Nos actus
 

J’arrête quand je veux

 
jarretequandjeveuxAffiche
jarretequandjeveuxAffiche
jarretequandjeveuxAffiche

 
Fiche Technique
 

Millésime: Août 2014
 
Réalisateur: Sydney Sibilia
 
Acteur: Edoardo Leo, Valeria Solarino, Valerio Aprea, Paolo Calabresi…
 
Nationalité: Italienne
 
Genre:
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
6.0


 
Emotion
6.0


 
Notre note
6.8
6.8/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Une idée géniale, une belle équipe d’apprentis truands lettrés, et un humour noir qui fonctionne très bien

C'est un peu faible...


Quand le trafiquant remplace le scientifique, ses excès perdent un peu du charme et du rythme de la satire.


0
Posté le 9 août 2014 par

 
Chronique
 
 

Entre chômage endémique et chômeurs surdiplômés, le monde du travail nage dans l’absurde et l’incohérence. Cette brochette d’intellectuels distingués revisite la partition de Tony Montana et en donne une image pleine de pertinence, et dotée d’un humour franchement réjouissant. Comme quoi les études mènent à tout !

N

eurobiologiste de haut niveau espérant en vain un CDI pour sortir de la précarité, Pietro décide d’une autre méthode. Profitant du vide légal autour des Smart Drugs en Italie, il réunit autour de lui ses condisciples surdiplômés pour sortir ensemble de la galère… L’idée est venue au réalisateur après un article paru sur deux professeurs de philosophie surqualifiés, qui n’avaient au final trouvé sur le marché du travail qu’à devenir éboueur à Rome. L’idée de les voir ramasser les poubelles en devisant sur Kant ou la Critique de la raison pure était en soit un magnifique résumé de toute l’absurdité de notre époque, avec d’un coté des universitaires de plus en plus spécialisés, aux études toujours plus longues, dont ils sortent super qualifié à 30 ou 40 ans, et de l’autre une absence cruelle de poste ou de subvention pour mettre à profit ces capacités. Sydney Sybilia ne s’y est pas trompé pour son premier long métrage : seule la comédie pouvait traiter correctement un si cruel instantané. Ne restait plus qu’à imaginer cette élite confrontée à l’idéal des truands, profitant des connaissances de chacun pour se donner une contenance, une attitude, un montage financier, un réseau de distribution… Plus notre brochette d’intellectuels s’attache à entrer en délinquance avec un sérieux de scientifique en citant les philosophes latins, plus la formule fonctionne…

Voir des types foncièrement honnêtes et brillants se débattre avec l’image du trafiquant est un vrai plaisir, un salutaire contrepoint à ce culte cinématographique élevé aux caïds de la drogue. Mais une fois nos apprentis malfrats emportés par les excès et la gloire, l’intrigue perd forcément de son charme et de son élan. Heureusement, l’énergie de son équipe d’acteurs, fort bien choisis, nous permet de rester attachés aux parcours de ces « 7 mercenaires des smart drugs ». D’autant qu’au-delà de l’anecdote assez surréaliste qui conditionne la notion officielle de drogue en Italie, il ne faut pas sous-estimer l’acidité du propos. J’arrête quand je veux force à peine le trait en montrant que les plus qualifiés, les plus brillants d’entre tous, n’ont que l’illégalité et le crime pour échapper à l’échec. Tout cela nous est servi avec un humour réjouissant et une solide dose d’amoralité, mais n’en est pas moins pertinent. De fait, en dépit des délires de nos héros, la comédie ne tombe jamais dans la caricature totale. Et si nous revenons au final à une notion de moralité plus conventionnelle, le meneur trouve dans les rouages de la justice un autre moyen de débrouille, ne faisant que déplacer le problème et ses solutions. Ne sous-estimons pas le fond du propos, qui reflète sans concession une réalité. C’est d’ailleurs ce qui fait la qualité des bonnes comédies, ce que J’arrête quand je veux est indubitablement.

Informations supplémentaires et l’avis surdiplômé du Margouillat

jarretequandjeveuxL’avis du Margouillat : Quand la situation devient surréaliste, il vaut mieux en rire. C’est la belle vocation de cette comédie qui exploite une idée vraiment géniale, mais peut-être pas aussi loin qu’on l’aurait voulu. Le résultat reste tout à fait attrayant, et glisse entre deux gags une réflexion pas bête du tout. A méditer en rigolant !

Site


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


0 Comments



Soyez le premier à commenter


Soyez inspiré et constructif


(Requis)