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Joe

 
Joe
Joe
Joe

 
Fiche Technique
 

Millésime: 30 avril 2014
 
Réalisateur: David Gordon Green
 
Acteur: Nicolas Cage, Tye Sheridan, Gary Poulter, Adrienne Mishler...
 
Nationalité: Américaine
 
Genre:
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.8
7.8/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Scénario, réalisation, jeu des acteurs, tout est au top pour ce double portrait poignant.


1
Posté le 29 avril 2014 par

 
Chronique
 
 

Joe raconte l’Amérique de la survie, de ceux qui essaient d’oublier leurs fautes, ou tentent de survivre au monde atroce qui les entoure.

Joe a payé pour ses fautes. Bon cœur, mais sale tempérament, il fait de son mieux pour se tenir loin des ennuis. Il fait la rencontre de Gary, un ado qui cherche du travail. Touché par la volonté du gamin de se sortir d’une misère terrible, il décide de l’aider… David Gordon Green nous a déjà séduit récemment, en nous emmenant marquer une route dans une région déserte, ravagée par les flammes. Le duo de Prince of Texas installait déjà une relation délicate entre deux personnalités très attachantes. Avec Joe, il adapte un auteur marquant de la littérature sudiste, Larry Brown. Un regard aiguisé, sans concession sur le sud et sa pauvreté, écrit au plus prêt de la réalité. L’image du dénuement, l’omniprésence de la violence, les ravages de l’alcool et de la drogue sont évoqués avec une terrible efficacité. Dans ce décor démoli, riche en sales gueules marquées par la vie, Joe aurait pu se réduire à une simple passation initiatique entre l’innocence du garçon et l’expérience de l’ex-taulard. Mais le réalisateur prend bien garde à ne pas tomber dans ce piège. Si le désir de Gary de s’en sortir apparait presque miraculeux vu ce qui fait sa vie, l’ado montre aussi la terrible fureur qui l’habite et peut vite le faire ressembler au monde qui l’entoure. Joe n’a rien d’un modèle non plus. Il est attachant, charismatique, sans pour autant être quelqu’un de bien. S’il a bon cœur, ses colères peuvent tout dévaster. Ils sont la même personne à différent stade de cette suite d’épreuves qui constitue leur vie. Au point qu’au début, très habilement, on en vient à se demander si l’image de l’un n’est pas juste un souvenir de l’autre.

Ces deux-là vont se reconnaitre et s’aider, avec pudeur, et s’efforcer d’aller mieux, tout simplement. Une partition très noire, souvent touchante, parfaitement mise en image et confiée à un casting idéal. Après Mud, le jeune Tye Sheridan s’illustre à nouveau et livre une interprétation de Gary d’une richesse étonnante. Son prix du meilleur espoir masculin  à la Mostra de Venise est amplement mérité. Face à lui se dresse une épave de père terrifiant de crédibilité. David Gordon Green choisit souvent ses acteurs au hasard des rencontres. Il a confié ce rôle extrêmement douloureux à un sans abris d’Austin, Gary Poulter. Une performance unique marquée par le drame puisque Poulter est mort avant même d’avoir pu voir le film achevé. Mais ce qu’il nous laisse là est à vriller le cœur. Et puis bien sûr, il y a Joe. Caché derrière sa barbe, Nicolas Cage disparait dans son personnage avec une sincérité qu’on ne lui avait pas vu depuis longtemps. C’est peu dire qu’on le retrouve enfin. Filmé avec une terrible tendresse pour tous ces laissés-pour-compte, joué avec les tripes, Joe est une réussite évidente, qui nous réconcilie avec le héros de Lord of war et Leaving Las Vegas.

Informations supplémentaires et l’avis Hey Joe du Margouillat

JoeAfficheL’avis du Margouillat : Poignant, violent, Joe est hanté de personnages d’une vérité implacable. Cette plongée sans concession dans l’Amérique de la misère ne rend que plus belle encore l’affection pudique qui nait entre Joe et Gary. Il fallait bien un film aussi fort pour faire renaitre Nic Cage de ses cendres…

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Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...


One Comment


  1.  
    Isabelle

    Si on retrouve un Nicolas Cage sans rat crevé sur la tête, loin des Benjamin Gates et autres Dernier des templiers, je prends !!!





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