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Inherent Vice

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 4 mars 2015
 
Réalisateur: Paul Thomas Anderson
 
Acteur: Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Reese Witherspoon, Katherine Waterston…
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Absurde et jouissif, le trip de Anderson offre des partitions en or à un casting de choix.

C'est un peu faible...


On peut-être largué par l’intrigue. Mais est-ce le plus important dans Inherent Vice ?


0
Posté le 4 mars 2015 par

 
Chronique
 
 

Un détective aussi hippie que parano se lance sur la piste terriblement tortueuse d’une disparition annoncée… Paul Thomas Anderson reste en Californie, mais change d’époque. Ressuscitant la délirante liberté de mœurs des années 60, il entraîne dans un improbable polar psychédélique un casting qui s’amuse énormément. Joaquin Phoenix et Josh Brolin s’éclatent.

D

oté d’un certain laisser-aller hygiénique des pieds, mais d’une vraie envergure d’enquêteur parano, Doc Sportello n’a pas de blouse blanche. Pourtant, il consulte entre deux joints, notamment pour enquêter sur des disparitions. Terme s’appliquant à une large gamme d’évènements puisqu’en ces années du Flower Power, la mort elle-même est remise en doute par une foultitude de théories plus ou moins fumeuses. Ou poudreuses, suivant l’expédient dont on abuse. Mais quand Shasta, son ex, appelle à l’aide, Doc fonce sans attendre… Paul Thomas Anderson est de ces virtuoses dont on peut tout attendre. Comme cette adaptation impossible d’un roman alambiqué de Thomas Pynchon, qu’il s’est attaché à transposer méticuleusement, cela va sans dire. Une intrigue qui se perd dans des détours insensés, des dialogues absurdes confiés à des personnages déglingués, que les substances illicites collent régulièrement au plafond… Inherent Vice est un polar prétexte, bourré de succulentes prestations, dont le but essentiel est bien de nous faire goûter la saveur de ces années hippies tant fantasmées. Tout en évoquant les noirs démons qui réduiront à néant les espoirs nés de cette éphémère cassure sociale, si précieuse par l’expérience de liberté qu’elle incarne. À l’image de la douce et éthérée Shasta, qui cache sous son sourire fragile les perversions et les horreurs qui l’ont démoli. Elle est le visage de cette amertume.

Avec ce héros parano qui calme ses angoisses en étant presque toujours stone, Inherent Vice renonce au sérieux de Chinatown, reluque vers le Big Lebowski pour tailler des caricatures de personnages tout droit sortis d’une BD underground de Crumb ou Shelton, mais ne sombre pas pour autant dans les hallucinations de Las Vegas Parano. La plupart des trips délirants que comptait le scénario ont été coupés, comme si l’époque était une hallucination suffisante en soi. Ce qui fonctionne plutôt bien : soutenue par une B.O. parfaite, la reconstitution est très efficace, et le réalisateur ne manque pas de présenter sa Californie adorée sous son jour le plus séduisant. Une sorte d’exercice de style? D’une certaine façon, oui. Mais dans ce chaos qui prête à rire, rien n’est dû au hasard, et les plus acharnés n’ont pas fini d’en disséquer les choix. Ainsi, si l’on entend « Les fleurs » dans l’officine du Doc, c’est que la chanson est chantée par Minnie Riperton, la vraie maman de Maya Rudolph qui joue la réceptionniste Petunia, qui n’est autre que la compagne de Anderson… Jeu de piste intime et instantané d’une Amérique qui se lâchait, Inherent Vice nous invite à faire de même, mais sans être dupe. Et si Inherent Vice était le film le plus simplement jouissif, mais aussi le plus personnel de Paul Thomas Anderson ? Associant évocation et défouloir, le réalisateur assume et communique son énergie à sa troupe. Benicio del Toro en avocat débonnaire, Martin Short en dentiste déglingué, Katherine Waterston en muse insaisissable, Owen Wilson en saxophoniste broyé par les complots, tous sont excellents. Mais un duo joue à se voler la vedette de bout en bout : Josh Brolin, hors norme dans le rôle du flic réactionnaire Big Foot, et Joaquin Phoenix bien sur, simplement parfait dans celui de Doc. Les esprits cartésiens risquent vite la migraine, mais pour les autres, let’s go back to the sixties !

Informations supplémentaires et jugement psychédélique du margouillat

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L’avis du margouillat : 
Avec des personnages caricaturaux, parfois à la limite du cartoon underground, PTA évoque les années hippies avec un grand sourire et une pointe de nostalgie teintée d’amertume. A part dans la production du réalisateur, cet exercice de style assumé et passablement jouissif ramène en mémoire la liberté des comédies irrévérencieuse des années 70.

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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