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ILO ILO

 
Iloilo
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Fiche Technique
 

Millésime: 2013
 
Réalisateur: Anthony Chen
 
Acteur: Yann Yann Yeo, Tianwen Chen, Angeli Bayani
 
Nationalité: Singapourien
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.5


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.6
7.6/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Tout en retenue, cultivant le naturel de ses acteurs, Ilo Ilo est d'une étonnante richesse et d'une grande justesse.

C'est un peu faible...


Une caméra d'or bien méritée, rien à reprocher.


Posté le 6 septembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Sensible et intelligent, ce portrait de famille révèle autant les effets de la crise économique que celle de la présence de cette domestique au rôle si particulier. Brillant !

B

ien qu’enceinte, et en dépit des effets d’une crise qui ne cesse de grandir, Hwee Leng continue de mener ses collègues avec rigueur. Mais elle se trouve incapable de gérer son propre fils, Jiale. Depuis le décès du grand-père qui vivait avec eux, l’enfant est devenu insupportable. Au point qu’elle décide d’engager une nounou pour s’occuper de la maison et de Jiale. Protestant de l’age de son fils, son mari Teck se laisse vite convaincre, et Teresa arrive chez eux. Plus que jamais odieux, le gamin devra partager sa chambre avec la petite domestique à l’allure chétive. À force de ténacité, la petite femme va finir par établir un lien avec cet enfant rebelle, tandis que le monde de ses parents s’écroule peu à peu…

Entourant ses deux acteurs néophytes de comédiens chevronnés, Chen compose l’équilibre qui habite tout son film, entre témoignage et intimité, entre mémoire et fiction.

Anthony Chen est une sorte de héros à Singapour. Après de nombreux courts métrages remarqués et récompensés, il est le premier réalisateur de l’île à avoir reçu un prix à Cannes. Une Caméra d’or récompensant un premier long métrage, après avoir reçu en 2007 une mention du jury pour son second court-métrage. Une première expérience de long métrage qui impressionne aussi par ses difficultés. Il a d’abord fallu à Anthony Chen retrouver dans un Singapour qui ne cesse de se métamorphoser le décor et l’atmosphère spécifique de l’île dans les années 90. Fort de la collaboration de deux acteurs réputés et étonnants, Chien Tianwen dans le rôle du père et la remarquable Yen Yann Yann dans le rôle de la mère, Chen a du trouver le duo idéal de l’enfant et de la nounou. Il aura fallu pas moins de 10 mois et 8000 enfants rencontrés pour qu’après 2000 auditions, le jeune Koph Jia Ler fasse la différence par sa décontraction. Angeli Bayani, la douce interprète de Teresa, Chen est allé la chercher aux Philippines voisines, préférant la relation fusionnelle de cette mère célibataire à l’expérience des autres actrices rencontrées. Entourant ses deux acteurs néophytes de comédiens chevronnés, Chen compose l’équilibre qui habite tout son film, entre témoignage et intimité, entre mémoire et fiction.

Vu par le filtre tragi-comique de cette famille, Ilo Ilo raconte une société que la crise gangrène inexorablement, jusqu’à pousser ses personnages dans leurs derniers retranchements, laissant présumer du terrible écho sur la vie des habitants de l’île. Mais le film est aussi un brillant portrait de famille. Se gardant bien de tout parti-pris, Ilo Ilo est un instantané du rapport des familles avec ces domestiques interchangeables dont on fait grande consommation en Asie. Par touches parfois cruelles, il détaille la condition de ces femmes transparentes et corvéables à qui l’on confie rien moins que l’enfant de la famille. Et avec beaucoup de retenue, de délicatesse, il évoque le trauma de ces départs soudains sur les enfants qui, aussi turbulents soient-ils, ont finis par s’attacher. Pour mesurer cet impact, il faut en revenir au titre du film. Ilo Ilo est une île des Philippines, et l’une des seules informations dont le réalisateur dispose sur sa propre nounou, qui en était originaire. Cette « Tante Terrie », pour Teresa, accompagna son enfance jusqu’à ses 12 ans avant de disparaître, de rentrer chez elle. L’écho de cette disparition est si fort qu’il a rattrapé le réalisateur bien des années plus tard à sa propre surprise, pour donner matière à son premier long métrage. S’il n’est pas autobiographique, le récit du film en retranscrit toute l’intensité avec une belle humanité.

Informations supplémentaires et l’avis en or du Margouillat

iloiloL’avis du Margouillat : L’arrivée de cette nounou venue d’ailleurs nous invite à être témoin d’une relation dérangeante, avant de nous permettre de nous attacher à tous les personnages quand cette petite femme anonyme devient actrice en sortant l’enfant de son isolement.

Site : http://www.iloilomovie.com/


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...