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La dernière leçon

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 4 novembre 2015
 
Réalisateur: Pascale Pouzadoux
 
Acteur: Sandrine Bonnaire, Marthe Villalonga, Antoine Duléry, Gilles Cohen,
 
Nationalité: Français
 
Genre:
 
Mise en scène
3.0


 
Scénario
6.0


 
Musique
7.0


 
Emotion
5.0


 
Notre note
5.3
5.3/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Pour la seule complicité de Marthe Villalonga et Sandrine Bonnaire, ce film fort mérite d'être vu.

C'est un peu faible...


Un sujet extrêmement fort, mais traité par une réalisation qui manque cruellement d'inspiration


Posté le 3 novembre 2015 par

 
Chronique
 
 

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n entre dans la salle avec l’appréhension d’être happé par une émotion viscérale, forcément. Dans ces conditions, pourquoi en ressortir furieux ? Peut-être bien pour la même raison… Le sujet est un vrai tabou. De ce genre de thème qu’il est rare d’aborder aussi frontalement. Il s‘agit du droit à la dignité la plus essentielle : le droit de chacun à choisir l’heure et les conditions de son départ en dépit des lois et des moralités, parce que l’on veut rester aux commandes de sa vie jusqu’à sa mort, parce qu’on ne veut plus se voir diminué. Parce que l’on refuse d’être condamné à finir comme un légume médicalisé. C’est toute l’immense nuance entre conscience et suicide qui est ici esquissée… La dernière Leçon, inspirée d’une expérience bien réelle, est celle donnée par une personne âgée, la lucidité boulonnée à l’âme, qui entend tout organiser de son départ, et lâcher les amarres quand elle le décide. L’évocation est juste : cela ne facilite rien pour la personne concernée, mais rend la certitude insupportable à ses proches, ses enfants. Qui se trouvent confrontés à cette incohérence abominable et si naturelle : on peut gérer la décrépitude d’une mère, mais pas sa mort programmée. Dans le rôle de la mère, Marthe Villalonga est d’une pièce, poignante. Elle ne joue pas, elle est son personnage. Dans celui de la fille, Sandrine Bonnaire sait être subtile. On suit l’évolution de sa pensée, et on peut ainsi s’approprier son acceptation. En dépit de tout cela, et du concert de louanges qui accompagne le film, on sort furieux. Parce que tant de pertinence, quitte à nous écraser d’émotion, se devait d’être ménagée avec finesse. Ce qui n’est pas le cas. Certains personnages, mal dégrossis, peinent à s’intégrer au tableau, quitte à jouer sur la cruauté ou la colère. Raconter une pareille histoire est un parti pris violent, que le film n’assume pas dans son style. Certaines scènes laissent imaginer ce qu’il aurait pu être. En faisant le choix d’une froideur de documentaire, ou d’une sombre parabole poétique, à l’exemple de cette courte visite « chantée » d’un service gériatrique… La volonté de balancer entre rire et larme pour alléger le ton est compréhensible, mais manque parfois de naturel, et nuit à l’indispensable immersion. Mais le pire, c’est l’intrusion de ces souvenirs, filmés sans la moindre recherche de distance, et plaqués comme des cartes postales trop colorées. Bulles plus caricaturales que tendres, elles nous sortent de l’intensité du sujet par leur maladroite indécence. Heureusement, le talent et la complicité des deux actrices nous ramènent régulièrement à l’émotion. Même le personnage du fils et petit-fils, hirsute cliché du d’jeun, fini par devenir utile et bienvenu. Mais on regrette vraiment que la mise en scène n’y parvienne pas.


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...