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La braconne

 
la_braconne
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Fiche Technique
 

Millésime: 02 avril 2014
 
Réalisateur: Samuel Rondiere
 
Acteur: Partrick Chesnais, Rachid Youcef, Audrey Bastien, Husky Kihal…
 
Nationalité: Française
 
Genre: ,
 
Mise en scène
8.0


 
Scénario
8.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
7.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
1 lecteur a voté

 

C'est du lourd...


Solide, inspiré, et porté par des acteurs au diapason. Un vrai film d’atmosphère.

C'est un peu faible...


Si tous les premiers films avaient les mêmes faiblesses, ce serait formidable.


Posté le 4 avril 2014 par

 
Chronique
 
 

Un vieux pro de l’arnaque de parking croise la route d’un petit voleur aux abois. Échappant aux clichés des genres, cette rencontre âpre est la matière d’un film prenant, riche d’une vraie atmosphère et de deux acteurs qui se complètent.

D

riss survit de rackets et d’agression. En manque de partenaire pour ses combines, Danny recrute le débutant. Dans le décor des zones commerciales, les deux destins vont se croiser… Le vieux marlou qui enseigne les ficelles du métier au petit jeunot naïf, c’est un véritable classique. Mais si La Braconne sort du lot, c’est parce que le film pose dès le début les jalons d’un univers bien personnel où les antihéros se jouent nonchalamment des clichés. Après un court métrage tourné en costume d’époque avec Denis Podalydes et Denis Lavant, excusez du peu, Samuel Rondiere signe là son premier long, et on peut être légitimement impressionné. Épurant son récit, filmant avec beaucoup d’inspiration la désolation de ces immenses zones commerciales comme un écrasant décor de western, il construit deux personnages très vivants, très attachants. Avec leur concours et grâce à un montage soigné, il imprime à son histoire un rythme très particulier. Entre Humour et absurde, il dessine deux destins parallèles, deux générations de la petite criminalité, sans jamais se laisser piéger par les codes d’un genre ou la tentation du constat social. Ni admiration ni jugement dans ce regard désabusé, juste une exigence de justesse. Baptisant les quatre tableaux qui verront cette complicité évoluer comme les chapitres d’une lamentable tragédie, il épure son récit pour se concentrer sur des personnages qui l’un comme l’autre nous charment, nous captivent, avant de nous surprendre.

Rare et efficace, la violence surprend, dévoilant les personnages sous d’autres jours, et illustrant l’incertitude totale qui leur est promise. Dans le rôle de Danny, Patrick Chesnais prend ses aises, fouillant la partition du vieux filou avant de dévoiler la nature qui sommeille en lui. Le voir explorer ce nouveau territoire, plus physique qu’à l’accoutumée, est un véritable plaisir. Face à lui, on découvre un nouveau venu qui promet. Danseur de Breakdance récemment venu à la comédie, Rachid Youcef possède une présence immédiatement crédible, mais jamais superficielle. Au fil des scènes et des sentiments, on surprend une gamme de jeu beaucoup plus large qu’espérée. Complice, mais jamais vraiment amis, juste à bord du même radeau, leur relation houleuse apporte au récit une réelle crédibilité. Un premier film maîtrisé, solide, savamment désenchanté, mais non sans charme. La preuve que, loin de s’endormir sur ses classiques, le jeune cinéma français à de sacrés arguments. Une excellente surprise, et un réalisateur à suivre de prêt.

Retrouvez notre interview de Samuel Rondiere et Rachid Youcef en cliquant ici

Informations supplémentaires et l’avis du Margouillat

La-BraconneL’avis du Margouillat : Évitant soigneusement les facilités et les références de genre, ce premier film construit un univers personnel autour de deux outsiders condamnés à al petite criminalité. Une réalisation soignée et une vraie justesse de ton, servie par deux acteurs fascinants. Un premier film d’une réelle qualité.

 

 

 

 

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...