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Il était une forêt

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Luc jacquet
 
Acteur: Sylvain Hallé
 
Nationalité: France
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
9.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
8.3
8.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Le documentaire fascine par sa beauté, et pousse la réflexion jusqu'à la philosophie.

C'est un peu faible...


Une grande leçon d'humilité, une cohérence dans la façon de l'exprimer. Rien à reprocher.


Posté le 14 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Il était une forêt est un documentaire d’une audace incroyable. Il nous permet de saisir la dimension temporelle des arbres, et nous initie à leur mode de vie, si étranger au nôtre. Fascinant, captivant et magique.

P

our atteindre sa maturité, une forêt primaire à besoin de 700 ans. Comment pourrions nous ne serait-ce que comprendre la vie à l’échelle des arbres ? Il faudrait pour cela un interprète, un extraterrestre plus à l’aise sur la canopée que dans nos rues. Comme le botaniste Francis Hallé. Ce scientifique est un des rares sur la planète à maîtriser un langage si différent que notre vocabulaire ne nous permet pas de l’exprimer… Là où vous ne voyez que l’enchevêtrement inextricable d’un sous-bois, l’initiateur du radeau des cimes devine les coulisses d’une incroyable industrie où le végétal s’organise pour vivre, croître, se reproduire. Une permanente guerre de survie d’une ingéniosité inouïe, mettant à contribution animaux et insectes. Un monde animal qui est pourtant, comme celui des hommes, loin de pouvoir se comparer à celui des arbres. Rares sont les forêts qui ont pu se développer loin de tout contact humain. Ces forêts primaires, dont certaines existent encore dans les zones tropicales, culminent au firmament du monde du vivant par la variété de ses espèces et de ses habitants. Mais il faut pas moins de 700 ans pour qu’une forêt de ce type parvienne à maturité. Pour avoir vu ces sites majeurs disparaître au fil de ce siècle, Francis Hallé cherchait à transmettre sa connaissance de cet héritage. Sa rencontre avec le réalisateur de La Marche de l’Empereur fut l’événement déterminant. Restait à ces deux explorateurs à trouver l’équation permettant de racontant au plus grand nombre ce qui est hors d’atteinte de notre vision du monde…

Didactique par sa construction, passionnant par ses exemples, le documentaire permet aussi d’approcher une notion encore plus délicate et rare, qui doit autant à l’émotion qu’à la réflexion.

Il était une forêt aurait pu être un pamphlet alarmiste sur une situation dramatique, une illustration à charge de la déforestation. Mais cela n’aurait pas permis de parler de l’essentiel: l’indispensable proximité du monde des arbres d’avec celui des hommes. D’où cette idée lumineuse: assister à la naissance d’une forêt primaire, et suivre son élaboration au fil des 700 années de son expansion. Pour illustrer ce voyage hors de notre notion du temps, nous permettre de sentir l’évolution du point de vue de l’arbre, Jacquet a parcouru le monde, des forêts du Pérou à celles de Gabon, rapportant des images stupéfiantes. Innovant et inventant des techniques de prise de vue, il parvient à nous emporter dans ces forêts immenses, à révéler le détail dans cet ensemble à première vue impénétrable, et à parcourir ces géants jusqu’à la canopée avec une fluidité et une beauté sidérante. Une émotion et une bouffée d’air frais, enrichie d’exemples d’interaction entre le végétal et le monde animal. Des cas de figure stupéfiants qui ont aussi l’avantage de donner une dimension compréhensible de la notion même d’évolution. C’est remarquable. Pour réussir un récit dont les héros sont immobiles, immenses et muets, la narration repose sur la pertinence des images, une précision qui a obligé Luc Jacquet à entièrement storyboarder son film…

Francis Hallé est notre guide dans ce voyage, et il nous est toujours présenté le crayon à la main. C’est que le dessin est un parti pris pratique, le seul qui permette de saisir le détail déterminant dans un décor d’une incroyable complexité, qui plus est privé d’horizon ! Logiquement, Luc Jacquet a donc aussi utilisé l’animation pour accompagner le récit. Didactique par sa construction, passionnant par ses exemples, le documentaire permet aussi d’approcher une notion encore plus délicate et rare, qui doit autant à l’émotion qu’à la réflexion. Tout comme sa notion du temps, le monde des arbres possède un langage qui nous est devenu étranger. Conscient que l’on « protège mieux ce que l’on aime » –  leitmotiv de Wild Touch, l’association de Luc Jacquet– , Il était une forêt nous invite à réapprendre quelques notions de ce langage. Une proximité et une compréhension qui seules pourront durablement sauvegarder ces milieux si lointains, et pourtant si essentiels. Une redécouverte qui nous entraîne jusqu’au territoire de la philosophie. Pour en savoir plus, reportez-vous à notre entretien avec les deux initiateurs de cette étonnante réussite.

Informations supplémentaires et l’avis Sauvez ma maison du Margouillat

Il-etait-une-foret-afficheil-etait-une-foret-afficheL’avis du margouillat : Filmer des arbres pendant 1h18, c’est la promesse d’un ennui mortel ! À moins que Luc Jacquet, le maître d’œuvre de La marche de l’empereur, ne parvienne à nous transmettre la passion du botaniste Sylvain Hallé.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...