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Irina, la mallette rouge

 
La Malette Rouge
La Malette Rouge
La Malette Rouge

 
Fiche Technique
 

Millésime: 03 septembre 2014
 
Réalisateur: Bernard Mazauric
 
Acteur: Aman bains, Matthew Shanfari, Chrystelle Labaude, Colin David Reese…
 
Nationalité: Française
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.3
7.3/10


Note des lecteurs
2 lecteurs ont voté

 

C'est du lourd...


Un thème pareil pour un film pour la jeunesse inspire le respect. Le résultat final tout autant.

C'est un peu faible...


Les voix appuyées, le rythme posé pourra parfois décontenancer les adultes, mais profite au jeune public


0
Posté le 5 septembre 2014 par

 
Chronique
 
 

La formule du film pour la jeunesse est à réinventer sans cesse, surtout lorsqu’il aborde de front les pires heures de notre histoire récente. Parce que la démarche est sincère et les moyens avisés, cette fiction évoque et raconte avec simplicité et efficacité. Une entreprise audacieuse dont il faut saluer la qualité.

Fuyant les massacres, une fillette bosniaque se retrouve seule. Elle est recueillie par une famille de fermiers qui va prendre le risque de l’accueillir, puis de la protéger. La fillette y trouvera aussi un ami de son âge… Pour les enfants, la guerre de Bosnie est un lointain passé dont on voit encore des fragments, bien différentes d’autres images souvent en noir et blanc d’une guerre que l’on honore et qui appartient à l’histoire de tous. Expliquer la Bosnie, c’est parler de haine, d’horreur, d’un enchaînement de vengeances qui ont renvoyé dos à dos des communautés entières. Un état des lieux de l’humain que les adultes préfèrent volontiers oublier. Alors évoquer pareil conflit pour un jeune public relève d’une véritable audace, tant dans la forme que le fond. Raconter sans enjoliver, restituer sans traumatiser, évoquer sans juger, un juste équilibre délicat que Bernard Mazauric a pour l’essentiel atteint. Plus connu pour sa solide carrière internationale en tant que producteur, il est venu à la réalisation en 1984 avec Chroniques indiennes tourné en Inde, et signe là son second long métrage. À tout jamais marqué par les images de cette guerre, il a envisagé son film avec une démarche qui fait sa force. Mazauric ne croit pas aux « messages » dans les films, qu’il considère comme un support trop simplificateur pour être convaincant. L’image est donc là pour transmettre l’émotion, des sentiments qui eux ont cette influence potentiellement positive.

Dans ses premières minutes, le film évoque un catalogue d’horreur atroce, un reflet réaliste d’un quotidien dans la terreur, mais parvient à garder une distance, laissant le spectateur engourdi comme la fillette peut l’être dans sa fuite par le froid. Et peu à peu, les éléments se mettent en place. Les préjugés qui surgissent pendant les conversations, la réalité des persécutions, mais aussi la survie d’une communauté bosniaque, consciente de ce qui se passe autour d’elle. Pas de héros ni de manichéisme simpliste, mais des personnages simples, crédibles dans leurs élans, leurs choix et leurs attitudes. Et au fil d’une histoire qui fuit les effets, mais sait remuer le cœur, l’expérience de la petite Irina illustre plus que son propre drame. Il faut saluer le naturel des petits Aman Bains et Matthew Shanfari, qui apportent beaucoup au récit. Les plus grands pourront être surpris par le doublage, mais cette parole très posée, très claire, présente au contraire un réel avantage narratif pour le jeune public. En dépit d’un budget réduit et de conditions de tournage très compliquées, grâce à la sincérité de sa démarche, au talent affuté d’une équipe technique de « copains » et à la solidité de son casting, Bernard Mazauric signe une histoire intelligente et forte, qui atteint son but. Même les grands en sortent bousculés.

Informations supplémentaires et l’avis Valise en carton du Margouillat

irinaAfficheL’avis du Margouillat : Tout ce que les adultes regardent, les enfants le devinent. Éclairer leur lanterne sur les points les plus délicats, douloureux, est une mission à laquelle peu s’emploient, et on peut le comprendre. Avec ce film, c’est la guerre de Bosnie qui est évoquée à hauteur d’enfant. Et bien qu’adapté, le résultat ne fait pas le choix de la facilité. Un récit de fiction fort, qui donne de vraies pistes pour comprendre.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


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