oscars et ça tente la psychanalyse facile d’un artiste qui méritait sans doute mieux.

Site : http://www.hitchcockthemovie.com/


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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