Nos actus
 

Interview Philippe Muyl, Réalisateur du Promeneur d’oiseau

 

0
Posté le 7 mai 2014 par

Que connaissiez-vous de la Chine avant d’attaquer ce projet ?
Philippe Muyl : En gros, rien ! Je me suis rendu au festival de Shanghai en 2000, une ville qui a beaucoup changé depuis. Et comme j‘y étais pour la première fois, j’ai fait ce que je ne fais jamais, le touriste. J’ai passé trois jours à Pékin pour me faire la totale, mais rien de plus. En fait, je ne connaissais rien.

Et quelle est votre première émotion de cinéma chinois ?
Quand je joue à ce petit jeu, je réponds toujours trois films, Le pont de la rivière kwaï, West Side Story et La tunique ! Mais ma première émotion de film chinois a été le Sorgho rouge. Ce devait être vers 1975, j’ai eu un choc. Avec une fille tellement belle !

Et donc, en arrivant en Chine, vous vous êtes découvert des milliers de fans !
Oui ! Mais je suis très à l’aise là-dessus : ils adorent Le Papillon, mais ils ne me connaissent pas du tout. L’autre jour à Pékin, où j’étais juré au festival du film, une journaliste télé chinoise a dit à son assistant « tu sais, c’est le réalisateur du Papillon », le gars n’en revenait pas !

C’est agréable ?
Très agréable, mais c’est un peu excessif. J’aimerais être en France un peu plus qu’un réalisateur parmi d’autres, mais en Chine, je suis suridentifié !

Tout est parti d’une proposition de remake du Papillon. Comment est né ce récit original ?
Lorsque nous avons commencé à en parler en 2009, nous étions partis sur le principe de faire un film chinois. Alors j’ai commencé à lire des livres chinois, mais je ne trouvais pas. C’est trop spécifique, il faut être chinois pour adapter leur littérature. Ensuite l’idée d’un remake du Papillon est venue, mais nous avons abandonné l’idée au bout de quelques mois, le Papillon n’étant pas un symbole très intéressant en Chine. Nous avons alors décidé d’écrire un scénario orignal en gardant cet ingrédient commun auquel les Chinois sont très sensibles : la relation entre un grand père et un enfant.

Vous avez alors passé près de 18 mois à sillonner la Chine.
J’ai voyagé, observé, on m’a expliqué comment fonctionnait la société chinoise. J’ai eu la chance d’avoir un couple de producteurs marié depuis 10 ans, lui français et elle toujours très chinoise, avec des comportements typiques qui peuvent être très agaçants quand on ne les comprend pas. Mais lui me donnait le mode d’emploi ! Parfois je me demandais ce que je faisais là, dérouté. Mais la seule réponse c’est « tu peux pas comprendre, c’est la chine ! »


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)