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Interstellar

 
Interstellar
Interstellar
Interstellar

 
Fiche Technique
 

Millésime: Novembre 2014
 
Réalisateur: Christopher Nolan
 
Acteur: Matthew McConaughey, Anne Hataway, Michael Caine, Jessica Chastain…
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.0
7/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


L’espace comme si on y était, de la SF ambitieuse reposant sur des thématiques riches

C'est un peu faible...


La frustration de thèmes passionnants pas assez approfondis, une rupture finale choquante, et des orgues épuisants dans la BO !


0
Posté le 5 novembre 2014 par

 
Chronique
 
 

Un pilote reconverti en agriculteur est invité à quitter une terre qui se meurt pour trouver l’avenir de l’humanité… Christopher Nolan emmène son savoir-faire dans les étoiles, et imagine une humanité confrontée à sa survie, jouant habilement entre l’aventure d’une race et les sentiments de l’individu.

L

a terre ne veut plus nourrir ses habitants. Contrainte à la survie, la civilisation se condamne à ce cul-de-sac, quitte à truquer le passé et se mentir. Jadis pilote d’élite, Cooper refuse d’oublier, et espère encore. Des signes étranges l’amènent à trouver ce qui est censé ne plus exister : le site très secret de la Nasa, tout entier consacrée à trouver ailleurs un avenir pour l’humanité… Chouchou du box-office, Nolan n’a pas son pareil pour déclencher les débats passionnés. Interstellar ne manque pas à la règle. Est-ce un film prétentieux ? Pour résumer l’avenir de l’humanité en trois heures d’exploration spatiale, il faut bien l’être un peu. Est-ce un chef-d’œuvre ? Probablement pas, mais peut-être bien le film le plus personnel de Christopher Nolan. Car bien qu’il soit nettement plus accessible que Inception dans sa construction, Interstellar reste un film audacieux, parfois exigeant, riche de niveaux de lecture et propice aux interprétations les plus contradictoires. L’histoire de Cooper, ultime héritier des icônes de L’étoffe des héros, est d’abord un solide film d’anticipation. Nous épargnant une vision d’apocalypse de plus, Interstellar nous présente une terre où l’homme n’a presque plus sa place. Une terre qui fait payer aux hommes le prix de leurs excès, faisant un écho habile aux sécheresses qui ont frappé les États-Unis dans les années 30. Une mise en place réussie, évoquant au passage les périls d’une histoire réinterprétée, truquée pour servir l’urgence. Le choix à faire de la vérité et de la mémoire est passionnant, mais trop brièvement abordé.

Acculé à son inéluctable disparition, l’humain doit trouver son salut dans les étoiles. Un sauvetage que permet l’apparition miraculeuse, du côté de Saturne, d’une faille physique dans le temps. Faille dont l’origine est un mystère. L’anticipation s’habille alors de l’attrait d’un space opera grand format. Jonglant entre effets spéciaux irréprochables et tournage réel, s’appuyant sur un beau casting, explorations et péripéties n’ont pas besoin de 3D pour être spectaculaires. Alors que l’intrigue se tisse entre promesses à découvrir et secrets restés sur terre, les thèmes forts s’imposent. Celui de la paternité et de la transmission est essentiel. La force du lien du père avec ses enfants, comment se survivre, choisir entre son propre sang et l’avenir de tous sont des questions omniprésentes. Autant de choix cornéliens qui risquent fort de s’imposer à chacun d’entre nous à plus ou moins longue échéance au rythme où la planète bleue dépérit. Une thématique enrichie par la question de l’instinct de survie, et des différents visages qu’il peut prendre. Lié à ces questions naît une autre dimension, plus intime, plus poignante aussi. Au-delà de la quête spatiale, des épisodes philosophico-exploratoires, on devine comme un vœu pieux, l’illustration d’un espoir ténu de pouvoir retrouver ceux que l’on aime, de les garder au-delà du temps, de l’espace ou de la raison. Même si la rupture finale est sur ce point particulièrement déconcertante.

Si Interstellar gère plutôt bien un rythme trop lent pour certains, distillant non sans une certaine naïveté les clefs de cette exploration aussi spatiale qu’intime, la rupture finale qui clôt la quête du héros apparait plutôt incohérente. Puisqu’elle invite le héros à tourner le dos en quelques secondes à tout ce qu’il a voulu retrouver tout au long du film… Un argument lapidaire qui a de quoi décevoir. À moins que ce choix brutal ne soit une autre traduction de l’un des messages forts de Nolan dans son film : nous devons aller de l’avant, partir, nous dire que nous ne sommes que des locataires d’une terre qui finira par nous pousser dehors. Et pour continuer de nous épanouir, il nous faudra tôt ou tard trouver de nouveaux territoires, quitte à tourner le dos à tout ce que l’on a construit, et ceux que l’on aime. À chacun de trouver sa vérité à l’issue de ce voyage galactique. Et que l’on soit perplexe ou conquis, Christopher Nolan pourra une fois de plus se vanter de nous avoir fait voyager.

Informations supplémentaires et l’avis Étoilé du Margouillat

Interstellar AfficheL’avis du Margouillat : Nolan sait y faire pour nous attraper, et il nous emmène loin. Les promesses de son voyage sont nombreuses, trop peut-être. Moins audacieux qu’Inception, Interstellar est un beau film de SF riche de questions à creuser. Les réponses données peuvent ne pas satisfaire tout le monde.

 

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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