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Hungry Hearts

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 25 février 2015
 
Réalisateur: Saverio Costanzo
 
Acteur: Adam Driver, Alba Rohrwacher, Roberta Maxwell, Al Roffe…
 
Nationalité: Italien
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Plutôt en retenue, la mise en scène immersive consacre un duo d’acteurs remarquable.

C'est un peu faible...


On peut regretter un léger abus de grand angle. La teneur de la conclusion reste à l’appréciation de chacun…


0
Posté le 24 février 2015 par

 
Chronique
 
 

L’amour prend Jude et Mina au dépourvu. Une rencontre magique, un amour puissant. Et l’annonce d’un enfant à naître, qui va tout changer… Il y a des films d’amour convenus, convenables. Et puis ceux qui osent montrer un amour si débordant qu’il détruit. Hungry Hearts ne trahit jamais ces personnages, et nous prend aux tripes.

J

ude rencontre Mina dans des conditions rocambolesques. Entre l’ingénieur américain et la traductrice italienne, le courant passe, une vraie histoire d’amour presque inespéré. Le couple s’installe à New-York et s’invente une nouvelle vie, parachevée par l’annonce d’un enfant à naître. Mais plus la naissance approche, plus Mina se méfie de tout ce qui pourrait mettre son fils en danger… Si Hungry Hearts dérange autant, si la désintégration de cet amour est si douloureuse à suivre, c’est que chaque ingrédient du récit est terriblement crédible. Pour saisir le vertige d’une mère surprotectrice, sa façon d’appréhender le monde extérieur, de mettre des distances, puis d’ériger sa propre vision en loi, le film de Saverio Costanzo évoque chacune des étapes de cet isolement, et se garde bien d’en faire un étalage didactique. D’ailleurs sont récit est seulement inspiré du roman de Marco Franzoso, l’Enfant Indigo, concept hérité du New Age invitant tout parent en difficulté avec son enfant à faire le choix d’une interprétation bien personnelle présentant l’enfant comme un être exceptionnel. Une dérive fumeuse que le réalisateur évacue habilement avec humour et tendresse, pour mieux enchainer sur les autres phases du comportement de la mère, qui vont de la méfiance à la totale paranoïa.

Le choix des acteurs est primordial. Adam Driver et Alba Rohrwacher n’ont rien du couple romantique à la beauté bien lisse. Leur rencontre offre au film une introduction particulièrement drôle et on y croit, comme on croit à leur surprise d’un amour aussi fort, cette tendresse qui les retient même dans les pires moments. A l’écran, leur couple ne fait aucun doute. Une empathie qui participe à la réussite du traquenard tendu par le réalisateur : aussi loin qu’ils aillent tous deux, le spectateur peut les suivre, et les comprendre… Mais le pire dans ce cauchemar, c’est que chaque personnage est uniquement animé par un terrible amour. Certains ont comparé Hungry Hearts avec Alabama Monroe. Dans l’intensité, c’est cohérent. Mais ces deux films sont l’antithèse l’un de l’autre. Là où le film belge magnifiait l’amour dans le drame, Hungry Hearts laisse le drame gangrener l’amour, le rendre malfaisant, venimeux. Inconfortable, perturbant, la love story de Jude et Mina crève le cœur, et on peut juste lui reprocher un usage parfois trop appuyé d’un grand angle superflu. La composition des comédiens et le choix du décor New-Yorkais suffisent à évoquer la folie latente de Rosemary’s Baby… Et puis il y a cette conclusion. Bien qu’elle soit parfaitement crédible, la fin du film laisse un étrange sentiment de facilité, ou d’inachevé. Surement parce que dans ce genre de situation abominable, il n’y a pas de conclusion confortable ou rassurante. On ne peut au mieux qu’éviter le pire. Poignant.

Informations supplémentaires et l’avis Angoissé du Margouillat

hungryheartsAfficheL’avis du Margouillat : Hungry Hearts est un film d’amour, du début à la fin. C’est bien pour cela qu’il nous met si mal à l’aise, qu’il bouleverse durablement au long de ce calvaire extrêmement crédible. Adam Driver et Alba Rohrwacher méritent amplement leur double récompense à Venise.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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