Nos actus
 

La Marche

 

 
Fiche Technique
 

Millésime: 27 novembre 2013
 
Réalisateur: Nabil Ben Yadir
 
Acteur: Tawfik Jallab, Olivier Gourmet, Vincent Rottiers, M'Barek Belkouk,Nader Boussandel, Charlotte Le Bon, Hafsia Herzi, Lubna Azabal, Jamel Debbouze...
 
Nationalité: Française
 
Genre: ,
 
Mise en scène
7.0


 
Scénario
7.0


 
Musique
8.0


 
Emotion
8.0


 
Notre note
7.5
7.5/10


Note des lecteurs
Pas encore noté

 

C'est du lourd...


Ni instrument politique, ni pamphlet communautaire, cette évocation sincère et émouvante ravive le souvenir d'une initiative citoyenne oubliée qui en a inspiré bien d'autres.

C'est un peu faible...


On peut regretter que le spectaculaire final de la Marche ne fasse pas plus usage d'archives d'époque.


Posté le 25 novembre 2013 par

 
Chronique
 
 

Face à une banalisation des violences racistes, une poignée de jeunes entament en 1983 à Marseille une marche pacifique pour l’égalité. Ils seront 100 000 à Paris… Juste, riche de comédiens attachants, et… utile.

j

amel en tête, voici venir une diatribe bobo contre le racisme français ? On se calme ! Et on regarde d’abord le film avant se chauffer les sangs. Ce film s’emploie avec une belle retenue à remettre les points sur quelques « i », avant de nous rappeler qu’au-delà des affrontements exacerbés par le calcul des politiques et l’industrie des médias, il a pu exister des entreprises sincères à l’échelle des anonymes… D’abord, la marche pour l’égalité et contre le racisme ne s’est jamais appelée la « Marche des beurs ». Ce nom de baptême a été trouvé par des journalistes guère inspirés. De la même façon, cette marche n’a rien à voir avec l’avènement de SOS Racisme. Non sans opportunisme, c’est sur cet événement imprévisible que la petite main de « Touche pas à mon pote » s’est appuyée pour grandir, jusqu’à en occulter complètement le souvenir. Évoquer cette expérience 30 ans jour pour jour après les faits est pertinent, car cette initiative d’un petit groupe de jeunes des Minguettes, cette improbable réponse à une situation de plus en plus inquiétante, a été le phénomène qui a réellement servi à secouer les consciences, à provoquer la parole. Sitôt évoqué, le projet n’a pas manqué de déclencher les passions, dénoncé pour sa dimension politique partiale, lui prêtant une volonté communautariste. Une virulence qui illustre spectaculairement l’urgence de se souvenir. Car La Marche est bien loin du pamphlet partisan décrié par certains. S’il recourt à la fiction, le film de Nabil Ben Yadir se concentre sur la volonté des instigateurs de la marche, replaçant leur démarche dans le contexte de son époque.

La reconstitution, toujours délicate quand il s’agit d’évoquer un passé très proche, fonctionne tout à fait. Et même si l’on peut regretter que le spectaculaire final de la Marche ne fasse pas plus usage d’archives d’époque, le parti pris est respectable et fonctionne. On pouvait craindre de la même façon une BO gadget aux allures de juke-box des tubes des années 80. Signée Stephen Warbeck (Shakespeare in love), la musique accompagne nos antihéros avec autant de retenue que le réalisateur en met à traiter des faits. Pour son premier film, le producteur Hugo Selignac a choisi un sujet délicat, mais riche de passion. Un choix judicieux: en dépit d’un maigre budget tout entier consacré à l’image, il a pu réunir un beau casting d’acteurs totalement impliqués dans leur personnage. Réalisé sur la route dans un confort symbolique, le résultat est des plus convaincant. Une brochette d’acteurs qui incarne un groupe crédible, avec toutes ses nuances. Des comédiens dotés de fortes personnalités comme Lubna Azabal, Vincent Rothiers, Philippe Nahon et Olivier Gourmet permettent d’enrichir le sujet avec intelligence: il n’est pas question d’un racisme, mais des intolérances en général. Forcément mis en avant, Djamel Debbouze est en retrait avec un second rôle délicat, mais qui permet d’éviter une vision trop simpliste du groupe des marcheurs. De tous, ce sont les rôles des agents des renseignements généraux, qui ont espionné l’entreprise de bout en bout, qui auraient mérité d’être plus fouillés. On suit La Marche avec émotion. Entre le rire et le drame, l’intrigue évite l’essentiel des clichés et tout idéalisme béat. Et s’il est fait référence aux drames racistes qui ont ensanglanté 1983, le film parvient à la même conclusion que les marcheurs: loin d’exacerber un débat des extrêmes, ce voyage ne dépeint par une France raciste, mais tout le contraire. L’essentiel est de se connaître, de parler. Et de ne pas laisser à d’autres le soin de le faire.

Informations supplémentaires et l’avis Touche pas à mon Post du Margouillat

La marche afficheL’avis du Margouillat : Par son thème, son casting, la Marche est le film qui est jugé avant même de se montrer. C’est pourtant précisément le genre de récit sincère qui mérite qu’on se fasse son propre avis. Ne serait-ce que pour découvrir qu’il y a eu un avant SOS racisme apolitique. La vocation des marcheurs dépassait largement la simple problématique du racisme. Il serait bon que le spectateur s’en inspire…

Site

 


Frédéric Lelièvre

 
Frédéric Lelièvre
Journaliste spécialisé dans le cinéma, j'ai traîné mes guêtres dans Mad Movies, Pur Ciné, DVD passion avant d'avoir droit à un magazine gratuit à mon nom de plume Le Petit Cinévore ! Désespérément optimiste, je me concentre sur les films qui éveillent en moi un certain intérêt et évite toute destruction massive...